Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Nous t’avons suivi, ô Commandeur des croyants, et tu as rallié les habitants du Cham, et les habitants du Cham se sont tournés vers Marwân. Que pourrions-nous faire alors ? »

Aš-Šaʿbī a dit : « Je n’ai jamais entendu de réponse plus belle que celle-ci. » Et d’autres ont rapporté : « Musʿab était parmi ceux qui aimaient le plus les femmes et il en a concrétisé bien des choses. » Il est rapporté qu’un jour, près de la Pierre Noire, se trouvaient plusieurs personnes, dont Ibn ʿUmar et Musʿab ibn Az-Zubayr. Ils dirent chacun : « Que chacun de vous se lève et demande à Dieu son besoin. » Ibn ʿUmar demanda alors le pardon [divin], tandis que Musʿab pria Dieu de le marier à Sukayna bint Al-Ḥusayn et à ʿĀʾisha bint Ṭalḥa, qui étaient, dit-on, parmi les plus belles femmes de cette époque. Il demanda également à obtenir l’autorité sur l’Irak. Dieu exauça sa demande : il épousa ʿĀʾisha bint Ṭalḥa, dont la dot s’éleva à cent mille dinars. Elle était d’une beauté exceptionnelle, et Musʿab lui-même était très beau, tout comme le restaient ses autres épouses.

Al-Aṣmaʿī a rapporté, d’après ʿAbd ar-Raḥmān ibn Abī az-Zinād, d’après son père, qu’un jour, sous la voûte de la Kaʿba (dans le Ḥijr), se réunirent ʿAbd Allāh, Musʿab et ʿUrwa, tous trois fils d’Az-Zubayr, ainsi qu’Ibn ʿUmar. ʿAbd Allāh ibn Az-Zubayr déclara : « Moi, je souhaite le califat. » ʿUrwa dit : « Moi, je souhaite que l’on prenne de moi le savoir. » Musʿab dit : « Moi, je souhaite l’autorité sur l’Irak, et d’avoir pour épouses ʿĀʾisha bint Ṭalḥa et Sukayna bint Al-Ḥusayn. » De son côté, ʿAbd Allāh ibn ʿUmar déclara : « Et moi, je souhaite le pardon [de Dieu]. » Or, ils obtinrent tous ce qu’ils avaient souhaité, et il se peut qu’Ibn ʿUmar ait reçu le pardon de Dieu (1).

ʿĀmir aš-Šaʿbī a raconté : « Alors que j’étais assis, l’émir Musʿab ibn Az-Zubayr m’appela et me fit entrer dans le palais du gouverneur. Il souleva une séparation et, derrière lui, se trouvait ʿĀʾisha bint Ṭalḥa. Je n’ai jamais vu de vision plus belle ni plus resplendissante qu’elle. Il me demanda : “Sais-tu qui est cette personne ?” Je répondis : “Non.” Il dit : “C’est ʿĀʾisha bint Ṭalḥa.” Elle sortit et dit : “Qui est-ce à qui tu m’as montrée ?” Il dit : “C’est ʿĀmir aš-Šaʿbī.” Elle répondit : “Fais-lui un présent,” et il m’octroya alors dix mille dirhams. » Aš-Šaʿbī commente : « Ce fut mon premier bien (2).

Al-Ḥāfiẓ Ibn ʿAsākir (3) rapporte qu’un jour, ʿĀʾisha bint Ṭalḥa se mit en colère contre Musʿab, et il la calma en lui offrant quatre cent mille dirhams. Elle offrit ensuite cette somme à la femme qui avait intercédé pour leur réconciliation. On raconte aussi qu’on lui offrit un palmier en or dont les fruits étaient en pierres précieuses de grande valeur. On l’estima à deux millions (dinars), et il le donna à ʿAbd Allāh ibn Abī Furwa (4).

Il est dit que son frère, ʿAbd Allāh, quand il accordait à quelqu’un une gratification d’un millier de dirhams, Musʿab l’élevait à cent mille dirhams. [Musʿab était parmi les plus généreux des hommes et donnait sans considération de ce que cela pouvait coûter.]

(1) Le rapport dans Al-Ḥilya d'Abū Nuʿaym (t. 2, p. 176), et dans Tārīkh Dimashq (t. 58, p. 218), ainsi que dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (t. 4, p. 141). (2) Tārīkh Dimashq d'Ibn ʿAsākir (t. 58, p. 225). (3) Tārīkh Dimashq d'Ibn ʿAsākir (t. 58, pp. 226-227), édition Dār al-Fikr. (4) Le rapport dans Tārīkh Dimashq (t. 58, p. 227), et Tārīkh al-Islām (événements des années 61-80, p. 526), ainsi que dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (t. 4, p. 142), Al-Aghānī (t. 19, p. 125) ; et Ibn Abī Furwa est le secrétaire de Musʿab.
علقناكَ يا أمير المؤمنين وعلقتَ أهلَ الشام وعلقَ أهلُ الشام إلى مروان، فما عسينا أن نصنع؟ قال الشعبي: فما سمعت جوابًا أحسن منه. وقال غيره: وكان مصعب من أشد الناس محبة للنساء وقد أمضى من ذلك شيئًا كثيرًا كما روي أنه اجتمع عند الحجر الأسود جماعة منهم ابن عمر ومصعب بن الزبير، فقالوا: ليقم كل واحد منكم وليسأل من اللَّه حاجته، فسأل ابن عمر المغفرة، وسأل مصعب أن يزوجه اللَّه سكينة بنت الحسين، وعائشة بنت طلحة، وكانتا من أحسن النساء في ذلك الزمان، وأن يعطيه اللَّه إمرة العراقين، فأعطاه اللَّه ذلك، تزوج بعائشة بنت طلحة، وكان صداقها عليه مئة ألف دينار، وكانت باهرة الجمال جدًا، وكان مصعب أيضًا جميلًا جدًا، وكذلك بقية زوجاته. قال الأصمعي: عن عبد الرحمن بن أبي الزناد، عن أبيه قال: اجتمع في الحِجْر عبد اللَّه ومصعب وعروة بنو الزبير وابن عمر، فقال عبد اللَّه بن الزبير: أما أنا فأتمنى الخلافة، وقال عروة: أما أنا فأتمنى أن يؤخذ عني العلم، وقال مصعب: أما أنا فأتمنى إمرة العراق، والجمع بين عائشة بنت طلحة وسُكينة بنت الحسين. وقال عبد اللَّه بن عمر: أما أنا فأتمنى المغفرة. قال: فنالوا كلّهم ما تمنوا، ولعل ابن عمر قد غفر اللَّه (١) . قال عامر الشعبي: بينما أنا جالس إذ دعاني الأمير مصعب بن الزبير فأدخلني دار الإمارة ثم كشف فإذا وراءه عائشة بنت طلحة، فلم أر منظرًا أبهى ولا أحسن منها، فقال: أتدري من هذه؟ فقلت: لا، فقال: هذه عائشة بنت طلحة، فخرجت فقالت: من هذا الذي أظهرتني عليه؟ قال: هذا عامر الشعبي، قالت: فأطلق له شيئًا، فوهبني عشرة آلاف درهم. قال الشعبي: فكان أول ما ملكته (٢) . وحكى الحافظ ابن عساكر (٣) : أن عائشة بنت طلحة تغضبت مرة على مصعب فترضّاها بأربعمئة ألف درهم، فأطلقتها هي للمرأة التي أصلحت بينهما. وقيل: إنه أُهديت له نخلة من ذهب ثمارها من صنوف الجواهر المثمنة، فقومت بألفي ألف دينار، وكانت من متاع الفرس فأعطاها لعبد اللَّه بن أبي فروة (٤) . وقيل: إن أخاه عبد اللَّه كان إذا كتب لأحد جائزة بألف درهم جعلها مصعب مئة ألف درهم. [وقد كان مصعب من أجود الناس وأكثرهم عطاءً، لا يستكثر ما يعطي ولو كان ما عساه أن يكون
(١) الخبر في الحلية لأبي نعيم (٢/ ١٧٦) وتاريخ دمشق (٥٨/ ٢١٨). وسير أعلام النبلاء (٤/ ١٤١). (٢) تاريخ دمشق لابن عساكر (٥٨/ ٢٢٥). (٣) تاريخ دمشق لابن عساكر (٥٨/ ٢٢٦/ ٢٢٧) ط دار الفكر. (٤) الخبر في تاريخ دمشق (٥٨/ ٢٢٧) وتاريخ الإسلام (حوادث سنة ٦١ - ٨٠/ ص ٥٢٦). وسير أعلام النبلاء (٤/ ١٤٢) والأغاني (١٩/ ١٢٥) وابن أبي فروة هو كاتب مصعب.

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