Après plusieurs mois (1), Muṣ‘ab interrogea Umm Thābit bint Sumrah ibn Jundub, l’épouse d’al-Mukhtār, à son sujet. Elle répondit : « Que pourrais-je dire de lui, sinon ce que vous en dites vous-mêmes ? » Alors il la laissa et convoqua son autre épouse, ‘Amrah bint al-Nu‘mān ibn Bashīr, à qui il demanda : « Que dis-tu de lui ? » Elle répondit : « C’était un serviteur pieux parmi les serviteurs de Dieu. » Muṣ‘ab l’emprisonna, puis écrivit à son frère affirmant qu’elle le considérait comme un prophète. Son frère lui ordonna alors de la faire sortir et de l’exécuter. On la conduisit hors de la ville, puis on la frappa à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’elle meure.
À ce propos, ‘Umar ibn Abī Rabī‘ah al-Makhzūmī composa (2) :
(3) « Il est, à mes yeux, l’une des plus grandes merveilles
Que l’on exécute ainsi une femme blanche, libre et élancée ;
Tuée sans qu’elle n’ait commis aucun crime : que Dieu la récompense, quel destin tragique !
Le meurtre et le combat nous sont prescrits,
Tandis qu’aux belles femmes il est écrit de traîner leurs robes. »
Abū Mikhnaf (6) rapporte que Muḥammad ibn Yūsuf raconta : Muṣ‘ab rencontra ‘Abd Allāh ibn ‘Umar [ibn al-Khaṭṭāb], le salua, et celui-ci lui demanda : « Qui es-tu ? » Il répondit : « Je suis ton neveu, Muṣ‘ab ibn al-Zubayr. » Ibn ‘Umar dit : « Ah, c’est donc toi qui as tué sept mille personnes de la communauté musulmane en une seule matinée ? Vis tant que tu pourras. » Muṣ‘ab rétorqua : « Ils étaient des mécréants et des sorciers. » Ibn ‘Umar s’écria : « Par Dieu, si tu avais tué le même nombre de moutons issus de l’héritage de ton père, cela aurait déjà été un gaspillage. »
Voici la notice sur al-Mukhtār ibn Abī ‘Ubayd al-Thaqafī (8). Il s’agit d’al-Mukhtār ibn Abī ‘Ubayd ibn Mas‘ūd ibn ‘Amr ibn ‘Umayr ibn ‘Awf ibn ‘Aqadah (9) ibn ‘Anazah (10) ibn ‘Awf ibn Thaqīf. Son père embrassa l’islam du vivant du Prophète (ﷺ), sans pour autant l’avoir rencontré ; c’est pourquoi la plupart des gens ne l’ont pas compté parmi les Compagnons. Il ne fut donc pas mentionné comme tel par la majorité d’entre eux, mais seulement