Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il avait l’intention, une fois cette affaire terminée, de se diriger ensuite vers Musʿab ibn al-Zubayr. Lorsqu’il partit en campagne, il laissa à Damas ʿAmr ibn Saʿīd al-Ashdaq comme remplaçant, mais celui-ci s’y retrancha et s’empara des biens du trésor public.

On raconte aussi qu’il était avec ʿAbd al-Malik, mais qu’il se sépara de l’armée, fit demi-tour de nuit vers Damas, accompagné de Ḥumayd ibn Ḥurayth ibn Baḥdal al-Kalbī et de Zuhayr ibn al-Abrad al-Kalbī. Parvenus à Damas, gouvernée alors par ʿAbd al-Raḥmān ibn Umm al-Ḥakam nommé par ʿAbd al-Malik, celui-ci s’enfuit à leur approche et laissa la ville. ʿAmr ibn Saʿīd al-Ashdaq y entra alors et s’empara des trésors qui s’y trouvaient, puis il s’adressa à la population en leur promettant la justice, l’équité, de fortes distributions et de bons éloges. Lorsque ʿAbd al-Malik apprit ce qu’avait fait ʿAmr ibn Saʿīd, il revint aussitôt sur ses pas et trouva qu’al-Ashdaq avait fortifié Damas, suspendu des tentures et des étoffes rugueuses, et s’était retiré dans une citadelle romaine imprenable qu’abritait la ville. Il s’y installa. ʿAbd al-Malik l’assiégea et al-Ashdaq combattit contre lui durant seize nuits.

ʿAbd al-Malik lui écrivit alors : « Je t’interpelle au nom de Dieu et de la parenté qui nous lie : ne gâte pas l’affaire de ta propre maison, ni ce que la communauté a de réuni, car ce que tu entreprends sert la cause d’Ibn al-Zubayr. Reviens à ton serment d’allégeance ; je te donne en garantie le pacte de Dieu et Son alliance, et je prête devant toi des serments renforcés que tu seras mon successeur après moi. » Un accord fut rédigé entre eux, si bien qu’ʿAmr ibn Saʿīd se laissa abuser, ouvrit les portes de Damas et on mit fin aux hostilités. L’arrangement stipulait également qu’ʿAmr serait le successeur de ʿAbd al-Malik et que, pour chaque représentant de ʿAbd al-Malik, ʿAmr aurait lui aussi le sien ; c’était un jeudi soir. ʿAbd al-Malik entra dans Damas et gagna le palais du gouvernement comme à son habitude.

Ensuite, il envoya dire à ʿAmr ibn Saʿīd al-Ashdaq : « Rends aux gens les subsides que tu leur as prélevés dans le trésor public. » ʿAmr ibn Saʿīd lui répondit : « Cela ne te concerne pas et cette ville ne t’appartient pas. Pars d’ici. » Quand arriva le lundi, ʿAbd al-Malik lui dépêcha quelqu’un pour ordonner qu’il se rende à sa résidence du palais vert (Dār al-imāra). Le messager le trouva avec ʿAbd Allāh ibn Yazīd ibn Muʿāwiya, l’époux de sa fille Umm Mūsā, fille de ʿAmr ibn Saʿīd. Alors ʿAmr le consulta au sujet de cette convocation, et celui-ci lui dit : « Ô Abū Saʿīd, par Dieu, tu m’es plus cher que mon ouïe et ma vue. À mon sens, tu ne devrais pas y aller. Car Tubiʿan al-Ḥimyarī, fils de la femme de Kaʿb al-Aḥbār, a dit : “L’un des grands hommes des Banū Ismāʿīl fermera les portes de Damas, et bientôt il sera tué.” » ʿAmr répliqua : « Par Dieu, même si je dormais, je n’aurais pas peur que le fils d’al-Zarqāʾ me réveille, et il n’oserait pas s’attaquer à moi. De plus, ʿUthmān ibn ʿAffān m’est apparu cette nuit en songe et m’a fait revêtir sa chemise. »

ʿAmr ibn Saʿīd transmit alors ce message au messager : « Transmets-lui mes salutations et dis-lui : ‘Je viendrai te rejoindre cet après-midi, si Dieu le veut.’ » Quand vint l’après-midi — c’est-à-dire après la prière de midi —, il mit une cotte de mailles sous ses vêtements, prit son épée à la ceinture et se leva, mais il trébucha sur le tapis. Son épouse et certains de ceux présents dirent : « Nous pensons que tu ne devrais pas y aller. » Il n’en tint pas compte et partit, accompagné d’une centaine de ses serviteurs. De son côté, ʿAbd al-Malik avait ordonné aux Banū Marwān de se réunir à ses côtés. Lorsque ʿAmr parvint devant la porte, ʿAbd al-Malik ordonna qu’il entre, mais que ceux qui l’accompagnaient soient arrêtés par groupes à chaque porte. Il pénétra jusqu’à la cour du lieu où se tenait ʿAbd al-Malik et ne garda avec lui qu’un seul page. Il jeta alors un regard et aperçut les Banū

(1) De sa parole : "seize nuits"... jusqu'ici, c'est un ajout des manuscrits A, B, et le récit se trouve dans l'histoire de al-Tabarî (6/140-141) ainsi que dans al-Kāmil d'Ibn al-Athîr (4/297). (2) Dans al-Tabarî (6/142), Ibn al-Athîr (4/298) et al-Imāmah wa al-Siyāsa (2/26) : ô Abū Umayya.
ومن عزمه إذا فرغ من ذلك أن يقصد مصعب بن الزبير بعد ذلك، فلما سار إليها استخلف على دمشق عمرو بن سعيد الأشدق، فتحصن بها وأخذ أموال بيت المال. وقيل: بل كان مع عبد الملك ولكنه انخذل من الجيش وكرَّ راجعًا إلى دمشق في اللّيل، ومعه حُميد بن حُريث بن بَحْدل الكلبي، وزهير بن الأبرد الكلبي، فانتهوا إلى دمشق وعليها عبد الرحمن بن أم الحكم نائبًا من جهة عبد الملك، فلما أحس بهم هرب وترك البلد فدخلها عمرو بن سعيد الأشدق فاستحوذ على ما فيها من الخزائن، وخطب الناس فوعدهم العدل والنصف والعطاء الجزيل والثناء الجميل، ولما علم عبد الملك بما فعله عمرو بن سعيد كر راجعًا من فوره فوجد الأشدق قد حصَّن دمشق وعلق عليها الستائر والمسوح، وانحاز الأشدق إلى حصن رومي منيع كان بدمشق فنزله. فحاصره عبد الملك وقاتله الأشدق لمدة ست عشرة ليلة، وراسله عبد الملك وقال له: أنشدك اللَّه والرحم أن تفسد أمر بيتك، وما هم عليه من اجتماع الكلمة، وأن فيما صنعت قوة لابن الزبير فارجع إلى بيعتك ولك عليَّ عهد اللَّه وميثاقه، وحلف له بالأيمان المؤكدة إنك ولي عهدي من بعدي، وكتبا بينهما كتابًا فانخدع له عمرو وفتح أبواب دمشق (١) . ثم اصطلحا على ترك القتال، وعلى أن يكون ولي العهد بعد عبد الملك، وعلى أن يكون لكل عامل لعبد الملك عامل له وذلك عشية الخميس، ودخل عبد الملك دمشق إلى دار الإمارة على عادته، وبعث إلى عمرو بن سعيد الأشدق يقول له: أرجع على الناس أعطياتهم التي أخذتها لهم من بيت المال، فبعث إليه الأشدق: إن هذا ليس إليك، وليس هذا البلد لك فاخرج منه، فلما كان يوم الإثنين بعث عبد الملك إلى الأشدق يأمره بالإتيان إلى منزله بدار الإمارة الخضراء، فلما جاءه الرسول صادف عنده عبد اللَّه بن يزيد بن معاوية وهو زوج ابنته أم موسى بنت عمرو بن سعيد؛ فاستشاره عمرو بن سعيد في الذهاب إليه فقال له: يا أبا سعيد (٢) واللَّه لأنت أحب إليّ من سمعي وبصري، وأرى أن لا تأتيه، فإن تُبيعًا الحِمْيري ابن امرأة كعب الأحبار قال: إن عظيمًا من عظماء بني إسماعيل يغلق أبواب دمشق فلا يلبث أن يقتل. فقال عمرو: واللَّه لو كنت نائمًا ما تخوفت أن ينبهني ابن الزرقاء، وما كان ليجترئ على ذلك مني، مع أن عثمان بن عفان أتاني البارحة في المنام فألبسني قميصه، وقال عمرو بن سعيد للرسول: أبلغه السلام وقل له: أنا رائح إليك العشية إن شاء اللَّه. فلما كان العشي -يعني بعد الظهر- لبس عمرو درعًا بين ثيابه وتقلّد سيفه ونهض فعثر بالبساط فقالت امرأته وبعض من حضره: إنا نرى أن لا تأتيه، فلم يلتفت إلى ذلك ونهض في مئة من مواليه، وكان عبد الملك قد أمر بني مروان فاجتمعوا كلهم عنده، فلما انتهى عمرو إلى الباب أمر عبد الملك أن يدخل وأن يحبس من معه عند كل باب طائفة منهم، فدخل حتى انتهى إلى صرحة المكان الذي فيه عبد الملك، ولم يبق معه من مواليه سوى وصيف، فرمى ببصره فإذ بنو
(١) من قوله: ست عشرة ليلة. . إلى هنا زيادة من أ، ب والخبر في تاريخ الطبري (٦/ ١٤٠ - ١٤١) والكامل لابن الأثير (٤/ ٢٩٧). (٢) في الطبري (٦/ ١٤٢) وابن الأثير (٤/ ٢٩٨) والإمامة والسياسة (٢/ ٢٦) يا أبا أمية.

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