Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Arrivé au palais – c’est-à-dire à son retour du combat –, il fut interpellé à haute voix par Suraqa ibn Mirdas, qui se trouvait parmi les prisonniers. Suraqa lui adressa alors ces vers :

« Fais-moi grâce, aujourd’hui, ô meilleur descendant de Ma‘add,
Toi, le meilleur de ceux qui ont séjourné à Shiḥr et à al-Janad,
Et le meilleur de ceux qui ont répondu (à l’appel), jeûné et prié. »

Il (le gouvernant) l’envoya ensuite en prison, où il fut détenu une nuit avant d’être libéré le lendemain. Alors Suraqa s’avança vers al-Mukhtâr, en disant :

« Ô Abou Ishâq, que je te raconte :
Nous avons bondi dans un élan qui nous a dépassés,
Nous sommes sortis sans accorder la moindre importance aux faibles ;
Notre sortie fut arrogance et faute.
Nous les voyions peu nombreux sur leurs rangs,
Pourtant ils se révélaient tels des montagnes lorsque nous nous affrontâmes.
Nous nous sommes avancés dès que nous les avons aperçus,
Mais lorsqu’ils se portèrent à notre rencontre,
Nous avons vu chez eux des coups et des assauts,
Des coups d’estoc précis, si bien que nous avons battu en retraite.
Chaque jour tu as reçu un soutien dans ta lutte contre ton ennemi,
Par chacune de tes troupes qui pleuraient le martyre d’al-Husayn,
Comme le secours accordé à Muhammad le jour de Badr,
Et le jour de la vallée, quand il rencontra les forces à Hunayn.
Sois donc clément, maintenant que tu détiens le pouvoir ;
Car si nous l’avions détenu, nous aurions été injustes et aurions commis des excès.
Accepte mon repentir, car je te remercierai de considérer la libération comme une dette. »

Suraqa ibn Mirdas se mit ensuite à jurer qu’il avait vu les anges combattre, chevauchant des chevaux gris pommelés entre le ciel et la terre, et que seul l’un d’eux l’avait fait prisonnier. Al-Mukhtâr ordonna alors qu’il monte en chaire pour informer la population de cela. Suraqa monta donc sur le minbar et fit son récit devant tous. Lorsque Suraqa redescendit, al-Mukhtâr le prit à part et lui dit : « Je sais déjà que tu n’as vu aucun ange ; en réalité, tu voulais simplement… »

(1) Dans A : « toute trace de main ».\n(2) Dans al-Ṭabarī : « et il vaut mieux avoir répondu par l'inspiration et s'être prosterné », et les vers sont aussi dans le Dīwān de Sarāqa ibn Mardās (74).\n(3) Dans al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr : « Ne pas atteindre ».\n(4) Dans al-Ṭabarī et Ibn al-Athīr : « et une inspiration ».\n(5) Dans al-Ṭabarī : « al-Dubbī ».\n(6) Dans al-Ṭabarī : « Nous avons affronté d'eux des coups violents ».\n(7) Seulement dans A : « jusqu'à ce que nous soyons arrivés ».\n(8) Dans Ṭ : « Kathība » (avec un ṯāʾ).\n(9) Dans al-Futūḥ d'Ibn al-Aʿtham (2/32) :\n« Les chevaux galopaient, ô élu, galopaient ... À chaque bataillon tu as tué Ḥusayn\nTu as vaincu ton ennemi chaque jour ... Avec tous les Ḥaḍārima, aucun affront n'a été subi »\n(10) Seulement dans A : « alors réussis » ; ce qui est attesté par les sources.\n(11) Dans al-Futūḥ d'Ibn al-Aʿtham : « avec magnanimité lorsque nous avons pu, sinon nous aurions ».\n(12) Dans A : « l'alliance », dans Ṭ : « le pardon » ; ce qui est attesté en b, al-Ṭabarī, Ibn al-Athīr, ainsi que les vers dans le Dīwān de Sarāqa (76‑77).
إلى القصر -يعني منصرفه من القتال- ناداه سُراقةُ بن مِرْداس بأعلى صوته وكان في الأسرى. امننْ علىَّ اليومَ يا خَيْرَ مَعَدْ … وخَيْرَ من حَلَّ بشِحْرٍ والجَنَدْ (١) وخَيْرَ من لبَّى وصام وسَجَد (٢) قال: فبعثه إلى السجن فاعتقله ليلة ثم أطلقه من الغد، فأقبل إلى المختار وهو يقول: ألا أخبرْ (٣) أبا إسحاقَ أنا … نزونا نَزْوةً كانت علينا خَرَجْنا لا نرى الضعفاءَ شيئًا … وكان خُرُوجنا بَطَرًا وشَينا (٤) نراهم في مصافِّهمُ قليلًا … وهم مثلُ الرُّبا (٥) حين التقينا برزْنا إذْ رَأيْناهُمْ فلما … رأينا القومَ قد برزوا إلينا رأينا (٦) منهمُ ضربًا وطحنًا … وطعنًا صائبًا حتى انثنينا (٧) نُصِرْتَ على عدوكَ كُلَّ يومٍ … بكلِّ كتيبةٍ (٨) تنعى حُسَيْنا (٩) كنصر محمدٍ في يومِ بدرٍ … ويومَ الشِّعْبِ إذْ لاقى حُنَيْنا فأَسجح (١٠) إذ ملكتَ فلو ملكنا (١١) … لجرنا في الحكومة واعتدينا تقبل توبةً مني فإني … سأشكرُ إذْ جعلتَ النَّقدَ دينا (١٢) وجعل سراقة بن مرداس يحلف أنه رأى الملائكة تقاتل على الخيول البلق بين السماء والأرض، وأنه لم يأسره إلا واحد من أولئك الملائكة، فأمره المختار أن يصعد المنبر فيخبر الناس بذلك. فصعد المنبر فأخبر الناس بذلك، فلما نزل خلابه المختار فقال له: إني قد عرفت أنك لم تر الملائكة، وإنما أردت
(١) في أ: كل مسح بالجند. (٢) في الطبري: وخير من لبّى وحيّا وسجد، والأبيات أيضًا في ديوان سراقة بن مرداس (٧٤). (٣) في الطبري وابن الأثير: ألا أبلغ. (٤) في الطبري وابن الأثير: وحينا. (٥) في الطبري: الدُّبي. (٦) في الطبري: لقينا منهم ضربًا طلحفًا. (٧) في أ وحدها: حتى انتهينا. (٨) في ط: كثيبة -بالثاء-. (٩) في الفتوح لابن الأعثم (٢/ ٣٢): زففت الخيل يا مختار زفًّا … بكل كتيبة قتلت حسينا نصرت على عدوك كل يوم … بكل حضارم لم يلق شينا (١٠) في أ وحدها: فانجح؛ وما أثبت موافق للمصادر. (١١) في الفتوح لابن الأعثم: فصفحًا إذ قدرت فلو قدرنا. (١٢) في أ: العقد، وفي ط: العفو؛ وما أثبت عن ب والطبري وابن الأثير والأبيات في ديوان سراقة (٧٦ - ٧٧).

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