Lorsqu’ils se rendirent auprès de lui, il vit alors les notables de Quraysh et leur dit : « Puisse Dieu faire de moi votre rançon ! Qu’est-ce qui vous amène ? » Ils répondirent : « C’est pour répondre au besoin de Ibn Abî ‘Atîq. » L’homme dit alors : « Soyez témoins que son besoin est satisfait et que sa requête est valide. » Ils dirent : « Fais-lui part de ta demande. »
Ibn Abî ‘Atîq déclara : « Soyez témoins que son épouse Lubnâ est répudiée. » ‘Abd Allâh ibn Ja‘far s’écria : « Que Dieu te défigure ! Est-ce pour cela que tu nous as fait venir ? » Il répondit : « Puisse-je être votre rançon. Il vaut mieux que cet homme divorce de sa femme et en épouse une autre plutôt qu’un musulman ne meure de passion amoureuse pour elle. Par Dieu, je ne bougerai pas avant que ses affaires ne soient transférées [dans la maison de Qays]. » Ils s’exécutèrent et vécurent un certain temps dans la plus grande aisance [et le plus grand confort]. Que Dieu, Exalté soit-Il, leur fasse miséricorde.
Yazîd ibn Ziyâd (1) Rabi‘a al-Himyari, le poète, composait beaucoup de vers et de satires. ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd voulut le tuer parce qu’il avait attaqué son père, Ziyâd, par ses poèmes, mais Mu‘âwiya l’empêcha de le faire et dit : « Châtie-le !» Il lui fit boire un purgatif, le fit monter sur un âne et le fit circuler dans les marchés tandis qu’il déféquait sur l’âne. À ce sujet, il dit :
« L’eau lave ce que tu as fait,
mais mes vers resteront gravés dans tes os jusqu’à la moelle. »
Bashîr ibn an-Nadr (3), juge en Égypte, avait pour revenu annuel mille dinars. Il mourut en Égypte, et ‘Abd ar-Rahmân ibn Hamza al-Khawlânî lui succéda. [Dieu, qu’Il soit Exalté, est plus Savant.]
Mâlik ibn Yukhâmir (4), as-Saksakî, al-Alhânî, de Homs, était un grand Tâbi‘î. On dit même qu’il était Compagnon, mais Dieu sait mieux. Al-Bukhârî (5) rapporte, par la voie de Mu‘âwiya, qu’il tenait de Mâlik, lequel le tenait de Mu‘âdh ibn Jabal, le hadith sur « le groupe qui restera ferme sur la vérité » et dont il est dit qu’il se trouverait en Syrie. Cela relève du domaine où des maîtres narrent de disciples plus jeunes, à moins de dire que Mâlik ibn Yukhâmir était Compagnon. Toutefois, l’avis correct est qu’il s’agit d’un Tâbi‘î et non d’un Compagnon, et il fut l’un des plus proches compagnons de Mu‘âdh ibn Jabal (qu’Allâh l’agrée).
Plusieurs dirent qu’il mourut cette année-là, tandis que d’autres situent sa disparition en l’an 72. Dieu (qu’Il soit Exalté) sait mieux.