La terre, après que la Torah y fut révélée, mise à part la cité dont les habitants furent métamorphosés en singes... Ne vois-tu pas que Dieu, exalté soit-Il, déclare : « Nous avons certes donné à Moïse le Livre après avoir anéanti les premières générations » (Al-Qasas, 43) ?
Al-Bazzâr en a rapporté une version qu’il considérait reliée (marfû‘), mais la position la plus probable – et Dieu sait mieux – est qu’elle doit être considérée comme suspendue (mawqûf). Cela indique que toute nation fut détruite de façon générale avant Moïse – que la paix soit sur lui. Parmi elles figurent les Gens du Rass.
Dieu, exalté soit-Il, dit dans la sourate Al-Furqân : « Et les ‘Âd, et les Thamoud, et les Gens du Rass, et de nombreuses générations entre ceux-là (38). À chacun d’eux Nous avons donné des exemples, et Nous les avons tous anéantis d’une ruine totale (39) » (Al-Furqân, 38-39).
Il dit également dans la sourate Qâf : « Avant eux, le peuple de Noé, les Gens du Rass et les Thamoud avaient déjà crié au mensonge (12), ainsi que les ‘Âd, Pharaon et les frères de Loth (13), et les Gens de l’Aïka et le peuple de Tubba‘ ; tous traitèrent (leurs) messagers de menteurs, et Ma menace s’est donc réalisée (14) » (Qâf, 12-14). Ce passage, de même que le précédent, montre qu’ils furent anéantis, détruits et réduits à néant : tel fut leur châtiment. Cela contredit par conséquent le choix d’Ibn Jarîr (1), qui estimait qu’il s’agissait des « Gens du Fossé » (Ashâb al-Ukhdûd) mentionnés dans la sourate Al-Burûj, car, d’après Ibn Isḥâq et d’autres, ceux-ci vécurent après le Messie – que la paix soit sur lui –, ce qui pose également question.
Ibn Jurayj rapporta qu’Ibn ‘Abbâs disait : « Les Gens du Rass sont les habitants d’un village parmi les villages de Thamoud » (2).
Le grand ḥâfiẓ Abû al-Qâsim Ibn ‘Asâkir mentionne, au début de son Histoire (Târîkh), lors de l’évocation de la fondation de Damas (3), en s’appuyant sur l’Histoire d’Abû al-Qâsim ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Khurdâdhbih, entre autres, que les Gens du Rass habitaient Ḥaḍûr (4). Dieu leur envoya donc un prophète nommé Ḥanẓala ibn Ṣafwân : ils le traitèrent de menteur et le mirent à mort. C’est alors que ‘Âd ibn ‘Awṣ ibn Iram ibn Sâm ibn Noé partit avec ses descendants, quittant le Rass pour s’installer dans la région des Aḥqâf. Dieu anéantit les Gens du Rass, et ceux-ci se dispersèrent ensuite dans tout le Yémen, puis se répandirent sur l’ensemble de la terre. Finalement, Jîrûn ibn Sa‘d ibn ‘Âd ibn ‘Awṣ ibn Iram ibn Sâm ibn Noé s’établit à Damas, y construisit la cité et la nomma Jîrûn, identifiée à Iram aux colonnes élevées. Il n’existe pas d’endroit comptant plus de colonnes de pierre que Damas. Puis Dieu envoya Hûd ibn ‘Abd Allâh ibn Rabâḥ ibn Khâlid ibn al-Khulûd ibn ‘Âd à la tribu des ‘Âd, c’est-à-dire aux descendants de ‘Âd dans la région des Aḥqâf. Ils le traitèrent de menteur, et Dieu les fit périr. Cela impliquerait que les Gens du Rass vécurent bien avant les ‘Âd, et Dieu sait mieux.
Ibn Abî Ḥâtim rapporte, d’après Abû Bakr ibn Abî ‘Âṣim, lui-même le tenant de son père, transmise par Shabîb ibn Bishr, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs, que : « Ar-Rass est un puits situé en Adharbayjân. »