Comme s’il ignorait al-‘Abbās, nous sortîmes alors de chez lui, et il dit (1) : « N’ai-je pas vu ton cousin se détourner de moi ? » Je répondis : « Il y avait auprès de lui un homme qui s’entretenait avec lui. » ‘Affān rapporta qu’il dit (2) : « Y avait-il vraiment quelqu’un auprès de lui ? » Je répondis : « Oui. » Il retourna donc auprès de lui et dit : « Ô Messager de Dieu, y avait-il quelqu’un avec toi (3) ? Car ‘Abd Allāh m’a informé qu’un homme était avec toi et parlait en secret. » Le Prophète demanda : « L’as-tu vu, ‘Abd Allāh ? » Je répondis : « Oui. » Il dit : « C’était Gabriel (que la paix soit sur lui). »
Il est également rapporté, d’après al-Mahdī, par ses pères, qu’au cours de ce récit, le Messager de Dieu (ﷺ) lui dit : « Quant à toi, tu seras affligé dans ta vue » (4). Et il en fut ainsi. Un autre récit similaire a aussi été transmis ; Dieu seul sait tout.
[Mention d’une autre manière dont il vit Gabriel]
Qutaybah la relate, d’après ad-Darāwardī, d’après Thawr ibn Zayd, d’après Mūsā ibn May-sarah : al-‘Abbās envoya son fils ‘Abd Allāh porter un message au Messager de Dieu (ﷺ). Celui-ci trouva auprès du Prophète un homme, alors il s’en retourna sans lui adresser la parole à cause de la présence de cet individu. Plus tard, al-‘Abbās rencontra le Messager de Dieu (ﷺ) et lui dit : « Ô Messager de Dieu, j’ai envoyé mon fils vers toi, mais il t’a trouvé en compagnie d’un homme. Il n’a donc pas pu s’adresser à toi et a rebroussé chemin. » Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : « Ô oncle, sais-tu qui était cet homme ? » Al-‘Abbās répondit : « Non. » Le Prophète (ﷺ) dit : « C’était Gabriel. Ton fils ne mourra pas avant de perdre la vue et de recevoir la connaissance (5). » Sulaymān ibn Bilāl l’a également rapporté selon Thawr ibn Zayd, et il en existe d’autres chaînes de transmission. De nombreux hadiths ont été rapportés sur ses vertus, dont certains sont fort discutables ; nous les avons écartés et n’avons retenu que ce qui est suffisant et convaincant.
Al-Ḥāfiẓ Abū Bakr al-Bayhaqī (6) dit : « Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés, ‘Abd Allāh ibn al-Ḥasan al-Qāḍī à Marw m’a dit, al-Ḥārith ibn Muḥammad nous a rapporté, Yazīd ibn Hārūn nous a transmis, Jarīr ibn Ḥāzim, d’après Ya‘lā ibn Ḥakīm, d’après ‘Ikrimah, d’après Ibn ‘Abbās : Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) quitta ce monde, je dis à un homme des Anṣār : “Viens, allons interroger les Compagnons du Messager de Dieu car ils sont nombreux aujourd’hui.” Il me répondit : “Quelle chose étonnante de ta part, ô fils d’al-‘Abbās ! Penses-tu que les gens auront besoin de toi alors qu’il reste encore parmi eux des Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) ?” » Ibn ‘Abbās poursuit : « Je ne tins pas compte de cela et je me consacrai à interroger les Compagnons du Messager de Dieu (ﷺ). Lorsqu’un hadith me parvenait au sujet de quelqu’un, j’allais devant sa porte à l’heure de la sieste ; j’étendais mon manteau et je m’allongeais sur le seuil tandis que le vent soulevait la poussière sur moi. À sa sortie, il me voyait et disait : “Ô cousin du Messager de Dieu ! Qu’est-ce qui t’amène ici ? Ne pouvais-tu pas m’envoyer quelqu’un pour que je vienne à toi ?” Je lui répondais : “Non, c’est plutôt à moi de venir à toi.” Je l’interrogeais alors sur le hadith qu’il détenait. » Ibn ‘Abbās conclut : « Cet Anṣārī vécut assez longtemps pour me voir entouré de gens qui m’interrogeaient à leur tour et il disait : “Ce jeune homme était plus avisé que moi.” »