Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn al-Kalbî (1) rapporte que l’Mukhtâr requit de la famille de Ja‘da ibn Hubayra le siège sur lequel ‘Alî avait coutume de s’asseoir. Ceux-ci répondirent : « Nous ne possédons rien de ce dont parle l’émir. » Il insista tant et si bien qu’ils comprirent que s’ils lui apportaient n’importe quel siège, il l’accepterait. Ils lui apportèrent donc un siège provenant de l’une des maisons en disant : « Le voici. » Alors sortirent Shibâm, Shâkir et les autres chefs des partisans de l’Mukhtâr (2), et ils l’avaient enveloppé de soie et de brocart.

Abû Mikhnaf raconta que le premier à avoir été le gardien (sâdin) de ce siège fut Mûsâ ibn Abî Mûsâ al-Ash‘arî ; cependant, les gens le lui reprochèrent, et il le remit à Hawshab al-Bursumî, qui en fut le détenteur jusqu’à la mort de l’Mukhtâr – que Dieu le flétrisse. Il est rapporté que l’Mukhtâr prétendait ignorer la grande vénération qu’accordaient ses partisans à ce siège.

À ce sujet, A‘shâ Hamdân a dit :

« Je témoigne contre vous que vous êtes des Saba’iyya,
et je sais bien, ô “police” de l’idolâtrie, qui vous êtes.
Je jure que votre siège ne renferme aucune sakîna,
même si vous l’avez enveloppé de maintes couvertures,
et qu’il n’est pas pour nous semblable à l’Arche,
même si Shibâm, Nahd et Khârif l’entourent.
Pour ma part, je suis un homme qui a aimé la famille de Muhammad
et suivi la Révélation consignée dans les feuillets du Coran.
J’ai suivi ‘Abd Allâh quand les Quraysh, leurs vieillards et leurs notables
se rallièrent à lui. » (3)

Quant à al-Mutawakkil al-Laythî, il dit : « Fais savoir à Abû Ishâq, si tu le rencontres (4), que je renie votre siège. Shibâm saute autour de ses montants, et Shâkir lui porte la “révélation”, tandis que leurs yeux, rougis tout autour, ressemblent à des pois chiches en pleine ébullition. » (5)

Je dis donc : de tels récits et d’autres du même acabit témoignent de la faiblesse (6) de l’Mukhtâr et de ses adeptes, de son manque de connaissances et de l’ampleur de son ignorance, de son piètre discernement, de la manière dont il propageait des inepties auprès de ses partisans, usant de la ressemblance entre l’erreur et la vérité afin d’égarer les esprits simples et de rassembler autour de lui la foule ignorante (7) et le commun du peuple.

(1) Nasab Ma‘ad wa al-Yaman al-Kabir, pp. 195-196, auteur : Muhammad Firdaws al-‘Aẓam. (2) Dans l’édition : Rû’us al-Mukhtārīyah, ainsi que ce qu’a rapporté (A), et l’ajout de al-Ṭabarī pour rendre le sens cohérent. (3) Les vers se trouvent dans l’Histoire de al-Ṭabarī (6/83-84) et dans Ibn al-‘Athīr (3/325), le premier vers figurant dans Ansāb al-Ashrāf (5/242). أبلغ شبامًا وأبا هانئٍ … أني بِكُرْسِيِّهم كافر « J’informe Shibām et Abū Hānī… que je suis mécréant selon leur siège. » Il n’en a cité aucun autre. (4) Dans (A) : Āl Jafna, ce qui est conforme ici à al-Ṭabarī. (5) Dans (A) : "comme si elles étaient les menstrues présentes", ce passage est conforme ici à al-Ṭabarī et Ibn al-‘Athīr. (6) Dans l’édition : « manque de raison ». (7) Dans l’édition : « ignorants ».
وذكر ابن الكلبي (١) أن المختار طلب من آل جعدة بن هبيرة الكرسي الذي كان علي يجلس عليه فقالوا: ما عندنا شيء مما يقول الأمير، فألح عليهم حتى علموا أنهم لو جاؤوا بأي كرسي كان، لقَبِله منهم، فحملوا إليه كرسيًا من بعض الدور فقالوا: هذا هو. فخرجت شبام وشاكر وسائر رؤوس أصحاب المختار (٢) وقد عصبوه بالحرير والدّيباج. وحكى أبو مخنف: أن أول من سَدَن هذا الكرسي موسى بن أبي موسى الأشعري، ثم إن الناس عتبوا عليه في ذلك، فدفعه إلى حَوشب البُرسُمي، وكان صاحبه، حتى هلك المختار قبَّحه اللَّه. ويروى أن المختار كان يُظهر أنه لا يعلم بما يعظم أصحابه هذا الكرسي، وقد قال في هذا الكرسي أعشى همدان: [من الطويل] شهدتُ عليكمْ أنكمْ سبئيةٌ … وأني بكم يا شُرْطةَ الشِّرْكِ عارفُ وأقسِمُ ما كُرْسِيُّكمْ بسكينةٍ … وإنْ كانَ قد لُفَّتْ عليه اللّفائفُ وأنْ ليس كالتابوتِ فينا وإنْ سَعَتْ … شِبَامٌ حوالَيهِ ونَهْدٌ وخارفُ وإني امرؤٌ أحببتُ آلَ محمدٍ … وتابعتُ وحيًا ضُمِّنتهُ المصاحفُ وتابعتُ عبد اللَّه لمّا تتابعتْ … عليه قريشٌ شمطها والغطارفُ (٣) وقال المتوكل اللَّيثي: أبلغْ أبا إسحاقَ إن جئته (٤) … أني بكرسيِّكم كافِرُ تنزوا شِبَامٌ حولَ أعوادِهِ … وتحمل الوحيَ لهُ شاكرُ محمرَّةً أعينهم حولَهُ … كأنهنّ الحِمَّصُ الحادرُ (٥) قلت: هذا وأمثاله مما يدل على ضعف (٦) المختار وأتباعه، وقلة علمه وكثرة جهله، ورداءة فهمه، وترويجه الباطل على أتباعه وتشبيهه الباطل بالحق ليضل به الطغام، ويجمع عليه جهلة الرعاع (٧) والعوام.
(١) نسب معد واليمن الكبير (٢/ ١٩٥ - ١٩٦) ت: محمد فردوس العظم. (٢) في ط: رؤوس المختارية، وما أثبت عن (أ) والطبري والزيادة منه ليستقيم المعنى. (٣) الأبيات في تاريخ الطبري (٦/ ٨٣ - ٨٤) وابن الأثير (٣/ ٣٢٥) والبيت الأول في أنساب الأشراف (٥/ ٢٤٢). أبلغ شبامًا وأبا هانئٍ … أني بِكُرْسِيِّهم كافر ولم يذكر غيره. (٤) في أ: آل جفنة، وما هنا موافق للطبري. (٥) في أ: كأنهن الحيض الحازر، وما هنا موافق للطبري وابن الأثير. (٦) في ط: قلة عقل. (٧) في ط: جهال.

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