Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et ath-Thawrî rapporta, selon Abû Bakr, d’après ‘Ikrima, qu’il a dit : « Ar-Rass est un puits dans lequel ils ont mis (enterré) leur prophète, c’est-à-dire qu’ils l’y ont enseveli. » Ibn Jurayj rapporta également qu’‘Ikrima avait dit : « Les gens d’Ar-Rass étaient à Falaj et ce sont les Compagnons de Yâ-Sîn. » Quant à Qatâda, il commenta : « Falaj est l’une des localités du Yamâma. »

Je dis : « S’il s’agissait réellement des gens de Yâ-Sîn, comme l’a prétendu ‘Ikrima, ils auraient tous péri, car Dieu – Exalté soit-Il – a dit à leur sujet : « Il n’y eut qu’un seul Cri, et les voilà éteints. » (Yâ-Sîn, 29). Leur histoire sera d’ailleurs évoquée plus loin. Mais si ce n’était pas eux – ce qui paraît le plus vraisemblable –, alors ils furent également anéantis et détruits. Dans tous les cas, cela contredit ce qu’a mentionné Ibn Jarîr. »

Abû Bakr Muhammad ibn al-Hasan an-Naqqâch relate que le peuple d’Ar-Rass disposait d’un puits qui leur fournissait de l’eau en abondance et couvrait tous les besoins de leurs terres. Ils avaient un roi juste et de bonne conduite. Lorsqu’il mourut, ils en furent profondément affligés. Or, quelques jours plus tard, Satan leur apparut sous les traits de ce roi et leur dit : « Je ne suis pas mort, je me suis simplement éclipsé pour voir comment vous alliez vous comporter. » Ils s’en réjouirent vivement, et sur son ordre, on dressa un rideau entre lui et eux. Il leur révéla ensuite qu’il ne mourrait jamais. La majorité d’entre eux le crut, s’en trouva troublée et finit par l’adorer. Alors Dieu envoya parmi eux un Prophète qui les informa qu’il s’agissait en réalité de Satan s’adressant à eux derrière le rideau. Il leur interdit de l’adorer et leur ordonna d’adorer Dieu, l’Unique, sans associé.

As-Suhaylî précise que ce Prophète recevait la Révélation en songe et qu’il s’appelait Hanzala ibn Safwân. Alors, ses concitoyens se liguèrent contre lui, le tuèrent et le jetèrent dans le puits. Aussitôt, l’eau s’y tarit, ils souffrirent de la soif alors qu’auparavant ils étaient abreuvés, leurs arbres se desséchèrent, leurs récoltes furent détruites, leurs demeures abandonnées. Ils passèrent de l’aisance à la désolation, de l’unité à la division, et ils périrent tous jusqu’au dernier. Les djinns et les bêtes sauvages s’installèrent alors dans leurs habitations, si bien que l’on n’entend plus, dans leurs contrées, que les cris des djinns, le rugissement des lions et le hurlement des hyènes.

Quant au récit rapporté (je veux dire par Ibn Jarîr), d’après Muhammad ibn Humayd, d’après Salama, d’après Ibn Ishâq, d’après Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî, il rapporte que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Les premières personnes qui entreront au Paradis au Jour de la Résurrection seront un serviteur noir. » Il expliqua que Dieu – Exalté soit-Il – avait envoyé un Prophète aux habitants d’un village, mais aucun d’entre eux ne crut en lui sauf ce serviteur noir. Plus tard, les gens du village se jetèrent sur ce Prophète, creusèrent un puits pour l’y précipiter, puis le recouvrirent d’une pierre totalement hermétique.

Le serviteur noir, lui, allait ramasser du bois sur son dos, le vendait, puis achetait nourriture et boisson qu’il apportait à ce puits. Il soulevait cette lourde pierre – Dieu l’y aidait – et faisait descendre la nourriture et la boisson à son Prophète, avant de reposer la pierre comme elle était. Il agissait ainsi aussi longtemps que Dieu le voulut. Un jour néanmoins, il partit ramasser du bois comme d’habitude, et après avoir fagoté son bois et l’avoir attaché, il voulut le charger sur son dos mais fut soudain pris de somnolence. Il s’allongea donc pour dormir et Dieu l’endormit profondément pendant sept ans. À son réveil, il s’étira, se tourna de l’autre côté, et Dieu le fit à nouveau s’endormir sept autres années. Lorsqu’il se remit finalement debout, il ramassa son fagot, croyant n’avoir dormi qu’une heure à peine, et se rendit au village, y vendit son bois, puis acheta sa nourriture et sa boisson comme à l’accoutumée. Ensuite il se dirigea de nouveau vers le puits

وقال الثوري: عن أبي بكر، عن عكرمة، قال: الرَّسُّ بئر رسُّوا فيها نبيّهم، أي: دفنوه فيها. وقال ابن جُرَيْج: قال عكرمة: أصحابُ الرَّسِّ بفَلَج، وهم أصحاب يس. وقال قتادة: فَلج: من قرى اليمامة. قلت: فإن كانوا أصحاب يس كما زعمَه عكرمة، فقد أُهلكوا بعامَّة، قال الله تعالى في قصتهم: ﴿إِنْ كَانَتْ إِلَّا صَيْحَةً وَاحِدَةً فَإِذَا هُمْ خَامِدُونَ﴾ [يس: ٢٩] وستأتي قصَّتُهم بعد هؤلاء، وإن كانوا غيرَهم -وهو الظاهر- فقد أُهلكوا أيضًا وتُبِّروا. وعلى كل تقديرٍ فيُنافي ما ذكرَه ابن جرير. وقد ذكرَ أبو بكر محمد بن الحسن النَّقَّاش: أنَّ أصحابَ الرَّسِّ كانت لهم بئر ترويهم، وتكفي أرضَهم جميعها، وكان لهم مَلِكٌ عادلٌ حَسَنُ السِّيرة، فلما ماتَ وجدوا عليه وَجْدًا عظيمًا، فلما كان بعد أيام تصوَّر لهم الشيطان في صورته، وقال: إني لم أمتْ، ولكنْ تغيَّبتُ عنكم حتى أرى صنيعَكم، ففرحوا أشدَّ الفَرح، وأمر بضربِ حجابٍ بينهم وبينَه، وأخبرَهم أنَّه لا يموتُ أبدًا، فصدَّق به أكثرُهم، وافتتنوا به وعبدوه، فبعثَ الله فيهم نبيًّا وأخبرَهم أنَّ هذا شيطانٌ يُخاطبهم من وراء الحجاب، ونهاهم عن عبادِته وأمرهم بعبادة الله وحدَه لا شريك له. قال السهيلي: وكان يُوحى إليه في النوم، وكان اسمه حنظلة بن صفوان، فعدوا عليه فقتلُوه وألقَوه في البئر، فغارَ ماؤُها، وعطشو ا بعد ريِّهم، ويَبِسَتْ أشجارُهم، وانقطعتْ ثمارُهم، وخربت ديارُهم، وتبدّلوا بعد الأنس بالوحشة، وبعد الاجتماع بالفرقة، وهلكوا عن آخرهم وسكنَ في مساكنهم الجنُّ والوحوش، فلا يُسمع ببقاعهم إلا عزيف الجن وزئير الأسود، وصوتُ الضِّباع. فأما ما رواه -أعني ابن جرير- عن محمد بن حميد، عن سلمة، عن ابن إسحاق، عن محمد بن كعب القرظي، قال: قال رسول الله ﷺ : "إنَّ أوَّل الناس يدخل الجنَّة يوم القيامة العبدُ الأسود" . وذلكَ أنَّ الله تعالى بعثَ نبيًا إلى أهل قرية، فلم يؤمنْ به من أهلها إلا ذلك الأسود. ثم إنَّ أهلَ القرية عَدَوْا على النبيِّ فحفروا له بئرًا فألقوه فيها، ثم أطبقوا عليه بحجر أصمّ. قال: فكان ذلك العبدُ يذهبُ فيحتطبُ على ظهره، ثم يأتي بحطبه فيبيعه ويشتري به طعامًا وشرابًا، ثم يأتي به إلى ذلك البئر فيرفع تلك الصخرة، ويُعينه الله عليها، ويُدلِّي إليه طعامه وشرابه، ثم يردُّها كما كانت. قال: فكان كذلك ما شاء الله أن يكون. ثم إنه ذهبَ يومًا يحتطبُ كما كان يصنعُ، فجمعَ حطبَه، وحزمَ حِزْمته، وفرغَ منها، فلما أراد أن يحملها وجد سنةً، فاضطجعَ ينامُ، فضربَ الله على أذنه سبعَ سنين نائمًا، ثمّ إنَّه هبَّ فتمطَّى، وتحوَّل لشقِّه الآخر، فاضطجعَ فضربَ الله على أذنه سبعَ سنين أخرى، ثم إنَّه هبَّ واحتملَ حزمته ولا يحسبُ أنه نام إلا ساعة من نهار، فجاء إلى القرية فباعَ حزمته، ثم اشترى طعامًا وشرابًا كما كان يصنع. ثم إنه ذهبَ

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