Al-Hasan ibn ʿArfah a rapporté : « Yahyâ ibn al-Yamân nous a narré, d’après ʿAbd al-Malik ibn Abî Sulaymân, d’après Saʿîd ibn Jubayr, d’après ʿUmar, que ce dernier déclara à Ibn ʿAbbâs : “Tu as acquis une science dont nous ne disposions pas.” (1) ».
Al-Awzâʿî a dit : « ʿUmar affirma à Ibn ʿAbbâs : “Tu es assurément le plus radieux de nos jeunes gens, le plus avisé, et le plus compétent en ce qui concerne le Livre de Dieu.” »
Mujâlid a rapporté, d’après al-Shaʿbî, d’après Ibn ʿAbbâs, que ce dernier dit : « Mon père me dit : “ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb te rapproche de lui et te fait asseoir avec les plus grands Compagnons. Retiens de moi trois recommandations : ne divulgue aucun de ses secrets, ne médit pas d’autrui en sa présence et qu’il ne découvre jamais chez toi la moindre trace de mensonge.” (2) ».
Al-Shaʿbî a raconté : « Je dis à Ibn ʿAbbâs : “Chacune de ces recommandations vaut mieux que mille.” Et Ibn ʿAbbâs de répondre : “En vérité, chacune d’elles vaut mieux que dix mille.” »
Al-Wâqidî a dit : « ʿAbd Allâh ibn al-Faḍl ibn Abî ʿAbd Allâh nous a rapporté, d’après son père, d’après ʿAtâʾ ibn Yasâr, que ʿUmar et ʿUthmân conviaient Ibn ʿAbbâs, lequel marchait aux côtés des gens de Badr. Il émit des fatwas (avis juridiques) durant le califat de ʿUmar et de ʿUthmân jusqu’au jour de sa mort. » Et j’ajoute : « Il assista à la conquête de l’Ifriqiya en l’an 27, aux côtés d’Ibn Abî Sarḥ. (3) »
Al-Zuhrî a rapporté, d’après ʿAlî ibn al-Ḥusayn, d’après son père, que ce dernier raconta : « Mon père regarda Ibn ʿAbbâs, le jour de la bataille du Chameau (al-Jamal), alors qu’il avançait entre les deux rangs de combattants, et il dit : “Puisse Dieu réjouir le regard de quiconque possède un cousin pareil.” »
Il assista aussi aux côtés de ʿAlî aux batailles du Chameau et de Ṣiffîn, et y fut émir de l’aile gauche. Il fut présent lors du combat contre les Khârijites. Il conseilla notamment à ʿAlî de maintenir Muʿâwiyah comme gouverneur de Syrie et de ne pas le démettre de ses fonctions d’emblée. Il lui dit entre autres : « Si tu tiens à le démettre, nomme-le un mois, puis écarte-le ensuite pour toujours. » Mais ʿAlî insista pour le combattre (4), et il en advint ce que l’on sait déjà.
Quand les deux parties s’accordèrent sur l’arbitrage, Ibn ʿAbbâs voulut représenter ʿAlî afin de tenir tête à ʿAmr ibn al-ʿÂṣ. Cependant, la tribu de Madhḥij et les gens du Yémen refusèrent, exigeant qu’Abû Mûsâ al-Ashʿarî soit le représentant d’ʿAlî. Il en découla ce qui est déjà connu à propos des deux arbitres.
ʿAlî le nomma gouverneur de Bassora ; il s’acquitta aussi des rites du pèlerinage au nom des gens lors de certaines années. Il prononça à ʿArafât un sermon au cours duquel il interpréta la sourate al-Baqara. Selon une autre version, il expliqua la sourate al-Nûr. Ceux qui l’entendirent dirent : « Il en donna une exégèse si approfondie que, si les Romains, les Turcs et les Daylam l’avaient entendue, ils se seraient convertis à l’islam. » (5).