Il (l’homme) se rendit à la fosse, à l’emplacement où celle-ci se trouvait, le chercha mais ne le trouva pas. Or, son peuple avait constaté à son propos un changement important : ils l’en retirèrent, crurent en lui et affirmèrent la véracité de son message.
Il est rapporté alors que leur prophète leur demandait : « Qu’est devenu cet homme noir ? » et ils lui répondaient : « Nous ne savons pas. » Cela se prolongea jusqu’à ce que Dieu rappela à Lui le Prophète – paix sur lui –, et qu’après cela, l’homme noir sortit de son sommeil. C’est à ce sujet que le Messager de Dieu ﷺ dit : « Cet homme noir sera le premier à entrer au Paradis. » (1) Cependant, ce hadith est mursal (rapport interrompu), et son contenu suscite des interrogations. Il se peut qu’une version détaillée de son histoire ait été rapportée par Muhammad ibn Kacb al-Quradî, et Dieu sait mieux la vérité.
Puis Ibn Jarîr (2) rejeta lui-même cette interprétation et déclara : « Il n’est pas admissible de considérer que ces gens étaient les Compagnons du Rass dont il est question dans le Coran, car Dieu a informé que ces derniers furent anéantis, tandis que ceux-ci vécurent un revirement et crurent en leur prophète, à moins qu’il ne se soit produit des événements ayant entraîné leur foi après la destruction de leurs pères. Quoi qu’il en soit, Dieu est plus savant. »
Ensuite, il estima qu’il pouvait s’agir des Compagnons de la Fosse (3). C’est toutefois une hypothèse fragile, pour les raisons déjà évoquées, et en raison de ce qui est dit dans l’histoire des Compagnons de la Fosse, selon laquelle ils furent menacés d’un châtiment dans l’au-delà s’ils ne se repentaient pas, sans mention de leur destruction, alors même que le texte précise la destruction des Compagnons du Rass. Dieu est plus savant.
—
Parmi eux figurent aussi les Compagnons de la Cité, ceux de Yâ Sîn. Dieu, qu’Il soit exalté, a dit :
« Et propose-leur l’exemple des habitants de la cité, lorsque vinrent à eux les envoyés (13). Quand Nous leur envoyâmes deux (messagers), qu’ils traitèrent de menteurs. Nous les renforçâmes alors par un troisième, et ils dirent : “Nous sommes vraiment envoyés à vous” (14). Ils dirent : “Vous n’êtes que des hommes comme nous ; le Tout Miséricordieux n’a rien fait descendre, vous ne faites que mentir” (15). [Les messagers] répondirent : “Notre Seigneur sait que nous sommes assurément envoyés à vous (16), et il ne nous incombe que la transmission claire” (17). Ils dirent : “Nous voyons en vous un mauvais présage ; si vous ne cessez pas, nous vous lapiderons et vous subirez de notre part un supplice douloureux” (18). [Les messagers] dirent : “Votre présage est auprès de vous. Est-ce parce qu’on vous avertit ? Non, vous êtes plutôt des gens outranciers” (19). Et d’un endroit lointain de la cité, un homme accourut et dit : “Ô mon peuple, suivez les envoyés (20). Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie (21). Et pourquoi ne craindrais-je pas d’adorer Celui qui m’a créé, alors que c’est vers Lui que vous serez ramenés ? (22) Prendrai-je, en dehors de Lui, des divinités dont l’intercession ne me servirait à rien, si le Tout Miséricordieux me voulait quelque mal, et qui ne sauraient me sauver ? (23) Je serais alors dans un égarement manifeste (24). Je crois en votre Seigneur, écoutez-moi donc !” (25). Il lui fut dit : “Entre au Paradis.” Il dit : “Hélas ! si seulement mon peuple savait (26) combien mon Seigneur m’a pardonné et m’a mis au nombre des honorés !” (27). Et Nous ne fîmes pas descendre, après lui, d’armée du ciel contre son peuple ; Nous n’avons pas coutume de le faire (28). Ce ne fut qu’un seul cri, et les voilà aussitôt éteints (29). » (Yâ Sîn, 13-29)