Mohammad ibn ‘Abd Allâh al-Ansârî a dit : « Mohammad ibn ‘Amr ibn ‘Alqamah nous a rapporté, d’après Abû Salamah, d’après Ibn ‘Abbâs : “J’ai trouvé que la majeure partie de la science du Messager de Dieu (ﷺ) était chez ce groupe d’Anṣâr. Je faisais parfois la sieste devant la porte de l’un d’entre eux, et si j’avais voulu qu’on m’autorisât à entrer, cela m’aurait été accordé. Toutefois, je cherchais plutôt à gagner sa bonne disposition.” »(1)
Et Mohammad ibn Sa‘d (2) a dit : « Mohammad ibn ‘Umar nous a rapporté, en disant : Qudâmah ibn Mûsâ m’a relaté d’après Abû Salamah al-Ḥaḍramî, qui a dit : “J’ai entendu Ibn ‘Abbâs déclarer : ‘Je restais constamment auprès des grands Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) parmi les Émigrés et les Anṣâr. Je les interrogeais au sujet des campagnes (maghâzî) du Messager de Dieu (ﷺ), et sur la part du Coran révélée à ce propos. Je ne m’adressais à aucun d’entre eux sans qu’il ne se réjouisse de ma visite, en raison de mon lien de parenté avec le Messager de Dieu (ﷺ). Un jour, je me mis à interroger Ubayy ibn Ka‘b – qui figurait parmi ceux dont la science est solidement établie – au sujet de ce qui fut révélé du Coran à Médine. Il me répondit : ‘Vingt-sept sourates y ont été révélées, et le reste à La Mecque.’” »
Aḥmad a dit, d’après ‘Abd al-Razzâq, d’après Ma‘mar : « La plupart du savoir d’Ibn ‘Abbâs provient de trois personnes : ‘Umar, ‘Alî et Ubayy ibn Ka‘b. » Tâwûs rapporte qu’Ibn ‘Abbâs déclara : « Pour une seule question, j’interrogeais jusqu’à trente Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ). » Al-Mughîrah a dit, d’après al-Sha‘bî : « On demanda un jour à Ibn ‘Abbâs : “Comment as-tu acquis ce savoir ?” Il répondit : “Par une langue toujours en quête (de réponses) et un cœur réfléchi.” »
Il est également rapporté qu‘Umar ibn al-Khaṭṭâb faisait asseoir Ibn ‘Abbâs en compagnie des grands Compagnons et s’exclamait : « ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs est un excellent interprète du Coran ! » Et lorsqu’il arrivait, ‘Umar disait : « Voici le jeune parmi les vieillards, doté d’une langue qui interroge et d’un cœur intelligent. »(3)
Il est établi dans le Ṣaḥîḥ(4) qu’Umar interrogea les Compagnons au sujet de l’interprétation du verset : « Lorsque vient le secours de Dieu et la victoire » [An-Naṣr, 1]. Certains d’entre eux gardèrent le silence, d’autres avancèrent une explication qui ne satisfit pas ‘Umar. Puis ce dernier s’adressa à Ibn ‘Abbâs, qui répondit : « Ce verset annonce la fin de la vie du Messager de Dieu (ﷺ). » ‘Umar déclara alors : « Je n’en sais pas plus que ce que tu en sais. » Il voulait ainsi confirmer devant eux l’éminente valeur d’Ibn ‘Abbâs et sa grande aptitude au savoir et à la compréhension.
Enfin, ‘Umar l’interrogea un jour au sujet de la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) : Ibn ‘Abbâs déduisit qu’elle correspondait à la septième nuit des dix dernières nuits de Ramaḍān. ‘Umar approuva cette conclusion et la jugea pertinente, comme nous l’avons mentionné dans le Tafsîr.(5)