Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il confia l’administration de la province à ‘Abd Allāh b. ‘Amr b. Ghaylān b. Salama durant six mois, puis le destitua et nomma Ibn Ziyād en l’an cinquante-cinq. Lorsque Yazīd accéda au califat, il réunit sous son autorité Bassora et Koufa (1). C’est ainsi qu’il bâtit, sous l’émirat de Yazīd, le palais appelé « al-Bayḍāʾ » (la Blanche), y installa la porte du Palais Blanc ayant appartenu à Kisrā (Chosroès), et construisit également la « al-Ḥamrāʾ » (la Rouge) sur la route de al-Marbad. Il passait l’hiver dans la Rouge et l’été dans la Blanche.

On rapporte : Un homme vint trouver Ibn Ziyād et lui dit : « Qu’Allāh accorde la droiture à l’émir ! Ma femme est morte et je souhaite épouser sa mère. » Ibn Ziyād lui demanda : « Quelle est ta solde au dīwān ? » Il répondit : « Sept cents. » Ibn Ziyād dit alors à un serviteur : « Retranche-lui quatre cents. » Puis il déclara : « Trois cents te suffiront pour un tel degré de compréhension (fiqh). » (2)

On raconte également qu’Umm al-Fajī‘ (3) et son mari plaidèrent devant lui, la femme désirant se séparer de son époux. Abū al-Fajī‘ déclara : « Qu’Allāh rectifie la situation de l’émir ! La meilleure moitié de l’homme est sa dernière, et la pire moitié de la femme est sa dernière. » L’émir demanda : « Comment cela ? » Il répondit : « En vieillissant, l’homme acquiert davantage de raison, son jugement s’affermit et son ignorance disparaît. Quant à la femme, lorsqu’elle vieillit, son caractère se détériore, son intelligence diminue, son utérus devient stérile et sa langue devient plus acerbe. » L’émir répliqua : « Tu dis vrai. Emmène-la et prends congé. »

Yahyā b. Ma‘īn a rapporté qu’Ibn Ziyād accorda deux mille dirhams à Ṣafwān b. Muḥriz, mais ils furent dérobés. Il s’exclama : « Peut-être que cela sera un bien ! » Ses proches protestèrent : « Comment cela pourrait-il être un bien ? » Lorsque la nouvelle parvint à Ibn Ziyād, il ordonna qu’on lui donne de nouveau deux mille dirhams. Puis, on retrouva les deux mille premiers, de sorte qu’il en obtint quatre mille, ce qui se révéla être un bien.

Il fut demandé à Hind bt. Asmāʾ b. Khārija – qui, après lui, épousa plusieurs gouverneurs d’Irak – : « Lequel de tes époux a été le plus noble à tes yeux et le plus respectueux envers toi ? » Elle répondit : « Nul n’a honoré les femmes comme l’a fait Bishr (4) b. Marwān, et nul n’a inspiré autant de crainte aux femmes qu’al-Ḥajjāj b. Yūsuf. Pourtant, j’aimerais que le Jour de la Résurrection arrive pour pouvoir revoir ‘Ubayd Allāh b. Ziyād, me rassasier de sa conversation et le contempler » – puisqu’il fut son premier amour (5) – « bien que j’aie ensuite épousé les autres aussi. »

‘Uthmān b. Abī Shayba dit, d’après Jarīr, lui-même d’après Mughīra, d’après Ibrāhīm : « Le premier à avoir récité à voix haute les deux sourates protectrices (al-mu‘awwiḍatayn) pendant la prière (ṣalāt) prescrite fut Ibn Ziyād. » J’ai dit, et Allāh est plus savant : « Cela doit concerner Koufa, car Ibn Mas‘ūd ne les inscrivait pas dans son muṣḥaf, et les fuqahā’ (juristes) de Koufa se référaient abondamment à ses compagnons. Allāh seul sait. »

Quant à ‘Ubayd Allāh b. Ziyād, il se caractérisait par une audace et une témérité extrêmes dans le fait de verser le sang, et il exécuta un très grand nombre de personnes. Il était violent et prompt à se lancer dans des affaires qui ne le concernaient guère (6). Il est établi dans le ḥadith rapporté par Abū Ya‘lā et par Muslim (7), tous deux le tenant de Shaybān b. Farrūkh, d’après Jarīr, d’après

(1) Sa place dans al-A, M : ensuite Yazīd a réuni Koufa avec Bassora. (2) De sa parole : « Puis, lorsque Ziyād mourut... » jusqu’ici, déjà mentionné dans al-A, nous avons préféré le conserver en raison de sa pertinence. (3) Dans l’édition : al-Fujayj ; ce qui est attesté dans al-A et dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq. (4) Dans l’édition : Bashīr ; ce qui est attesté dans al-A, M et dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq. (5) Dans l’édition : « wa kāna atā ʿidhāratahā ». (6) De sa parole : « à verser le sang... » jusqu’ici, omis dans l’édition et remplacé par : « et se précipiter vers ce qui n’est pas permis ». (7) Ṣaḥīḥ Muslim n° (1830) concernant l’émirat.
وولّى عليها عبد اللَّه بن عمرو بن غيلان بن سلمة ستة أشهر، ثم عزله وولّى عليها ابن زياد سنة خمس وخمسين. فلما تولى يزيد الخلافة جمع له بين البصرة والكوفة (١) ، فبنى في إمارة يزيد البيضاء، وجعل باب القصر الأبيض الذي كان لكسرى عليها. وبنى الحمراء وهي على سكة المربد، فكان يشتي في الحمراء ويصيف في البيضاء. قالوا: وجاء رجل إلى ابن زياد فقال: أصلح اللَّه الأمير، إن امرأتي ماتت، وإني أريد أن أتزوج أمها، فقال له: كم عطاؤك في الديوان؟ فقال: سبعمئة، فقال: يا غلام حطَّ من عطائه أربعمئة، ثم قال له: يكفيك من فقهك هذا ثلاثمئة (٢) . قالوا: وتخاصمت أم الفجيع (٣) وزوجها إليه وقد أحبت المرأة أن تفارق زوجها، فقال أبو الفجيع: أصلح اللَّه الأمير إن خير شطري الرجل آخره، وإن شر شطري المرأة آخرها، فقال: وكيف ذلك؟ فقال: إن الرجل إذا أسن اشتد عقله واستحكم رأيه وذهب جهله، وإن المرأة إذا أسنت ساء خلقها وقل عقلها وعقم رحمها واحتد لسانها، فقال: صدقت خذ بيدها وانصرف. وقال يحيى بن معين: أمر ابن زياد لصفوان بن محرز بألفي درهم فسرقت، فقال: عسى أن يكون خيرًا، فقال أهله: كيف يكون هذا خيرًا؟ فبلغ ذلك ابن زياد فأمر له بألفين آخرين، ثم وجد الألفين المسروقتين فصارت أربعة آلاف فكان خيرًا. وقيل لهند بنت أسماء بن خارجة -وكانت قد تزوجت بعده أزواجًا من نواب العراق- من أعزُّ أزواجك عندك وأكرمهم عليك؟ فقالت: ما أكرم النساء [أحد] إكرام بشر (٤) بن مروان، ولا هاب النساء هيبة الحجاج بن يوسف، ووددت أن القيامة قد قامت فأرى عبيد اللَّه بن زياد وأشتفي من حديثه والنظر إليه -وكان أبا عذارتها (٥) - وقد تزوجت بالآخرين أيضًا. وقال عثمان بن أبي شيبة: عن جرير، عن مغيرة، عن إبراهيم قال: أول من جهر بالمعوذتين في [الصلاة] المكتوبة ابن زياد، قلت: يعني واللَّه أعلم في الكوفة، فإن ابن مسعود كان لا يكتبهما في مصحفه، وكان فقهاء الكوفة يأخذون عن كثير من أصحابه واللَّه أعلم. وقد كانت في عبيد اللَّه بن زياد جرأة وإقدام على سفك الدماء، قتل خلقًا كثيرًا جدًا وكان سفيهًا شديدًا، وكان فيه مبادرة إلى (٦) ما لا حاجة له به. ثبت في الحديث الذي رواه أبو يعلى ومسلم (٧) ، كلاهما عن شيبان بن فروخ، عن جرير، عن
(١) مكانها في أ، م: ثم جمع يزيد بين الكوفة مع البصرة. (٢) من قوله: ثم لما مات زياد. . إلى هنا متقدم في أ وآثرنا إبقاءه لمناسبته. (٣) في ط: الفجيج؛ وما أثبت عن أ ومختصر تاريخ دمشق. (٤) في ط: بشير؛ وما أثبت عن أ، م ومختصر تاريخ دمشق. (٥) في ط: وكان أتى عذارتها. (٦) من قوله: على سفك الدماء. . إلى هنا ساقط من ط، وبدله: ومبادرة إلى ما لا يجوز. (٧) صحيح مسلم رقم (١٨٣٠) في الإمارة.

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