Il possédait une vaste science, s’appliquait avec zèle à l’adoration et était doué de raison. Il reprochait à son père d’avoir pris parti aux côtés de Muʿāwiya. Il était corpulent et lisait les deux Livres : le Coran et la Torah (1). On rapporte aussi qu’il pleura jusqu’à ce que ses yeux en fussent altérés (2).
On raconte qu’il déclara : « Je suis entré auprès du Prophète ﷺ et il me dit : “Ô ʿAbd Allāh, ne m’a-t-on pas informé que tu te chargais de passer tes nuits à prier et tes journées à jeûner ?” J’ai répondu : “Oui, je le fais.” Alors il me dit : “Il te suffit de jeûner trois jours par mois”, puis il poursuivit jusqu’à dire : “Le meilleur jeûne est celui de Dāwūd : il jeûnait un jour et rompait le lendemain” » (3).
Muʿāwiya le nomma ensuite gouverneur de Kūfa (4), puis le démit au profit d’al-Mughīra ibn Shuʿba. Il mourut cette année-là en Égypte, ou bien à La Mecque, ou encore en Syrie (5).
Usayd ibn Zuhayr al-Anṣārī (6), présent lors de la bataille du Fossé et d’autres campagnes, mourut à Médine.
ʿAbd Allāh ibn Masʿada al-Fazārī (7), Compagnon, s’installa à Damas. On l’appelait « Le maître des armées » parce qu’il commandait les expéditions contre les Byzantins. Yazīd l’envoya à la tête des troupes de Damas lors de l’expédition de Ḥarra. On raconte aussi qu’il faisait partie des captifs de Fazāra et que le Prophète ﷺ l’avait offert à Fāṭima, qui l’affranchit ensuite.
Saʿīd ibn Mālik ibn Baḥdal (8), frère de Ḥassān, exerça le gouvernement de la Jazīra et de Qinassrīn pour Yazīd ibn Muʿāwiya.
(1) Ahmad a rapporté dans son Musnad (2/222) et Abū Nu‘aym dans Al-Ḥilya (1/286) d'après le hadith d'ʿAbdullāh ibn ʿAmr que le Messager de Dieu (paix et bénédictions sur lui) lui a dit : « Tu lis les deux livres : la Torah et le Furqān », et il les récita. Sa chaîne de transmission est bonne, car elle provient de la narration de Qutayba ibn Sa‘īd d'Ibn Lahi‘a, lequel faisait partie de ceux qui l'ont entendu avant que ses livres ne brûlent.
(2) Dans l’édition Amī, dans Tārīkh al-Islām, on lit « ras‘at » – c’est-à-dire « elle s’est attachée » –, et dans As-Sīra : « ramasat ».
(3) Le hadith est dans le Musnad d’Imām Aḥmad (2/200), ainsi que dans les Sahīḥayn : al-Bukhārī (1975) et (6134), Muslim (1159). Ad-Dhahabī rapporte dans As-Sīra (3/91) : « Ce hadith possède des chaînes célèbres. »
(4) Dans l’édition Amī : « Et Mu‘āwiya lui confia l’Égypte après la mort de son père ». Or, selon mes recherches dans les sources de l’auteur, il n’est pas mentionné qu’ʿAbdullāh ibn ʿAmr fut gouverneur de l’Égypte pour Mu‘āwiya ; il fut désigné gouverneur de Koufa. Il en est de même dans Tārīkh al-Islām et As-Sīra.
(5) Dans l’édition Amī : « Il fut tué à La Mecque » ; ceci est une altération.
(6) Notice biographique d’Asīd ibn Zuhayr dans Ṭabaqāt Ibn Sa‘d (4/369), At-Tārīkh al-Kabīr (2/47), Al-Isti‘āb (1/95), Tārīkh ar-Rāshid (2/477 et 505), Al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (4/524), Asad al-Ghāba (1/94-95), Tahdhīb al-Kamāl (3/255-256), Tārīkh al-Islām (5/74) et Al-Iṣāba (1/123).
(7) Notice biographique d’ʿAbdullāh ibn Mas‘ada dans Tārīkh Khalīfa (209), Maghāzī al-Wāqidī (565), Al-Isti‘āb (3/987), Tārīkh ar-Rāshid (2/643 et 5/134, 334), Al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (3/376, 377, 491), Asad al-Ghāba (3/367), Tārīkh al-Islām (5/167) et Al-Iṣāba (3/987).
(8) Notice biographique de Sa‘īd ibn Mālik ibn Baḥdal dans Tārīkh Dimashq (21/291-292), édition Dār al-Fikr, Tārīkh al-Islām d’Adh-Dhahabī (4/121-122) et Tahdhīb Tārīkh Dimashq (6/173-174).