Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou Hourayra raconte : « J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire : “Un tyran issu des tyrans des Banou Umayya montera en effet sur mon minbar jusqu’à ce que son nez saigne.” » Il dit encore : « Celui qui m’en a informé a vu ‘Amr ibn Sa‘id ibn al-‘As saigner du nez sur le minbar du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) au point que son sang coulait effectivement. »

C’est lui qui dépêchait des troupes vers La Mecque après les événements de Harra sous le règne de Yazid ibn Mou‘awiya, pour combattre Ibn Zoubayr. Alors Abou Chourayh al-Khouza‘î le mit en garde et lui transmit le hadith qu’il avait entendu du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) concernant l’inviolabilité de La Mecque. Il lui répondit : « Nous en savons plus que toi, Abou Chourayh. Le caractère sacré (du sanctuaire) ne protège pas un rebelle, ni quelqu’un qui a commis un meurtre, ni celui qui fuit pour ne pas payer la capitation (1). » Ce hadith a déjà été mentionné et se trouve dans les deux Sahih (2).

Par la suite, Marwân se rendit en Égypte après avoir appelé à son propre califat et consolidé son pouvoir en Syrie. ‘Amr ibn Sa‘id l’accompagnait et ils conquirent l’Égypte. Marwân avait promis à ‘Amr qu’il deviendrait héritier du pouvoir après ‘Abd al-Malik et, entre-temps, gouverneur à Damas. Mais quand Marwân gagna en puissance, il revint sur ses promesses, laissant le pouvoir ensuite à son fils ‘Abd al-‘Azîz, et destitua ‘Amr. Cela resta au travers de la gorge de ce dernier, au point qu’il s’ensuivit l’événement déjà mentionné : ‘Amr pénétra dans Damas, s’y retrancha et reçut du soutien. ‘Abd al-Malik l’assiégea alors puis le persuada de se rendre avec une garantie illusoire, avant de le tuer comme nous l’avons déjà rapporté.

Cela se produisit cette année-là, selon la plupart des érudits. Al-Wâqidî et Abou Sa‘îd ibn Younus affirment cependant que ce fut en l’an 70 (de l’Hégire). Dieu seul sait.

Fait étrange : Hishâm ibn Mouhammad al-Kalbî rapporte, avec sa chaîne de transmission, qu’un homme entendit en rêve une voix proclamer, sur le rempart de Damas, avant que ‘Amr ne se révolte complètement et bien avant qu’il ne soit tué, ces vers (3) :
[« Ô peuple, hélas pour la légèreté d’esprit et la faiblesse,
Pour le pécheur affaibli et l’esprit manquant de clairvoyance.
Quant à Ibn Sa‘îd, le voilà, debout un instant,
Brusquement, il s’écroule de tout son long, face contre terre et ventre à terre.
Il vit dans la forteresse un refuge contre la mort, s’y réfugia,
Mais c’est là que la mort est venue le visiter. »]

L’homme se rendit auprès de ‘Abd al-Malik pour l’en informer, qui lui demanda : « Quelqu’un d’autre t’a-t-il entendu ? » Il répondit : « Non. » Alors ‘Abd al-Malik lui dit : « Mets cela sous tes pieds (oublie cela). » Puis, plus tard, ‘Amr cessa de lui prêter allégeance et fut tué par ‘Abd al-Malik ibn Marwân (4).

On rapporte également que lorsque ‘Abd al-Malik l’assiégea, il entra en contact avec lui et lui dit : « Je t’en conjure, par Dieu et par les liens du sang, de renoncer à l’affaire de ta famille et à leur rassemblement, car ton initiative renforce la position d’Ibn Zoubayr contre nous. Reviens à ton allégeance, et je te donne ma parole d’honneur et mon pacte… »

(1) Dans B : chez Hazbah. (2) La chaînage du hadith a été présenté précédemment. (3) Dans T : « Ô peuple » et ce que nous avons établi dans A, M, et le Taʾrīkh Dimashq. (4) Dans A : pour al-Fākher al-Mawhūb. (5) Elle ne figure pas dans T, mais elle est dans les manuscrits et le Taʾrīkh Dimashq. (6) Le rapport et les vers dans le Taʾrīkh Dimashq d’Ibn ʿAsākir (46/41).
أبا هريرة يقول: سمعت رسول اللَّه ﷺ يقول: "ليرعُفنَّ على منبري جبَّارٌ من جَبَابرة بني أمية حتى يسيل رُعافه" . قال: فأخبرني من رأى عمرو بن سعيد بن العاص رعف على منبر رسول اللَّه ﷺ حتى سال رعافه. وهو الذي كان يبعث البعوث إلى مكة بعد وقعة الحَرّة أيام يزيد بن معاوية لقتال ابن الزبير، فنهاه أبو شريح الخزاعي وذكر له الحديث الذي سمعه من رسول اللَّه ﷺ في تحريم مكة، فقال: نحن أعلم بذلك منك يا أبا شريح، إن الحرام لا يعيذ عاصيًا ولا فارًّا بدمٍ، ولا فارًّا بجزية (١) ، الحديث كما تقدم وهو في الصحيحين (٢) . ثم إن مروان دخل إلى مصر بعدما دعا إلى نفسه واستقر له الشام، ودخل معه عمرو بن سعيد ففتح مصر، وقد كان وعد عمرًا أن يكون ولي العهد من بعد عبد الملك، وأن يكون قبل ذلك نائبًا بدمشق، فلما قويت شوكة مروان رجع عن ذلك، وجعل الأمر من بعد ذلك لولده عبد العزيز، وخلع عَمرًا. فما زال ذلك في نفسه حتى كان من أمره ما تقدم، فدخل عمرو دمشق وتحصن بها وأجابه بها، فحاصره عبد الملك ثم استنزله على أمان صوري، ثم قتله كما قدمنا. وكان ذلك في هذه السنة على المشهور عند الأكثرين، وقال الواقدي وأبو سعيد بن يونس: سنة سبعين، فاللَّه أعلم. ومن الغريب ما ذكره هشام بن محمد الكلبي بسند له أن رجلًا سمع في المنام قائلًا يقول على سور دمشق قبل أن يخرج عمرو بالكلية، وقبل قتله بمدة [هذه الأبيات] : ألا يا لقوم (٣) للسفاهةِ والوهنِ … وللفاجر الموهونِ (٤) والرأي ذي (٥) الأفنِ ولابن سعيدٍ بينما هوَ قائم … على قَدميهِ خرّ للوجهِ والبطنِ رأى الحصنَ منجاةً من الموتِ فالتجا … إليهِ فزارتهُ المنيةُ في الحصنِ قال: فأتى الرجل عبد الملك فأخبره فقال: ويحك سمعها منك أحد؟ قال: لا! قال: فضعها تحت قدميك، قال: ثم بعد ذلك خلع عمرو الطاعة وقتله عبد الملك بن مروان (٦) . [وقد قيل إن عبد الملك لما حاصره راسله وقال: أنشدك اللَّه والرحم أن تدع أمر بيتك وما هم عليه من اجتماع الكلمة فإن فيما صنعت قوة لابن الزبير علينا، فارجع إلى بيعتك ولك عليّ عهد اللَّه وميثاقه،
(١) في ب: بحزبه. (٢) تقدم تخريج الحديث. (٣) في ط: "ألا يا قوم" وما أثبتناه من أ، م، وتاريخ دمشق. (٤) في أ: وللفاخر الموهوب. (٥) ليست في ط، وهي في النسخ وتاريخ دمشق. (٦) الخبر والأبيات في تاريخ دمشق لابن عساكر (٤٦/ ٤١).

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