Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils ne montrèrent que de la faiblesse et s’écrièrent : « Descendez avec nous et combattons jusqu’au soir, afin de mourir honorablement. » Mais ils se découragèrent, tandis que lui déclara : « Par Dieu, je ne me rends pas ! » Ensuite il fit ses ablutions, se parfuma et s’embauma, puis sortit et combattit, lui et ceux qui l’accompagnaient, jusqu’à ce qu’ils fussent tous tués.(1)

Une assemblée de ses gardes (2) lui suggéra alors de s’introduire dans le palais, demeure de son autorité. Il y entra donc, blâmé et conspué. Bientôt, le décret fatal devait s’accomplir. Mus‘ab l’y assiégea avec tous ses partisans, si bien qu’ils subirent une soif extrême, qu’Allah seul sait, et que les voies et les fins leur furent restreintes. Toutes les issues de secours furent bloquées, et il ne se trouvait parmi eux ni homme avisé ni homme patient. Al-Mukhtâr se mit alors à réfléchir de toutes ses forces, à retourner la situation dans son esprit et à consulter les personnes présentes, qu’elles fussent (3) mawâlî ou serviteurs.

Et la voix du destin et de la Loi l’interpellait : « Dis : “La vérité est venue et le faux ne peut rien commencer ni renouveler.” » [Saba : 49]. Alors son courage inné se raffermit et le poussa à se séparer de ceux qui l’avaient épaulé et soutenu. Il vit qu’il valait mieux mourir à cheval, afin que sa vie s’achève sur sa monture. Il descendit donc, par fierté, colère, héroïsme et rage, sans trouver ni échappatoire ni refuge ni fuite possible. Il n’avait avec lui que dix-neuf compagnons, et peut-être, s’il avait persévéré dans la voie où il avait vécu, les dix-neuf ne l’auraient pas quitté (ils sont [ceux chargés de veiller sur Saqar]).

À sa sortie du palais, il déclara aux hommes de Mus‘ab : « Je me rends au combat (4). » Ils répondirent : « Non, seulement selon le jugement de l’émir. » Il répliqua : « Non, uniquement selon ma propre volonté, en aucune façon autrement ! » Puis il combattit avec acharnement. Deux frères, Tarfa et Tarâfa (5), fils de ‘Abdallah ibn Dajjâja de la tribu de Banû Hanîfa, avancèrent vers lui et le tuèrent près du quartier des vendeurs d’huile (az-Zayyâtîn) à Koufa. Ils tranchèrent sa tête et l’apportèrent à Mus‘ab ibn az-Zubayr, qui occupait alors le palais de l’émirat à Koufa. On déposa la tête devant lui, tout comme on avait déposé la tête d’Ibn Ziyâd devant al-Mukhtâr, [et comme on avait déposé la tête d’al-Husayn devant Ibn Ziyâd, et comme on déposera celle de Mus‘ab devant ‘Abd al-Malik ibn Marwân]. Lorsqu’on mit la tête d’al-Mukhtâr devant Mus‘ab, il leur attribua trente mille (6).

Mus‘ab avait déjà tué un groupe de partisans d’al-Mukhtâr et avait fait cinq cents prisonniers parmi eux, qu’il fit tous décapiter en un seul jour. Parmi les hommes notables de Mus‘ab, dans cette bataille, mourut Muhammad ibn al-Ash‘ath ibn Qays (7). Mus‘ab ordonna ensuite qu’on lui apportât la main d’al-Mukhtâr : on la coupa et on l’enfonça à côté de la mosquée. Elle demeura ainsi jusqu’à l’arrivée d’al-Hajjâj, qui s’enquit à son sujet. On lui répondit : « C’est la main d’al-Mukhtâr. » Il ordonna donc qu’on l’enlève. [Car al-Mukhtâr appartenait à la même tribu qu’al-Hajjâj. Or, al-Mukhtâr était le menteur, et al-Hajjâj, le Destructeur, qui de ce fait tira vengeance d’ibn az-Zubayr et le tua, puis l’exposa crucifié.]

(1) Entre parenthèses, ajout provenant de l'édition imprimée, et je n'ai pas trouvé la narration d'al-Wāqidī dans al-Ṭabarī. (2) Dans l'édition imprimée : « et il a été dit qu'il fit seulement allusion » ; le discours est cohérent sinon pour l'insertion de la narration d'al-Wāqidī. (3) Dans l'édition imprimée : « pour cette mauvaise raison dont la cause est liée par une autre cause. » (4) Dans l'édition imprimée : « et il demanda qu'on le laisse partir afin qu'il puisse se rendre en terre de Dieu. » (5) Dans l'Histoire d'al-Ṭabarī (6/108) : Ṭarrāf, et dans les conquêtes d'Ibn al-Aʿtham (2/352) : Ṭārif et Ṭarīfa. (6) Entre parenthèses, ajout provenant de l'édition imprimée. (7) Ajout dans Mūrūj al-Dhahab (3/118) : « et deux fils à lui ».
إلا ضعفًا، فانزلوا بنا حتى نقاتل حتى الليل حتى نموت كرامًا، فوهنوا، فقال أما فو اللَّه لا أعطي بيدي. ثم اغتسل وتطيب وتحنط وخرج فقاتل هو ومن معه حتى قتلوا] (١) . فأشار (٢) عليه جماعة من أساورته بأن يدخل القصر دار إمارته، فدخله وهو ملوم مذموم، وعن قريب ينفذ فيه القدر المحتوم، فحاصره مصعب فيه وجميع أصحابه حتى أصابهم من جهد العطش ما اللَّه به عليم، وضيق عليهم المسالك والمقاصد، وانسدت عليهم أبواب الحيل، وليس فيهم رجل رشيد ولا حليم، ثم جعل المختار يجيل فكرته ويكرر رويَّته في الأمر الذي قد حل به، واستشار من عنده من جهة (٣) الموالي والعبيد، ولسان القدر والشرع يناديه: ﴿قُلْ جَاءَ الْحَقُّ وَمَا يُبْدِئُ الْبَاطِلُ وَمَا يُعِيدُ﴾ [سبأ: ٤٩] ثم قوى عزمه قوة الشجاعة المركبة فيه، على أن أخرجته من بين من كان يحالفه ويواليه، ورأى أن يموت على فرسه، حتى يكون عليها انقضاء آخر نفسه، فنزل حمية وغضبًا، وشجاعة وكلبًا، وهو مع ذلك لا يجد مناصًا ولا مفرًا ولا مهربًا، وليس معه من أصحابه سوى تسعة عشر، ولعله إن كان قد استمر على ما عاش عليه أن لا يفارقه التسعة عشر [الموكلون بسقر] ولما خرج من القصر قال لأصحاب مصعب: أنا متولي (٤) - قالوا: لا إلَّا على حكم الأمير فقال: إلا على حكم نفسي أبدًا، ثم قاتل قتالًا شديدًا وتقدم إليه رجلان شقيقان أخوان، وهما طرفة وطرافة (٥) ابنا عبد اللَّه بن دجاجة من بني حنيفة، فقتلاه بمكان الزّيّاتين من الكوفة، واحتزا رأسه وأتيا به إلى مصعب بن الزبير، وقد احتل قصر الإمارة في الكوفة، فوضع بين يديه، كما وضع رأس ابن زياد بين يدي المختار، [وكما وضع رأس الحسين بين يدي ابن زياد، وكما سيوضع رأس مصعب بين يدي عبد الملك بن مروان، فلما وضع رأس المختار بين يدي مصعب أمر لهما بثلاثين ألفًا] (٦) . وقد كان مصعب قد قتل جماعة من المختارية، وأسر منهم خمسمئة أسير، فضرب أعناقهم عن آخرهم في يوم واحد، وقد قتل من عيون أصحاب مصعب في الوقعة محمد بن الأشعث بن قيس (٧) ، وأمر مصعب بكف المختار فقطعت وسمرت إلى جانب المسجد، فلم يزل هنالك حتى قدم الحجاج، فسأل عنها فقيل له: هي كف المختار، فأمر بها فرفعت وانتزعت من هنالك [لأن المختار كان من قبيلة الحجاج، والمختار هو الكذاب، والمبير الحجاج، ولهذا أخذ الحجاج بثأره من ابن الزبير فقتله وصلبه
(١) ما بين معكوفين زيادة من ط، ولم أجد رواية الواقدي في الطبري. (٢) في ط: وقيل بل أشار؛ والكلام مترابط لولا إقحام رواية الواقدي. (٣) في ط: في هذا السبب السيّئ الذي قد اتصل سببه بسببه من. (٤) في ط: وسأل أن يخلي سبيله فيذهب في أرض اللَّه. (٥) في تاريخ الطبري (٦/ ١٠٨): طرَّاف، وفي الفتوح لابن الأعثم (٢/ ٣٥٢) طارف وطريفة. (٦) ما بين معكوفين زيادة من ط. (٧) زاد في مروج الذهب (٣/ ١١٨): وابنان له.

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