Mujahid a dit : « Je n’ai jamais vu son pareil. Le jour où il est mort, il était bel et bien le grand savant (ḥibr) de cette communauté » – en parlant d’Ibn ʿAbbās (1).
Abou Bakr ibn Abī Shaybah et d’autres ont rapporté, d’après Abū Usāma, d’après al-Aʿmach, d’après Mujahid, qu’il dit : « Ibn ʿAbbās était appelé ‘la mer’ à cause de l’abondance de son savoir (2). »
Al-Wāqidī et al-Zubayr ibn Bakkār ont rapporté, d’après Mujahid, qu’il déclara : « Ibn ʿAbbās était le plus grand d’entre eux en stature, le plus généreux dans son hospitalité, et le plus vaste en science. » Mujahid a également dit : « Je n’ai jamais vu personne parler un arabe plus pur qu’Ibn ʿAbbās. »
ʿAmr ibn Dīnār a affirmé : « Je n’ai jamais vu d’assemblée plus complète pour tout bienfait que son assemblée — en parlant d’Ibn ʿAbbās — puisqu’on y discutait du licite et de l’illicite, de l’exégèse du Coran, de la langue arabe, de la poésie et de la nourriture. »
Muḥammad ibn Saʿd (3) a relaté : « ʿAffān ibn Muslim nous a dit, Sullaym ibn Akhḍar nous a dit, d’après Sulaymān al-Taymī — (et celui-ci m’a été rapporté par la personne qu’al-Ḥakam ibn Ayyūb (4) envoya à al-Ḥasan pour le questionner) : “Qui fut le premier à rassembler les gens dans cette mosquée le jour de ʿArafa ?” Et il répondit : “Le premier à avoir réuni les gens fut Ibn ʿAbbās. C’était un homme ‘mithaj’ — je crois que c’est le mot employé dans le ḥadīth — un homme de grand savoir. Il montait en chaire, récitait la sourate al-Baqara et l’expliquait verset par verset.” » Un autre récit analogue a également été rapporté d’al-Ḥasan al-Baṣrī.
ʿAbd Allāh ibn Muslim ibn Qutayba al-Daynūrī dit : « Sufyān a rapporté, d’Abū Bakr al-Hudhali, d’al-Ḥasan, que “Ibn ʿAbbās fut le premier à prêcher aux gens le jour de ʿArafa à Bassora. Il monta sur la chaire, récita al-Baqara et Āl ʿImrān, et les interpréta mot à mot.” » Quant au terme “mithaj” (مِثَجًا), Ibn Qutayba précisa qu’il provient de “thajj”, c’est-à-dire “couler en abondance”. Dieu le Très-Haut dit : « Nous avons fait descendre des nuées une eau qui coule abondamment » [an-Nabaʾ : 14].
Yūnus ibn Bukayr rapporte : « Abū Ḥamza ath-Thumālī nous a transmis, d’après Abū Ṣāliḥ, qui dit : “J’ai assisté à une assemblée d’Ibn ʿAbbās dont, si toute la tribu de Quraysh se réclamait, elle en tirerait fierté (5). J’ai vu les gens se rassembler devant sa porte au point d’encombrer la rue, sans que plus personne ne puisse ni entrer ni sortir. Je me suis alors rendu auprès de lui pour l’en informer. Il me dit : ‘Prépare-moi de l’eau pour les ablutions.’ Après s’être purifié, il s’assit et déclara : ‘Sors et annonce-leur : que ceux qui veulent poser des questions sur le Coran, ses lectures et ce qui en est visé, entrent.’ Je sortis puis fis l’annonce ; ils entrèrent jusqu’à remplir la maison et la cour. Il ne fut questionné sur rien sans qu’il ne leur réponde, leur apportant même davantage que ce qu’ils demandaient. Puis il leur dit : ‘Ô mes frères…’, et ils sortirent.” »