Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La tête de Ḥuṣayn ibn Numayr et de ceux qui l’accompagnaient fut envoyée à Ibn al-Zubayr à La Mecque, qui ordonna de les exposer sur la passe d’al-Ḥajūn (1). Auparavant, on les avait déjà exposées à Médine et al-Mukhtâr, confiant de son pouvoir, s’imaginait n’avoir plus aucun ennemi ni rival. Mais lorsque Ibn al-Zubayr vit sa fourberie, son mensonge et la mauvaise doctrine dont il se réclamait, il dépêcha son frère Muṣ‘ab comme gouverneur sur l’Irak. Partis pour Baṣra, ils rassemblèrent des troupes. Alors que la joie d’al-Mukhtâr n’était pas encore comblée, Muṣ‘ab ibn al-Zubayr quitta Baṣra avec une imposante armée, s’avança contre lui, le tua, lui trancha la tête et ordonna que sa main fût clouée à la porte de la mosquée. Puis Muṣ‘ab fit porter la tête d’al-Mukhtâr, par un homme de sa garde, à son frère ‘Abd Allāh ibn al-Zubayr, par service de courrier rapide (2). L’émissaire parvint à La Mecque après la prière du soir et trouva ‘Abd Allāh en train de prier des prières surérogatoires ; il ne s’interrompit pas et ne prêta aucune attention à l’homme qui apportait la tête jusqu’à l’approche de l’aube. Il lui demanda alors : « Quelle est la raison de ta venue ? » L’envoyé lui remit la lettre qu’il lut. Puis il lui dit : « Ô Commandeur des croyants, il reste la tête. » Ibn al-Zubayr répondit : « Dépose-la à la porte de la mosquée. » Ce qu’il fit, avant de revenir dire : « Ma récompense, ô Commandeur des croyants ! » Ibn al-Zubayr lui répondit : « Ta récompense est la tête que tu as apportée ; reprends-la avec toi en Irak (3). »

Le pouvoir d’al-Mukhtâr disparut donc comme s’il n’avait jamais existé (4). Les musulmans se réjouirent de sa chute, car cet homme n’était pas sincère ; il était menteur et se prenait pour un devin, prétendant recevoir la révélation par l’entremise de Gabriel. L’imam Aḥmad (5) raconte : « Ibn Numayr nous rapporta le témoignage de ‘Īsā al-Qārī Abū ‘Umar (6), qui me dit : al-Suddī me transmit de la part de Rifā‘a al-Fityānī (7) : “J’entrai chez al-Mukhtâr, il me tendit un coussin et dit : ‘Si mon frère Gabriel ne s’était pas relevé de là, je te l’aurais donné à toi.’ Alors je voulus le frapper au cou, mais je me souvins d’un ḥadīth que mon frère ‘Amr ibn al-Ḥamq m’avait rapporté, selon lequel le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : ‘Tout croyant qui accorde la sécurité à un croyant sur son sang et le tue ensuite, je me désavoue de son acte.’” »

L’imam Aḥmad (8) rapporte également : « Yahyā ibn Sa‘īd al-Qaṭṭān nous raconta d’après Ḥammād ibn Salama, qui tenait lui-même d‘Abd al-Malik ibn ‘Umayr, lequel tenait de Rifā‘a ibn Shaddād, lequel déclara : ‘Je me tenais auprès d’al-Mukhtâr et, une fois que j’eus reconnu son mensonge, j’eus envie de dégainer mon sabre pour lui trancher le cou. Mais je me souvins du ḥadīth que ‘Amr ibn al-Ḥamq nous avait appris. Il disait : “J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : ‘Qui accorde la sécurité à un homme sur sa vie et le tue, se verra confier la bannière de la traîtrise au Jour de la Résurrection.’”’ » Al-Nassā’ī et Ibn Mājah (9) l’ont également rapporté par plusieurs chaînes de transmission.

(1) ʿUqbat al-Ḥujūn : une montagne au sommet de La Mecque, où se trouvent les sépultures de ses habitants. Al-Aṣmaʿī dit : al-Ḥujūn est la montagne dominante située au pied de la mosquée al-Bayʿa, près de la vallée des bouchers. Muʿjam al-Buldān (2/225). (2) Dans al-Akhbār al-Ṭiwāl (308) : Muṣʿab a dirigé le chef des élus (al-Mukhtār) vers ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr accompagné de ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Raḥmān. (3) Il existe de légères divergences entre les différentes versions ; nous avons préféré ne pas les mentionner en raison de leur convergence dans le sens. L’exposé détaillé se trouve dans Tārīkh al-Ṭabarī (6/104), al-Akhbār al-Ṭiwāl (308), et Tārīkh Dimashq d’Ibn ʿAsākir (58/238), édition Dār al-Fikr. (4) Dans l’édition : « et ainsi des autres États ». (5) Musnad Aḥmad (5/224 et 437) ; c’est un ḥadīth authentique. (6) Dans l’édition : « Ḥaddathanī Abū ʿUmayr al-Suddī » ; altération du texte. (7) Dans l’édition : « al-Qabbānī » ; altération ; la forme correcte est celle que nous avons retenue, à savoir Rafāʿa ibn Shaddād. (8) Musnad Aḥmad (5/224) ; c’est un ḥadīth authentique. (9) Rapporté par an-Nasāʾī dans as-Siyar al-Kubrā (8739), et par Ibn Mājah (2688) dans al-Diyāt.
ورأس حصين بن نمير ومن معهما إلى ابن الزبير بمكة فأمر بهما فنصبت على عقبة الحجون (١) . وقد كانوا نصبوها بالمدينة، وطابت نفس المختار بالملك، وظن أنه لم يبق له عدو ولا منازع، فلما تبين ابن الزبير خداعه ومكره وسوء مذهبه، بعث أخاه مصعبًا أميرًا على العراق، فساروا إلى البصرة فجمع العساكر فما تم سرور المختار حتى سار إليه مصعب بن الزبير من البصرة في جيش هائل فقتله واحتز رأسه وأمر بصلب كفه على باب المسجد، وبعث مصعب برأس المختار مع رجل من الشرط على البريد (٢) ، إلى أخيه عبد اللَّه بن الزبير، فوصل مكة بعد العشاء فوجد عبد اللَّه يتنفل، فما زال يصلي حتى أسحر ولم يلتفت إلى البريد الذي جاء بالرأس، فلما كان قريب الفجر قال: ما جاء بك؟ فألقى إليه الكتاب فقرأه، فقال: يا أمير المؤمنين، بقي الرأس، فقال: ألقه على باب المسجد، فألقاه ثم جاء فقال: جائزتي يا أمير المؤمنين، فقال: جائزتك الرأس الذي جئت به تأخذه معك إلى العراق (٣) . وزالت دولة المختار كأن لم تكن (٤) ، وفرح المسلمون بزوالها، وذلك لأن الرجل لم يكن في نفسه صادقًا، بل كان كاذبًا وكاهنًا، وكان يزعم أن الوحي يأتيه على يد جبريل. قال الإمام أحمد (٥) : حدَّثنا ابن نمير، حدَّثنا عيسى القاري أبو عمر (٦) ، حدَّثني السُّدّي، عن رفاعة الفِتْيانى (٧) قال: دخلت على المختار فألقى لي وسادة وقال: لولا أن أخي جبريل قام عن هذه لألقيتها لك. قال: فأردت أن أضرب عنقه. قال: فذكرت حديثًا حدَّثنيه أخي عمرو بن الحَمق، قال قال رسول اللَّه ﷺ : "أيما مؤمن أمَّن مؤمنًا على دمه فقتله فأنا من القاتل بريء" . وقال الإمام أحمد (٨) : حدَّثنا يحيى بن سعيد القطان، عن حمّاد بن سَلَمة، حدَّثني عبد الملك بن عمير، عن رِفاعة بن شدَّاد. قال: كنت أقوم على رأس المختار فلما عرفت كذبه هممت أن أسلَّ سيفي فاضرب عنقه، فذكرت حديثًا حدثناه عمرو بن الحَمِق. قال سمعت رسول اللَّه ﷺ يقول: "من أمن رجلًا على نفسه فقتله أُعطي لواء غدر يوم القيامة" ورواه النسائي وابن ماجه (٩) من غير وجه عن
(١) عقبة الحجون: جبل بأعلى مكة عنده مدافن أهلها. .، وقال الأصمعي: الحجون هو الجبل المشرف الذي بحذاء مسجد البيعة على شعب الجزارين. معجم البلدان (٢/ ٢٢٥). (٢) في الأخبار الطوال (٣٠٨): ووجه مصعب برأس المختار إلى عبد اللَّه بن الزبير مع عبد اللَّه بن عبد الرحمن. (٣) ثمة خلافات طغيفة بين النسخ آثرنا عدم ذكرها لاشتراكها في المعنى. والخبر بطوله في تاريخ الطبري (٦/ ١٠٤) والأخبار الطوال (٣٠٨). وتاريخ دمشق لابن عساكر (٥٨/ ٢٣٨) ط: دار الفكر. (٤) في ط زيادة: وكذلك سائر الدول. (٥) مسند أحمد (٥/ ٢٢٤ و ٤٣٧) وهو حديث صحيح. (٦) في ط: حدثني أبو عمير السدي؛ تحريف. (٧) في ط: القباني؛ تحريف والصواب ما أثبتناه، وهو رفاعة بن شداد. (٨) مسند أحمد (٥/ ٢٢٤) وهو حديث صحيح. (٩) رواه النسائي في السير من الكبرى (٨٧٣٩)، وابن ماجه (٢٦٨٨) في الديات.

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