Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils (devaient) se rendre à Wādī al-Qurā afin de nous servir de renfort dans le combat contre les Syriens. Alors, al-Mukhtār équipa trois mille hommes sous le commandement de Churaḥbīl ibn Wars al-Hamdānī, dont seulement sept cents étaient des Arabes. Il lui dit : « Marche jusqu’à ce que tu entres dans la ville. Une fois que tu y seras entré, écris-moi pour que je t’envoie mes instructions. » En réalité, il voulait s’emparer de Médine aux dépens d’Ibn al-Zubayr. Il projetait ensuite de se diriger vers La Mecque afin d’y assiéger Ibn al-Zubayr.

Ibn al-Zubayr crut qu’al-Mukhtār avait envoyé cette armée par ruse. Il dépêcha donc al-‘Abbās ibn Sahl ibn Sa‘d al-Sā‘idī à la tête de deux mille hommes, avec ordre de recourir à l’aide des Bédouins, et lui recommanda : « S’ils se montrent obéissants à mon autorité, tant mieux ; sinon, use de ruse contre eux jusqu’à ce que tu les détruises. » Al-‘Abbās ibn Sahl partit et rencontra Ibn Wars à ar-Raqīm, où celui-ci se trouvait avec son armée. Ils se retrouvèrent auprès d’un point d’eau et al-‘Abbās demanda : « N’êtes-vous pas soumis à l’autorité d’Ibn al-Zubayr ? » Ibn Wars répondit : « Bien sûr. » Al-‘Abbās poursuivit : « Il m’a ordonné de me rendre à Wādī al-Qurā pour combattre les Syriens qui s’y trouvent. » Alors, Ibn Wars déclara : « Pour ma part, je n’ai pas reçu l’ordre de t’obéir. Je dois d’abord pénétrer dans la ville, puis écrire à mon chef ; ensuite, j’agirai selon ses ordres. » Al-‘Abbās comprit l’intention d’Ibn Wars, sans rien lui montrer, et se contenta de dire : « Ton opinion est la meilleure. Fais comme bon te semble. »

Puis al-‘Abbās quitta Ibn Wars et leur envoya du bétail, des moutons et de la farine, d’autant plus qu’ils étaient dans le besoin ; la faim les tenaillait. Ils se mirent alors à abattre les bêtes, à cuisiner, à pétrir et à manger au bord de ce point d’eau. Quand vint la nuit, al-‘Abbās ibn Sahl les attaqua à l’improviste. Il tua leur émir et un groupe d’entre eux, environ soixante-dix hommes, et fit de nombreux prisonniers, dont la plupart furent ensuite exécutés. Seul un petit nombre d’entre eux retourna auprès d’al-Mukhtār et dans leurs contrées, la mort dans l’âme.

Abū Mikhnaf rapporte qu’Abū Yūsuf lui raconta qu’al-‘Abbās ibn Sahl les accabla en proclamant :

« Je suis le fils de Sahl, un cavalier qui jamais ne faiblit,
Un vaillant guerrier, prompt à frapper lorsque le bélier recule.
Je terrasse la tête de Ṭirmaḥ, le héros, de mon épée,
Le jour de la terreur, jusqu’à ce qu’il s’écroule. » (1)

Lorsque cette nouvelle parvint à al-Mukhtār, il s’adressa à ses compagnons en disant : « Les fauteurs de révolte, gens d’infamie, ont tué les hommes vertueux, bons et pieux. Sachez que c’était un destin inéluctable et un décret déjà scellé. » Puis il envoya, par l’intermédiaire de Ṣāliḥ ibn Mas‘ūd al-Khash‘amī, une lettre à Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya où il mentionnait avoir dépêché une armée à Médine pour le soutenir, et que l’armée d’Ibn al-Zubayr avait trahi les siens. Il concluait : « Si tu estimes que j’envoie une nouvelle armée à Médine et que tu délègues tes messagers afin de les appeler à toi, fais-le. »

Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya lui répondit : « Après quoi, sache que ce que je souhaite par-dessus tout, c’est que l’on obéisse à Dieu en toute chose, publique ou secrète. Craignez donc Dieu dans ce que vous proclamez et dans ce que vous cachez. Sache aussi que si j’avais voulu faire la guerre, j’aurais trouvé les gens prompts à me soutenir et j’aurais disposé de nombreux alliés. Mais j’ai choisi de me tenir à l’écart et de patienter jusqu’à ce que Dieu statue en ma faveur, car Il est le Meilleur des juges. » Puis il dit à Ṣāliḥ ibn Mas‘ūd : « Dis à al-Mukhtār de craindre Dieu et de cesser de verser le sang. »

Quand il prit connaissance de la réponse de Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya, al-Mukhtār déclara : « J’ai ordonné de rassembler ce qui est bien et aisé, et de rejeter tout ce qui relève de la mécréance et de la trahison. » (2)

Ibn Jarīr (3), se fondant sur les récits d’al-Madā’inī et d’Abū Mikhnaf, rapporte qu’Ibn al-Zubayr [...] prit alors pour cible Ibn al-Ḥanafiyya et dix-sept autres

(1) Dans al-Ṭabarī : yankhaḍil. (2) L’expression d’al-Ṭabarī est : « J’ai ordonné une injonction qui réunit la bonté et la modération, et qui élimine l’incroyance et la perfidie. » (3) Histoire d’al-Ṭabarī (vol. 6, pp. 75-76) ; ce récit se retrouve également chez Ibn al-ʿAthīr (vol. 4, p. 249) et dans al-Futūḥ d’Ibn al-ʿAthm (vol. 2, p. 302).
القرى ليكونوا مددًا لنا على قتال الشاميين. فجهز المختار ثلاثة آلاف عليهم شُرَحْبيل بن وَرْس الهمداني، ليس فيهم من العرب إلا سبعمئة، وقال له: سر حتى تدخل المدينة، فإذا دخلتها فاكتب إليّ حتى يأتيك أمري، وإنما يريد أخذ المدينة من ابن الزبير، ثم يركب بعد ذلك إلى مكة ليحاصر ابن الزبير بها، وخشي ابن الزبير أن يكون المختار بعث ذلك الجيش مكرًا، فبعث العباس بن سهل بن سعد الساعدي في ألفين، وأمره أن يستعين بالأعراب وقال له: إن رأيتموهم في طاعتي وإلا فكايدهم حتى تهلكهم. فأقبل العباس بن سهل حتى لقي ابن ورس بالرقيم، وقد بقي ابن ورس في جيشه، فاجتمعا على ماء هنالك، فقال له العباس: ألستم في طاعة ابن الزبير؟ فقال: بلى، قال: فإنه قد أمرني أن نذهب إلى وادي القرى فنقاتل من به من الشاميين. فقال له ابن ورس: إني لم أومر بطاعتك، وإنما أمرني أن أدخل المدينة ثم أكتب إلى صاحبي فإنه يأمرني بأمره، ففهم عباس مغزاه ولم يظهر له أنه فطن لذلك، فقال له: رأيك أفضل، فاعمل ما بدا لك. ثم نهض العباس من عنده وبعث إليهم الجزر والغنم والدقيق، وقد كان عندهم حاجة لتمديدة إلى ذلك، وجوع كثير، فجعلوا يذبحون ويطبخون ويختبزون ويأكلون على ذلك الماء، فلما كان الليل بيَّتهم عباس بن سهل فقتل أميرهم وطائفة منهم نحوًا من سبعين، وأسر منهم خلقًا كثيرًا، فقتل أكثرهم، ورجع القليل منهم [إلى المختار] وإلى بلادهم خائبين. قال أبو مخنف: فحدَّثني أبو يوسف أن عباس بن سهل انتهى إليهم وهو يقول: أنا ابنُ سهل فارسٌ غيرُ وَكَلْ … أروَعُ مِقْدامٌ إذا الكبشُ نَكَل وأَعْتلي رأسَ الطِّرِمَّاح البطلْ … بالسّيفِ يومَ الرَّوعِ حتى ينجدل (١) فلما بلغ خبرهم المختار قام في أصحابه خطيبًا فقال: إن الفجار الأشرار قتلوا الأبرار الأخيار، ألا إنه كان أمرًا مأتيًّا، وقضاء مقضيًا. ثم كتب إلى محمد بن الحنفية مع صالح بن مسعود الخثعمي: كتابًا يذكر فيه أنه بعث إلى المدينة جيشًا لنصرته فغدر بهم جيش ابن الزبير، فإن رأيت أن أبعث جيشًا آخر إلى المدينة وتبعث من قبلك رسلًا إليهم فافعل، فكتب إليه ابن الحنفية: أما بعد فإن أحب الأمور كلها إليّ ما أطيع اللَّه فيه، فأطع اللَّه فيما أعلنت وأسررت، واعلم أني لو أردت القتال لوجدت الناس إليّ سراعًا، والأعوان لي كثرة، ولكني أعتزلهم وأصبر حتى يحكم اللَّه لي وهو خير الحاكمين. وقال لصالح بن مسعود: قل للمختار فليتق اللَّه وليكفَّ عن الدماء. فلما انتهى إليه كتاب محمد بن الحنفية قال: إني قد أمرت بجمع البر واليسر، وبطرح الكفر والغدر (٢) . وذكر ابن جرير (٣) من طريق المدائني وأبي مخنف: أن ابن الزبير عمد إلى ابن الحنفية وسبعة عشر
(١) في الطبري: ينخزل. (٢) عبارة الطبري: أني قد أمرت بأمر يجمع البرّ واليسير ويطرح الكفر والغدر. (٣) تاريخ الطبري (٦/ ٧٥ - ٧٦) والخبر أيضًا في ابن الأثير (٤/ ٢٤٩) والفتوح لابن الأعثم (٢/ ٣٠٢).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies