En période de troubles au Khorassan, on rapporte ainsi qu’il fut tué en l’an soixante-et-onze (1). C’est également ce qu’a rapporté notre maître au sujet d’Ad-Dulabi, et c’est aussi ce que j’ai lu dans l’Histoire de notre maître, le h̲âfiẓ Abou ‘Abd Allâh Adh-Dhahabî (2). Quant à ce qu’a mentionné Ibn Jarîr dans le cours de son histoire (3), il précise que la mort eut lieu en l’an soixante-douze. Il ajoute : certains ont prétendu qu’il ne fut réellement tué qu’après l’assassinat de ‘Abd Allâh ibn Az-Zubayr, et qu’Abd Al-Malik envoya la tête d’Ibn Az-Zubayr à Ibn Khâzim au Khorassan, en lui ordonnant de se soumettre alors que ce dernier y régnait depuis dix ans. Lorsque Ibn Khâzim vit la tête d’Ibn Az-Zubayr, il jura de ne jamais prêter allégeance à ‘Abd Al-Malik. Il se procura alors une cuvette, lava la tête d’Ibn Az-Zubayr, l’enveloppa d’un linceul, la parfuma, puis l’envoya à sa famille à Médine. D’aucuns affirment plutôt qu’il l’enterra au Khorassan, et Dieu est plus savant.
Il donna à manger la lettre au messager qui l’avait apportée et déclara : « Si tu n’étais pas un messager, je t’aurais tranché la tête. » Selon certains, il lui aurait coupé les mains et les pieds, puis l’aurait décapité.
[Parmi ceux qui décédèrent en l’an soixante-douze] figure Al-Ah̲naf ibn Qays (4), fils (5) de Muʻâwiya ibn Ḥusayn At-Tamîmî As-Saʻdî, Abou Bahr Al-Basrî, le neveu de Ṣaʻṣaʻa ibn Muʻâwiya. Al-Ah̲naf n’était qu’un surnom ; son nom véritable était Aḍ-Ḍah̲h̲âk, et certains disent S̱akhr. Il embrassa l’Islam du vivant du Prophète ﷺ sans toutefois le rencontrer. Un hadith rapporte que l’Envoyé de Dieu ﷺ pria en sa faveur (6). Il était un notable respecté, obéi par les siens, croyant et éloquent de parole. Sa patience proverbiale suscita de nombreux récits qui se diffusèrent au loin. ʿUmar ibn Al-Khaṭṭâb déclara : « C’est un croyant à la langue éloquente. » Al-Ḥasan Al-Basrî dit : « Je n’ai jamais vu un noble personnage de son rang supérieur à lui. » Aḥmad ibn ʿAbd Allâh Al-ʿIjlî (7) affirma : « C’était un Basrien, Tâbiʿî digne de confiance, seigneur de sa tribu, et il était borgne. »