Si seulement il avait été un Bakrite, des bataillons se seraient inclinés autour de lui – des contingents dont l’ardeur bouillonnait et se prolongerait –, mais le pacte s’est évanoui et nul Mudarite ce jour-là n’a fait preuve de noblesse.
Que Dieu inflige un reproche au Kufien présent là-bas, et à celui de Bassora, car celui qui est blâmé l’est à juste titre. Les fils de pères différents ont dégagé nos arrières, alors que nous étions, parmi eux, de la lignée la plus pure et la plus authentique. Et si nous venions à disparaître, plus personne ne resterait après nous pour préserver le sanctuaire de celui qui mérite respect parmi les musulmans.
Abou Hâtim al-Râzî a rapporté : « Yahyâ ibn Mus‘ab al-Kalbî nous a transmis, d’après Abou Bakr ibn ‘Ayyâch, d’après ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr qui a dit : “Je suis entré dans le palais de Koufa et j’ai vu la tête de Hussein ibn ‘Alî posée sur un bouclier devant ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd, tandis que ‘Ubayd Allâh était assis sur le trône. Puis j’entrai de nouveau dans le palais après un certain temps et vis la tête de ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd sur un bouclier devant al-Mukhtâr, al-Mukhtâr étant sur le trône. J’entrai encore plus tard et découvris la tête d’al-Mukhtâr sur un bouclier devant Mus‘ab ibn az-Zubayr, Mus‘ab siégeant à son tour sur le trône. Enfin, je suis revenu quelque temps après et vis la tête de Mus‘ab ibn az-Zubayr sur un bouclier devant ‘Abd al-Malik, avec ‘Abd al-Malik assis sur le trône.” » (3)
Cette narration est également rapportée par l’imam Ahmad (4) et d’autres d’après ‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr.
De son côté, ‘Abd Allâh ibn Qays ar-Ruqayyât a composé, en lamentant aussi Mus‘ab (5) :
« Puissent les nuages ainsi que toutes les étoiles abreuver le corps gisant à Maskan, dépouillé de ses membres.
Les bêtes de proie rôdent autour de lui à la tombée du soir, tandis que sa demeure n’est plus qu’un vestige battu par les vents.
La caravane est partie et l’a laissé étendu là, à la merci du souffle, entre le vent de l’est et le vent du nord. »
[Section]
[Mus‘ab eut pour enfants : ‘Ukasha et ‘Isâ (mort avec lui), ainsi que Sukkayna, dont la mère était Fâtima bint ‘Abd Allâh ibn as-Sâ’ib ; ‘Abd Allâh et Muhammad, dont la mère était ‘Â’isha bint Talha, elle-même fille de Umm Kulthûm bint Abî Bakr as-Siddîq ; puis Ja‘far, Mus‘ab, Sa‘îd, ‘Isâ le Jeune et al-Mundhir, nés de diverses mères, et enfin al-Rabâb dont la mère était Sukkayna bint al-Husayn ibn ‘Alî ibn Abî Tâlib – qu’Allah les honore et les agrée.] (6)