Par la parole… Et il a été dit : par l’action. Cela est confirmé par la parole du Très-Haut : « Et il vous touchera de Notre part un châtiment douloureux » (ce qui signifie qu’ils les menaçaient de meurtre et d’humiliation).
« Ils dirent : “Votre présage est avec vous” », c’est-à-dire : il vous est renvoyé. « Serait-ce parce que nous vous avons rappelé la bonne voie et vous y avons conviés, que vous nous avez menacés de meurtre et d’humiliation ? “Au contraire, vous êtes un peuple outrancier” » (c’est-à-dire que vous n’acceptez pas la vérité et ne la désirez pas).
Quant à Sa parole : « Et du bout de la ville vint un homme en hâte » (Yâ Sîn, 20), c’est-à-dire pour soutenir les Messagers et afficher sa foi en eux : « Il dit : “Ô mon peuple, suivez les Messagers (20), suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont bien guidés.” » Autrement dit, ils vous appellent à la pure vérité sans exiger de salaire ni de rétribution. Puis il les exhorta à n’adorer qu’Allah, sans associé, et leur interdit d’adorer quoi que ce soit d’autre, qui ne profite nullement, ni dans ce monde ni dans l’autre. « Je serais alors dans un égarement évident », c’est-à-dire : si j’abandonnais l’adoration d’Allah pour adorer à Ses côtés autre que Lui.
Ensuite, il s’adressa aux Messagers en disant : « Vraiment, j’ai cru en votre Seigneur ; écoutez-moi » (Yâ Sîn, 25). Certains dirent : « Écoutez mon propos et attestez-en pour moi auprès de votre Seigneur. » D’autres dirent : « Écoutez, ô mon peuple, ma proclamation de foi aux Messagers d’Allah, à voix haute. » À ce moment-là, ils le tuèrent : certains rapportent qu’il fut lapidé, d’autres qu’il fut mordu, ou que la foule se rua sur lui d’un seul élan pour l’exécuter. Ibn Isḥâq rapporte, d’après certains de ses compagnons, d’après Ibn Masʿūd, qu’« ils le piétinèrent jusqu’à lui faire sortir les entrailles (1). »
Sufyân ath-Thawrî (2) a transmis, d’après ʿÂṣim al-Aḥwal, d’après Abû Majliz, que cet homme s’appelait Ḥabîb ibn Murrî. On a aussi dit qu’il était menuisier, ou cordier, ou cordonnier, ou blanchisseur. On a encore dit qu’il se consacrait à l’adoration dans une grotte. Allah est plus Savant.
Ibn ʿAbbâs (3) a rapporté : « Ḥabîb le menuisier avait contracté la lèpre et se montrait très généreux en aumônes. Son peuple le tua. » C’est à ce sujet que le Très-Haut dit : « Entre au Paradis » (Yâ Sîn, 26), c’est-à-dire qu’après l’avoir tué, Allah l’admit au Paradis. Lorsqu’il y contempla la félicité et la joie, il s’écria : « “Oh ! si seulement mon peuple savait (26) ce dont mon Seigneur m’a pardonné et comment Il m’a placé parmi les honorés !” » Cela signifie : afin qu’ils croient en ce en quoi j’ai cru, et qu’ils obtiennent ce que j’ai obtenu.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Il a conseillé son peuple de son vivant : “Ô mon peuple, suivez les Messagers”, puis après sa mort : “Oh ! si seulement mon peuple savait (26) ce dont mon Seigneur m’a pardonné et comment Il m’a placé parmi les honorés !” », rapporté par Ibn Abî Ḥâtim (4). De même, Qatāda (5) a dit : « Le croyant n’est jamais rencontré autrement que comme un bon conseiller, jamais comme un trompeur, parce qu’il a vu l’honneur qu’Allah réserve (à Ses fidèles). “Oh ! si seulement mon peuple savait (26) ce dont mon Seigneur m’a pardonné et comment Il m’a placé parmi les honorés !” Il souhaita, par Allah, que son peuple sût ce qu’il a constaté de la grâce divine et ce à quoi il est parvenu. » Qatāda dit encore : « Par Allah, Dieu ne blâma plus son peuple après qu’ils l’eurent tué. “Il n’y eut qu’un seul Cri, et les voilà aussitôt éteints.” »