Il était bienfaisant envers ses parents, assidu dans le jeûne et la prière nocturne. Par Dieu, le Messager d’Allah (ﷺ) nous a informés : « Il sortira de la tribu de Thaqîf deux trompeurs, dont le second sera pire que le premier, et ce sera le destructeur (al-mubîr). » C’est ainsi qu’Ahmad l’a rapporté selon cette chaîne de narration et avec ce libellé.
Muslim l’a également consigné dans son « Ṣaḥîḥ » (1), dans le Livre des Vertus, d’après ‘Uqbah ibn Mukram al-‘Ammî al-Baṣrî, d’après Ya‘qūb ibn Isḥāq al-Ḥaḍramî, d’après al-Aswad ibn Shaybān, d’après Abū Nawfal, d’après Asmā’ bint Abī Bakr, qui a rapporté que le Messager d’Allah (ﷺ) a dit : « En vérité, il y a dans (la tribu) de Thaqîf un menteur et un destructeur. » Le ḥadith contient un long récit à propos de la mort d’al-Ḥajjāj et de l’histoire de son fils ‘Abd Allāh, en l’an soixante-treize, comme on le verra.
Al-Bayhaqî rapporte également ce ḥadith dans son ouvrage « Dalāʼil al-Nubuwwah » (2). Les savants ont expliqué que le menteur (al-kadhdhāb) est al-Mukhtār ibn Abī ‘Ubayd. Il extériorisait un attachement au chiisme tout en dissimulant des pratiques de divination. Il confiait à ses fidèles qu’il recevait une révélation, sans qu’on sache clairement s’il prétendait à la prophétie ou non. On lui avait érigé un siège qu’on entourait d’honneurs ; il était couvert de soie, transporté sur des mules, et rappelait l’arche des Enfants d’Israël mentionnée dans le Coran. Il ne fait aucun doute qu’il était égaré et qu’il égara d’autres personnes, et Allah soulagea les musulmans de lui après qu’il eut servi d’outil pour châtier d’autres injustes, conformément à la parole du Très-Haut : « C’est ainsi que Nous plaçons certains injustes au pouvoir sur d’autres, à cause de ce qu’ils ont acquis » [al-Anʿām : 129]. Quant au « destructeur » (al-mubîr), il s’agit d’al-Ḥajjāj ibn Yūsuf al-Thaqafî, commandant en Irak au service de ‘Abd al-Malik ibn Marwān, et qui arracha l’Irak à Muṣ‘ab ibn al-Zubayr, comme on l’expliquera bientôt.
Al-Wāqidī (3) rapporte que, jusqu’à l’arrivée de Muṣ‘ab à Baṣra au début de l’an soixante-sept, al-Mukhtār prétendait publiquement soutenir Ibn al-Zubayr. Puis il se rebella contre Muṣ‘ab, qui marcha contre lui et le combattit. Al-Mukhtār disposait alors d’environ vingt mille hommes. Lors d’un premier assaut, il l’emporta sur Muṣ‘ab, mais l’armée d’al-Mukhtār ne tint pas ; elle se rendit en grand nombre auprès de Muṣ‘ab, délaissant al-Mukhtār et lui reprochant sa divination et ses mensonges. Quand al-Mukhtār perçut cela, il se retira dans le palais du gouvernement. Muṣ‘ab l’y assiégea quatre mois, puis le tua le quatorzième jour de Ramaḍān de l’an soixante-sept. On raconte qu’il avait alors soixante-sept ans (4).
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Lorsque Muṣ‘ab ibn al-Zubayr se fut installé à Kūfa, il écrivit à Ibrāhīm ibn al-Ashtar pour qu’il vienne à lui. De même, ‘Abd al-Malik ibn Marwān le somma de se rendre à sa cour (5). Ibrāhīm ibn al-Ashtar resta indécis et consulta ses compagnons quant à la direction qu’il devait prendre. Finalement, ils s’accordèrent à regagner leur pays, celui de Kūfa. Ibrāhīm ibn al-Ashtar arriva donc auprès de Muṣ‘ab ibn al-Zubayr, qui l’accueillit chaleureusement et lui témoigna grands honneurs.