Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un jour, ‘Abd al-Malik prononça un discours à Koufa et déclara dans son sermon : « Si ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr était calife, comme il le prétend, il serait sorti et aurait exposé sa propre personne, au lieu de planter sa “queue” dans le Sanctuaire. »

Puis il leur dit : « Sachez que j’ai désigné mon frère Bishr ibn Marwān pour vous gouverner. Je lui ai ordonné d’être bienveillant envers les obéissants et dur envers ceux qui désobéissent. Écoutez-le et obéissez-lui. »

Quant aux habitants de Bassora, lorsqu’ils apprirent la mort de Muṣ‘ab, Ḥumrān ibn Abān (fils de ‘Uthmān ibn ‘Affān) et ‘Ubayd Allāh ibn Abī Bakra se disputèrent le gouvernement de la ville. Ḥumrān ibn Abān l’emporta et ses habitants lui prêtèrent allégeance, car il était le plus éminent des deux hommes.

Un bédouin raconta : « Par Dieu, j’ai vu un jour le manteau d’ibn Abān glisser de son épaule. Aussitôt, Marwān et Sa‘īd ibn al-‘Āṣ se précipitèrent pour voir lequel des deux le remettrait en place sur ses épaules. » D’autres dirent : « Un jour, Ḥumrān allongea la jambe, et Mu‘āwiya ainsi que ‘Abd Allāh ibn ‘Āmir se hâtèrent pour déterminer qui appuierait sur la jambe d’ibn Ḥumrān. »

Il est dit aussi que ‘Abd al-Malik envoya Khālid ibn ‘Abd Allāh ibn Khālid ibn Asīd comme gouverneur de Bassora. Celui-ci reprit la ville à Ḥumrān et désigna ‘Ubayd Allāh ibn Abī Bakra pour le remplacer, révoquant ainsi Ḥumrān ibn Abān de son poste.

On raconte que ‘Abd al-Malik ordonna de préparer une grande quantité de nourriture pour les habitants de Koufa, et ils mangèrent à sa table. Ce jour-là, ‘Amr ibn Ḥurayth se trouvait auprès de lui sur le lit. Alors ‘Abd al-Malik lui dit : « Que notre existence est douce, si seulement elle pouvait durer ! Mais comme l’a dit le poète d’autrefois :
« Toute chose neuve, ô Umayma, finira par vieillir, et tout être finira tôt ou tard par disparaître. »

Une fois le repas terminé, il se leva, fit le tour du palais et questionna ‘Amr ibn Ḥurayth sur l’histoire des lieux, qui les avait bâtis, et quelles étaient leurs pièces. Après quoi il retourna s’asseoir et s’allongea en disant :
« Œuvre à loisir, car tu es mortel, et peine pour toi-même, ô humain. Tout ce qui fut n’est plus quand c’est passé, et tout ce qui sera est comme si c’était déjà advenu. »

Ibn Jarīr (2) rapporte que la même année, selon l’affirmation d’al-Wāqidī, ‘Abd al-Malik retourna en Syrie (Shām). Il ajoute : « Cette année-là, Ibn al-Zubayr destitua Jābir ibn al-Aswad de son poste à Médine et y nomma Ṭalḥa ibn ‘Abd Allāh ibn ‘Awf. Ce fut le dernier de ses gouverneurs sur la cité, jusqu’à l’arrivée de Ṭāriq ibn ‘Amr, affranchi d’‘Uthmān, envoyé par ‘Abd al-Malik ibn Marwān. »

Cette année-là, ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr dirigea le pèlerinage pour les gens, et il ne lui restait plus de pouvoir en Irak. [Al-Wāqidī] ajoute : « Durant la même année, ‘Abd al-‘Azīz ibn Marwān, gouverneur d’Égypte, confia à Ḥassān al-Ghassānī (3) la mission de mener une expédition contre l’Ifriqiya. Il s’y rendit à la tête d’une nombreuse armée, conquit Carthage, peuplée de Romains adorateurs d’idoles. (4) »

(1) Dans l'édition d'Abān ibn ʿUthmān : erreur, ainsi que dans ce qui est attribué à Abān ibn ʿUthmān et dans les sources. (2) Tārīkh al-Ṭabarī (6/165). (3) Dans l'édition, déformé en al-ʿĀnī. (4) Al-Khabar dans Tārīkh al-Islām (événements de l'année 69 / p. 67).
وخطب عبد الملك يومًا بالكوفة فقال في خطبته: إن عبد اللَّه بن الزبير لو كان خليفة كما يزعم لخرج فآسى بنفسه، ولم يغرز ذنبه في الحرم، ثم قال لهم: إني قد استخلفت عليكم أخي بشر بن مروان وأمرته بالإحسان إلى أهل الطاعة، وبالشدة على أهل المعصية، فاسمعوا له وأطيعوا. وأما أهل البصرة فإنهم لما بلغهم مقتل مصعب تنازع في إمارتها حمران بن أبان (١) بن عثمان بن عفان، وعبيد اللَّه بن أبي بكرة، فغلبه حمران بن أبان عليها، فبايعه أهلها فكان أشرف الرجلين، قال أعرابي: واللَّه لقد رأيت رداء ابن أبان مال عن عاتقه يومًا فابتدره مروان وسعيد بن العاص أيهما يسوِّيه على منكبيه، وقال غيره: مدّ حمران يومًا رجله فابتدر معاوية وعبد اللَّه بن عامر أيهما يغمز رجل ابن حمران. قال: فبعث عبد الملك خالد بن عبد اللَّه بن خالد بن أسيد واليًا على البصرة فأخذها من حمران واستناب فيها عبيدَ اللَّه بن أبي بكرة، وعزل حمران بن أبان عنها. قالوا: وقد أمر عبد الملك بطعام كثير فعمل لأهل الكوفة فأكلوا من سماطه ومعه يومئذ على السرير عمرو بن حُرَيث، فقال له عبد الملك: ما ألذ عيشنا لو أن شيئًا يدوم؟ ولكن كما قال الأول: وكلّ جديدٍ يا أُمَيمَ إلى بِلًى … وكلُّ امرئٍ يومًا يصير إلى كانْ فلما فرغ من الطعام نهض فدار في القصر وجعل يسأل عمرو بن حُرَيث عن أحوال القصر ومن بنى أماكنه وبيوته فيخبره ثم عاد إلى مجلسه فاستلقى وهو يقول: اعمل على مَهَلٍ فإنك ميتٌ … واكدَحْ لنفسكَ أيّها الإنسانْ فكأنَّ ما قد كانَ لم يكُ إذْ مضى … وكأنَّ ما هو كائنٌ قدْ كانْ قال ابن جرير (٢) : وفيها رجع عبد الملك فيما زعم الواقدي إلى الشام. وقال: وفيها عزل ابن الزبير جابرَ بن الأسود عن المدينة، وولّى عليها طلحة بن عبد اللَّه بن عوف، وكان آخر أمرائه عليها، حتى قدم [عليها] طارق بن عمرو مولى عثمان من جهة عبد الملك بن مروان. وفيها حجَّ بالناس عبد اللَّه بن الزبير ولم يبق له ولاية على العراق. [قال الواقدي: وفيها عقد عبد العزيز بن مروان نائب مصر لحسان الغسَّاني (٣) على غزو إفريقية فسار إليها في عدد كثير، فافتتح قُرطاجنة وكان أهلها رومًا عبّاد أصنام (٤) .
(١) في ط: أبان بن عثمان؛ خطأ، وما أثبت عن أ، ب والمصادر. (٢) تاريخ الطبري (٦/ ١٦٥). (٣) تحرفت في ط إلى العاني. (٤) الخبر في تاريخ الإسلام (حوادث سنة ٦٩/ ص ٦٧).

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