La région de la Jazîra. Al-Bachîr affirma pourtant qu’ils se trouvaient à al-Khâzir, sur le territoire de Mossoul, puis il déclara : « Par Dieu, ô mon peuple, tu ne croiras pas tant que tu n’auras pas vu le châtiment douloureux. » Ensuite, al-Moukhtâr retourna à Koufa.
Pendant son absence, un groupe de ceux qui l’avaient combattu le jour de la bataille de Jabbanat as-Sabî‘ et d’al-Kanâsa purent prendre la fuite pour rejoindre Mus‘ab ibn az-Zoubayr, parmi lesquels figurait Chabath ibn Rib‘î. Quant à Ibn al-Ach‘thar, il envoya l’annonce de la victoire et la tête d‘Oubaid Allâh ibn Ziyâd, puis nomma un homme en poste à Naçîbîn, tout en demeurant dans cette contrée. Il envoya également des administrateurs à Mossoul, prit Sinjâr et Dârâ ainsi que les régions attenantes de la Jazîra.
Abou Ahmed al-Hâkim déclara : « Oubaid Allâh ibn Ziyâd fut tué le jour de ‘Âchourâ’ de l’an soixante-six (66) de l’Hégire, mais la bonne opinion est qu’il mourut en l’an soixante-sept (67). »
Sourâqa ibn Mirdâs al-Bâriqî, faisant l’éloge d’Ibn al-Ach‘thar pour avoir tué Ibn Ziyâd, composa ces vers :
« Il est venu à vous, ce jeune homme issu des nobles lignées de Madh’hij,
Audacieux face à l’ennemi, sans jamais faillir.
Ô Ibn Ziyâd, subis donc le plus grand de tes maux,
Et goûte l’acéré des deux lames affûtées !
Nous t’avons frappé de l’épée tranchante,
Car, si nous avons perdu un homme, alors nous prenons ta tête en retour.
Que Dieu récompense la milice de Dieu pour le bien qu’elle accomplit,
Car hier, elle a apaisé mon ressentiment envers Oubaid Allâh. »
[Voici la notice sur Ibn Ziyâd] : Il s’agit de Oubaid Allâh ibn Ziyâd ibn ‘Oubaid, connu sous le nom d’Ibn Ziyâd ibn Abî Soufyân. On l’appelle également Ziyâd ibn Abîh (fils de son père) et Ibn Somayya, et il gouverna l’Irak à la suite de son père, Ziyâd. Ibn Ma‘în mentionne qu’on le nommait aussi Oubaid Allâh ibn Marjâna, la mère de laquelle on rapporte qu’elle était d’origine zoroastrienne. Sa kunya (surnom) était Abou Hafs. Après la mort de Yazîd ibn Mu‘âwiya, il vécut à Damas, où il possédait une demeure près du Daymâs (la prison), connue plus tard comme la maison d’Ibn ‘Ajlân.
On rapporte d’après Ibn ‘Asâkir, citant Abou al-‘Abbâs Ahmed ibn Younous ad-Dabî, qu’il est né en l’an trente-neuf (39). Ibn ‘Asâkir signale qu’il rapporta des hadiths de Mu‘âwiya, Sa‘d ibn Abî Waqqâs et Ma‘qil ibn Yasâr, tandis qu’al-Hassan al-Basrî et Abou al-Milîh ibn Oussa ma transmirent de lui.
Abou No‘aym al-Fadhl ibn Doukayn ajoute : « On raconte qu’au moment où Oubaid Allâh ibn Ziyâd tua al-Hussein, il avait vingt-huit ans. » Je (l’auteur) précise : d’après ce calcul, il serait né en l’an trente-trois (33). Dieu est plus savant.
Ibn ‘Asâkir rapporte également que Mu‘âwiya avait écrit à Ziyâd en disant : « Envoie-moi ton fils ! » Lorsqu’il arriva devant lui, Mu‘âwiya l’interrogea sur toutes sortes de sujets auxquels il répondit parfaitement, jusqu’à ce qu’il l’interroge au sujet de la poésie, qu’il ignorait totalement. Mu‘âwiya lui demanda : « Qu’est-ce qui t’a empêché d’apprendre la poésie ? » Il répondit : « Ô Prince des Croyants, j’ai refusé de remplir ma poitrine de la parole du Diable en plus de la parole de Dieu. » Mu‘âwiya répondit alors