Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Mukhtâr avait appris qu’ils se rendaient auprès de Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya [ce qu’il trouva déplaisant, car il craignait qu’il ne le démente au sujet de ce qu’il avait rapporté de lui, n’ayant reçu aucune autorisation de sa part]. (1) Il songea alors à partir avant leur retour et se mit à leur tenir un discours en rimes, comme le faisaient les devins, [puis les événements se déroulèrent conformément à ce qu’il avait ainsi “prédit”]. (1)

Lorsque ceux-ci revinrent, ils informèrent al-Mukhtâr des propos d’Ibn al-Ḥanafiyya. Dès lors, la détermination des chiites pour sortir aux côtés d’al-Mukhtâr ibn Abī ʿUbayd s’affermit.

Abū Mikhnaf rapporte (2) que les chefs chiites dirent à al-Mukhtâr : « Sache que tous les émirs (dirigeants) de Kūfa sont du côté de ʿAbd Allāh ibn Muṭīʿ et qu’ils s’allient contre nous. Or, si Ibrāhīm ibn al-Ashtar an-Nakhaʿī te prête seul allégeance, il nous dispensera de l’aide de tous les autres. » Al-Mukhtâr envoya donc vers lui plusieurs personnes pour l’inviter à se joindre à eux et venger al-Ḥusayn, en lui rappelant les mérites antérieurs de son père auprès de ʿAlī (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Ibrāhīm répondit : « Je vous accorde ce que vous demandez, à condition d’être moi-même responsable de vos affaires. » Ils répliquèrent : « Cela est impossible, car le Mahdī nous a envoyé al-Mukhtâr pour être son vizir et celui qui nous appelle à lui. » Ibrāhīm se tut, et ils s’en retournèrent informer al-Mukhtâr. Après trois jours, ce dernier se rendit en compagnie de plusieurs notables auprès d’Ibrāhīm. À son entrée, Ibrāhīm se leva, l’honora et s’assit avec lui. Al-Mukhtâr l’invita à entrer dans leur cause et lui présenta une lettre au nom de Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya, l’exhortant à rejoindre ses compagnons chiites pour soutenir la Famille du Prophète (ﷺ) et venger al-Ḥusayn.

Ibrāhīm ibn al-Ashtar dit : « Pour ma part, j’ai reçu de Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya d’autres lettres, qui n’ont pas la même teneur. » Al-Mukhtâr répondit : « Chaque époque a ses circonstances. » Ibrāhīm demanda : « Qui peut attester qu’il s’agit de sa lettre ? » Plusieurs partisans d’al-Mukhtâr s’avancèrent pour en témoigner. Alors Ibrāhīm se leva de son siège, fit asseoir al-Mukhtâr à sa place et lui prêta allégeance. Il fit ensuite apporter des fruits et une boisson de miel. Al-Shaʿbī raconte : « J’étais présent ce jour-là, en compagnie de mon père, lorsque tout cela se passa avec Ibrāhīm ibn al-Ashtar. Quand al-Mukhtâr s’en fut parti, Ibrāhīm me dit : “Ô Shaʿbī, que penses-tu de ces témoignages ?” Je lui répondis : ‘Ce sont des lecteurs (du Coran), des émirs, des notables ; je ne les vois pas témoigner de ce dont ils ne seraient pas sûrs.’ Je gardai toutefois pour moi les soupçons que j’éprouvais à leur égard ; mais je désirais qu’ils s’engagent afin de venger al-Ḥusayn, partageant leur point de vue.” Par la suite, Ibrāhīm se rendit régulièrement chez al-Mukhtâr avec ceux de son peuple qui lui obéissaient. Les chiites convinrent alors de sortir dans la nuit du jeudi, la quatorzième nuit écoulée [de Rabīʿ al-Awwal] (3) de l’an soixante-six.

Lorsque Ibn Muṭīʿ apprit ce qui se tramait et la concertation menée par les chiites, il dépêcha la police (ash-shurṭa) dans chaque quartier de Kūfa et enjoignit chaque notable de surveiller son secteur afin d’empêcher toute sortie. Dans la nuit du mardi, Ibrāhīm ibn al-Ashtar partit directement en direction de la demeure d’al-Mukhtâr, suivi d’une centaine d’hommes de son clan, portant leurs cottes de mailles sous leurs manteaux. En chemin, il rencontra Iyās ibn Muḍārib, qui lui dit : « Où vas-tu donc, Ibn al-Ashtar, à une heure pareille ? Ton attitude me paraît bien suspecte ! Par Dieu, je ne te laisserai pas avant de t’avoir mené auprès de l’émir, qui décidera de ton sort. » Ibrāhīm saisit alors la lance d’un des hommes présents et le frappa en pleine gorge, le faisant tomber. Il donna ensuite l’ordre de lui trancher la tête, puis continua sa route.

(1) Le texte entre parenthèses est omis par A. (2) At-Tārīkh d'Al-Ṭabarī (6/15). (3) Le texte entre parenthèses est omis par A et Ṭ, il figure dans B et correspond à Al-Ṭabarī (6/18).
خلقه، وقد كان المختار بلغه مخرجهم إلى محمد بن الحنفية [فكره ذلك وخشي أن يكذِّبه فيما أخبر به عنه، فإنه لم يكن بإذن محمد ابن الحنفية] (١) وهمّ بالخروج قبل رجوع أولئك، وجعل يسجع لهم سجعًا من سجع الكهان بذلك، [ثم كان الأمر على ما سجع به] (١) فلما رجعوا أخبروه بما قال ابن الحنفية، فعند ذلك قوي أمر الشيعة على الخروج مع المختار بن أبي عبيد. وقد روى أبو مخنف (٢) أن أمراء الشيعة قالوا للمختار: اعلم أن جميع أمراء الكوفة مع عبد اللَّه بن مطيع وهم إلب علينا، وإنه إن بايعك إبراهيم بن الأشتر النخعي وحده أغنانا عن جميع من سواه. فبعث إليه المختار جماعة يدعونه إلى الدخول معهم في الأخذ بثأر الحسين، وذكّروه سابقة أبيه مع علي (رضي الله عنه) ، فقال: قد أجبتكم إلى ما سألتم، على أن أكون أنا ولي أمركم، فقالوا: إن هذا لا يمكن، لأن المهدي قد بعث لنا المختار وزيرًا له وداعيًا إليه، فسكت عنهم إبراهيم بن الأشتر، فرجعوا إلى المختار فأخبروه، فمكث ثلاثًا ثم خرج في جماعة من رؤوس أصحابه إليه، فدخل على ابن الأشتر فقام إليه واحترمه وأكرمه وجلس إليه، فدعاه إلى الدخول معهم، وأخرج له كتابًا على لسان ابن الحنفية يدعوه إلى الدخول مع أصحابه من الشيعة فيما قاموا فيه من نصرة آل بيت النبي ﷺ ، والأخذ بثأر الحسين. فقال ابن الأشتر: إنه قد جاءتني كتب محمد ابن الحنفية بغير هذا النظام، فقال المختار: إن هذا زمان وهذا زمان، فقال ابن الأشتر: فمن يشهد أن هذا كتابه؟ فتقدم جماعة من أصحاب المختار فشهدوا بذلك، فقام ابن الأشتر من مجلسه وأجلس المختار فيه وبايعه، ودعا لهم بفاكهة وشراب من عسل. قال الشعبي: وكنت حاضرًا أنا وأبي أمر إبراهيم بن الأشتر. ذلك المجلس، فلما انصرف المختار قال لي إبراهيم بن الأشتر: يا شعبي ما ترى فيما شهد به هؤلاء؟ فقلت: إنهم قرَّاء وأمراء ووجوه الناس، ولا أراهم يشهدون إلا بما يعلمون، قال: وكتمته ما في نفسي من اتِّهامهم، ولكني كنت أحب أن يخرجوا للأخذ بثأر الحسين، وكنت على رأي القوم. ثم جعل إبراهيم يختلف إلى المختار في منزله هو ومن أطاعه من قومه، ثم اتفق رأي الشيعة على أن يكون خروجهم ليلة الخميس لأربع عشرة ليلة خلت [من ربيع الأول] (٣) من هذه السنة - سنة ست وستين. وقد بلغ ابن مطيع أمر القوم وما اشتوروا عليه، فبعث الشرط في كل جانب من جوانب الكوفة وألزم كل أمير أن يحفظ ناحيته من أن يخرج منها أحد، فلما كان ليلة الثلاثاء خرج إبراهيم بن الأشتر قاصدًا إلى دار المختار في مئة رجل من قومه، وعليهم الدروع تحت الأقبية، فلقيه إياس بن مضارب فقال له: أين تريد يابن الأشتر في هذه الساعة؟ إن أمرك لمريب، فواللَّه لا أدعك حتى أحضرك إلى الأمير فيرى فيك رأيه، فتناول ابن الأشتر رمحًا من يد رجل فطعنه في ثغرة نحره فسقط، وأمر رجلًا فاحتز رأسه، وذهب
(١) ما بين معكوفين ساقط من أ. (٢) تاريخ الطبري (٦/ ١٥). (٣) ما بين معكوفين ساقط من أ، ط، وهو في ب وموافق للطبري (٦/ ١٨).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies