Al-Waqidî a dit : « Dâwud ibn Jubayr (1) m’a rapporté avoir entendu Ibn al-Musayyib dire : “Ibn ‘Abbâs est le plus savant des hommes” (2). »
Puis il a raconté : « ‘Abd al-Raḥmân ibn Abî al-Zinâd m’a rapporté, d’après son père, d’après ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh, qui a dit : “Ibn ‘Abbâs devançait (3) les gens par plusieurs qualités : la science qu’il avait acquise avant tous, la compétence juridique dont on recherchait son avis, sa tolérance, son noble lignage (4) et sa générosité. Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus savant que lui dans les traditions du Prophète (ﷺ) qui nous étaient parvenues, ni dans les jugements d’Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân, ni plus apte en jurisprudence et en raisonnement. Je n’ai connu personne de plus versé en poésie, en langue arabe, en exégèse du Coran, ni de plus au fait du calcul ou des obligations légales. Je n’ai jamais trouvé plus érudit quant aux faits passés, ni plus perspicace lorsque l’on avait recours à son opinion. Il lui arrivait de consacrer un jour entier à la jurisprudence, un autre à l’interprétation (ta’wîl), un autre aux récits des campagnes (maghâzî), un autre encore à la poésie, et un autre aux journées (ayâm) des Arabes. Je n’ai jamais vu un savant s’asseoir en sa présence sans s’incliner devant lui, ni un questionneur qui, l’ayant interrogé, ne trouvât auprès de lui une connaissance précise.” » Et il ajouta : « Il arrivait qu’il mémorisât un poème de sa propre bouche, de trente vers (5). »
Hishâm ibn ‘Urwah a rapporté de son père : « Je n’ai jamais vu personne semblable à Ibn ‘Abbâs. »
‘Atâ’ a dit : « Je n’ai jamais vu d’assemblée plus noble que celle d’Ibn ‘Abbâs, ni de lieu plus riche en savoir juridique ou plus imposant [par la majesté et le respect]. Les spécialistes du Coran l’interrogeaient, les lettrés de langue arabe l’interrogeaient, les connaisseurs de poésie l’interrogeaient, et tous repartaient rassasiés d’un vaste savoir (6). »
Al-Waqidî a également rapporté : « Bishr ibn Abî Muslim, d’après Ibn Ṭâwûs, d’après son père, a dit : “Ibn ‘Abbâs s’est élevé (7) au-dessus des gens en science, tout comme le palmier élancé domine les jeunes pousses (8).” »
Layth ibn Abî Sulaym a dit : « J’ai demandé à Ṭâwûs : “Pourquoi t’es-tu attaché à ce jeune homme — c’est-à-dire Ibn ‘Abbâs — en délaissant les éminents Compagnons ?” Il répondit : “J’ai vu soixante-dix Compagnons ; lorsqu’ils étaient en désaccord sur un sujet, ils finissaient par s’en remettre à son opinion (9).” »
Ṭâwûs a également dit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus compétent que lui en jurisprudence. Et quiconque n’était pas d’accord avec lui, il ne le laissait pas avant de l’amener à reconnaître son point de vue. »
‘Alî ibn al-Madînî, Yaḥyâ ibn Ma‘în, Abû Na‘îm et d’autres ont rapporté, d’après Sufyân ibn ‘Uyaynah, d’après Ibn Abî Najîḥ, d’après