Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit : « Sors et dis : “Que celui qui souhaite s’informer sur le licite, l’illicite et la jurisprudence entre.” »

Il raconte : « Je sortis, je les en informai, puis ils entrèrent jusqu’à remplir la maison et la pièce. À chaque question qu’ils lui posèrent, il leur donna une réponse, et même davantage que ce qu’ils avaient demandé. »

Ensuite, il dit : « (À présent) frères, sortez. » Ils sortirent.

Puis il ajouta : « Sors et dis : “Que celui qui veut s’informer sur les obligations (al-farâ’idh) et ce qui s’y rattache entre.” » Je sortis, je les en informai, et ils entrèrent jusqu’à remplir la maison et la pièce. Ils ne l’interrogèrent sur rien sans qu’il ne leur donne une réponse, et leur en ajoutait parfois l’équivalent, voire plus encore.

Ensuite, il dit : « (À présent) frères, sortez. » Ils sortirent.

Il dit encore : « Sors et dis : “Que celui qui veut s’informer sur la langue arabe, la poésie et les expressions rares ou difficiles entre.” » Je sortis, je les en informai, puis ils entrèrent jusqu’à remplir la maison et la pièce. Ils ne posèrent aucune question sans recevoir une réponse de lui, à laquelle il ajoutait souvent l’équivalent en explications.

Ensuite, il déclara : « (À présent) frères, sortez. » Ils sortirent.

Abou Sâlih dit : « Si l’ensemble de Quraych s’était enorgueilli de cela, cela aurait constitué un titre de gloire. Je n’ai jamais vu pareil rassemblement ni pareille érudition chez personne. »

Tâwous et Maymoun ibn Mahrân dirent : « Nous n’avons jamais vu plus scrupuleux qu’Ibn ‘Umar, ni plus savant en jurisprudence qu’Ibn ‘Abbâs (1). » Et Maymoun ajouta : « Ibn ‘Abbâs était le plus savant des deux. »

Shurayk al-Qâdî rapporte, d’après al-A‘mash, d’après Abou al-Dahhâ, d’après Masroûq, qui dit : « Quand je regardais Ibn ‘Abbâs, je me disais : “C’est l’homme le plus remarquable.” Quand il parlait, je me disais : “C’est l’orateur le plus éloquent.” Quand il enseignait, je me disais : “C’est l’homme le plus instruit.” (2) »

Ya‘qoûb ibn Sufyân dit : « Abou al-Nu‘mân nous rapporta, Hammâd ibn Zayd nous rapporta, d’après al-Zoubeïr ibn al-Hârith, d’après ‘Ikrima, qui dit : “Ibn ‘Abbâs était le plus savant des deux (Ibn ‘Abbâs et ‘Alî) concernant le Coran, tandis que ‘Alî était le plus savant en ce qui concernait les sujets ambigus (3).” »

Ishâq ibn Râhouwaih expliqua : « S’il était ainsi, c’est parce qu’Ibn ‘Abbâs avait acquis auprès de ‘Alî son savoir en matière d’exégèse, et y avait ajouté ce qu’il avait appris d’Abou Bakr, ‘Oumar, ‘Othmân, Oubay ibn Ka‘b et d’autres grandes figures parmi les Compagnons, en plus de l’invocation du Messager de Dieu (que la prière et la bénédiction de Dieu soient sur lui) pour qu’Allah lui enseigne le Livre. »

Abou Mu‘âwiyah rapporta, d’après al-A‘mash, d’après Abou Wâ’il Shaqîq ibn Salamah, qui dit : « Ibn ‘Abbâs prononça un sermon pendant le pèlerinage, il entama la sourate al-Baqara, la récita et l’expliqua. Alors je me suis dit : “Je n’ai jamais vu ni entendu de parole pareille. Si les Perses et les Romains l’avaient entendu, ils se seraient convertis (4).” »

Abou Bakr ibn ‘Ayyâsh a également rapporté, d’après ‘Âsim ibn Abî al-Najoud, d’après Abou Wâ’il, qu’Ibn ‘Abbâs dirigea le pèlerinage l’année de l’assassinat de ‘Othmân ; il y lut la sourate an-Noûr et mentionna quelque chose de similaire à ce qui précède. Il est probable que la première fois se soit produite du vivant de ‘Alî, où il récita la sourate al-Baqara lors de ce pèlerinage, et, lors de la discorde liée à ‘Othmân, la sourate an-Noûr. Et Dieu est plus savant.

(1) Ṭabaqāt Ibn Saʿd (2/266), al-Maʿrifa wa al-Tārīkh (1/496), et sa mention par al-Dhahabī dans al-Siyar (3/350). (2) Ansāb al-Ashrāf (3/30). (3) Ṭabaqāt Ibn Saʿd (2/367). (4) Ansāb al-Ashrāf (3/38), al-Mustadrak (3/537) et Ḥilyat al-Awliyāʾ (1/294).
قال: اخرج فقل: من أراد أن يسأل عن الحلال والحرام والفقه فليدخل، قال: فخرجت فآذنتهم فدخلوا حتى ملأوا البيت والحجرة، فما سألوه عن شيء إلا أخبرهم به وزادهم مثله أو أكثر، ثم قال: إخوانكم، فخرجوا، ثم قال اخرج فقل: من كان يريد أن يسأل عن الفرائض وما أشبهها، فليدخل، فخرجت فآذنتهم فدخلوا حتى ملؤوا البيت والحجرة، فما سألوه عن شيء إلا أخبرهم وزادهم مثله أو أكثر، ثم قال: إخوانكم، فخرجوا، ثم قال: اخرج فقل: من كان يريد أن يسأل عن العربية والشعر والغريب من الكلام فليدخل، فخرجت فآذنتهم فدخلوا حتى ملؤوا البيت والحجرة، فما سألوه عن شيء إلا أخبرهم به وزادهم مثله، ثم قال: إخوانكم فخرجوا، قال أبو صالح: فلو أنَّ قريشًا كلها فخرت بذلك لكان فخرًا، فما رأيت مثل هذا لأحد من الناس. وقال طاوس وميمون بن مهران: ما رأينا أورع من ابن عمر ولا أفقه من ابن عباس (١) ، قال ميمون: وكان ابن عباس أفقههما. وقال شريك القاضي، عن الأعمش، عن أبي الضحى، عن مسروق قال: كنت إذا رأيت ابن عباس، قلت: أجمل الناس، فإذا نطق، قلت: أفصح الناس، فإذا تحدث، قلت: أعلم الناس (٢) . وقال يعقوب بن سفيان: حدّثنا أبو النعمان، حدّثنا حماد بن زيد، عن الزبير بن الحارث، عن عكرمة قال: كان ابن عباس أعلمهما بالقرآن، وكان علي أعلمهما بالمبهمات (٣) . وقال إسحاق بن راهويه: إنما كان كذلك، لأن ابن عباس كان قد أخذ ما عند علي من التفسير، وضم إلى ذلك ما أخذه عن أبي بكر وعمر وعثمان وأبيّ بن كعب وغيرهم من كبار الصحابة. مع دعاء رسول اللَّه ﷺ له أن يعلمه اللَّه الكتاب. وقال أبو معاوية: عن الأعمش، عن أبي وائل شقيق بن سلمة قال: خطب ابن عباس وهو على الموسم فافتتح سورة البقرة، فجعل يقرأها ويفسرها فجعلت أقول ما رأيت ولا سمعت كلام رجل مثله، لو سمعته فارس والروم لأسلمت (٤) . وقد روى أبو بكر بن عياش: عن عاصم بن أبي النجود، عن أبي وائل: أن ابن عباس حج بالناس عام قتل عثمان، فقرأ سورة النور وذكر نحو ما تقدم، فلعل الأول كان في زمان علي فقرأ في تلك الحجة سورة البقرة، [وفي فتنة عثمان سورة النور، واللَّه أعلم] .
(١) طبقات ابن سعد (٢/ ٢٦٦) والمعرفة والتاريخ (١/ ٤٩٦) وذكره الذهبي في السير (٣/ ٣٥٠). (٢) أنساب الأشراف (٣/ ٣٠). (٣) طبقات ابن سعد (٢/ ٣٦٧). (٤) أنساب الأشراف (٣/ ٣٨) والمستدرك (٣/ ٥٣٧) وحلية الأولياء (١/ ٢٩٤).

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