Il reçut également une grande fortune, au point qu’on la déversa sur lui en abondance, sous la forme d’une averse considérable, semblable à un essaim de sauterelles en or. Dieu lui rendit sa famille, comme Il (Exalté soit-Il) l’a dit : « Et Nous lui rendîmes sa famille et autant encore avec eux. » (Coran 21 : 84)
On rapporta à ce sujet que Dieu les ressuscita tels qu’ils étaient auparavant. D’autres dirent qu’Il le rétribua pour les siens qui étaient passés et le compensa en ce monde par d’autres, puis Il le réunit avec eux tous dans l’Au-delà. Quant à Sa Parole : « Une miséricorde venant de Nous » (21 : 84), elle signifie : « Nous avons levé son affliction », c’est-à-dire : « Nous avons écarté de lui le mal par pure miséricorde de Notre part, par compassion et bienveillance, et [Nous l’avons fait] à titre de rappel pour ceux qui adorent [Dieu]. »
Autrement dit, c’est un rappel pour celui qui est éprouvé dans son corps, ses biens ou sa descendance : le Prophète de Dieu, Job (que la paix soit sur lui), fut éprouvé par Dieu par une calamité plus grande encore, et il patienta en espérant la récompense divine, jusqu’à ce que Dieu lui accorde la délivrance.
Quant à celui qui a déduit de ce verset que le nom de son épouse serait « Rahma » (Miséricorde), il s’est gravement fourvoyé et a outrepassé la juste interprétation. Ad-Dahhâk rapporte d’après Ibn ‘Abbâs que Dieu rendit à son épouse sa jeunesse et même davantage, au point qu’elle lui enfanta vingt-six fils. Job (que la paix soit sur lui) vécut ensuite soixante-dix ans dans le pays des Romains, sur la religion hanifite (le pur monothéisme), avant que ceux-ci ne modifient, après lui, la religion d’Abraham.
La Parole divine : « Et prends en ta main un faisceau de brindilles, puis frappe avec cela et ne viole pas ton serment. Vraiment, Nous l’avons trouvé patient. Quel excellent serviteur ! En vérité, il était plein de repentir ! » (Coran 38 : 44) constitue une dispense qu’Allah accorda à Son serviteur et Prophète Job (que la paix soit sur lui) au sujet de son serment de frapper son épouse cent coups de fouet. On a avancé qu’il avait prêté ce serment parce qu’elle avait vendu ses tresses. D’autres dirent que, tandis qu’elle recherchait un remède pour Job, Satan se présenta à elle sous la forme d’un médecin et lui prescrivit un remède trompeur ; lorsqu’elle informa Job, celui-ci comprit qu’il s’agissait du démon et jura de la frapper cent fois. Lorsque Dieu le guérit, Il le conseilla de prendre un faisceau (semblable à une grappe serrée) réunissant toutes ces tiges pour n’en porter qu’un seul coup, assimilé alors à cent coups, lui permettant ainsi de respecter son serment sans le rompre.
Il s’agit là d’une voie de facilité et de salut offerte à celui qui craint Dieu et Lui obéit, surtout lorsque cela concerne une épouse patiente, pleine d’abnégation, sincère et vertueuse (que la paix soit sur elle). C’est pourquoi Dieu, après avoir accordé cette dispense, en explique la raison en disant : « Vraiment, Nous l’avons trouvé patient. Quel excellent serviteur ! En vérité, il était plein de repentir ! » (Coran 38 : 44). De nombreux juristes se sont référés à cette permission pour trancher dans les questions de serments et de vœux. D’autres ont poussé plus loin encore en rédigeant un « Livre des subterfuges » destiné à se libérer des serments, qu’ils ont introduit par ce verset et enrichi de récits surprenants. Nous en évoquerons quelques points dans le « Livre des Jugements » (Al-Ahkâm)(1), lorsque nous y parviendrons, si Dieu le veut.
Ibn Jarîr(2) et d’autres savants de l’Histoire rapportent que Job (que la paix soit sur lui) mourut à l’âge de quatre-vingt-treize ans, bien que d’aucuns affirment qu’il vécut plus longtemps encore. Lîth a transmis de Mujâhid un propos dont le sens est le suivant : au Jour de la Résurrection, Dieu arguera, devant les riches, de l’exemple de Salomon (que la paix soit sur lui), devant les esclaves de l’exemple de Joseph (que la paix soit sur lui) et devant ceux qui furent affligés de l’exemple de Job (que la paix soit sur lui).