Al-Layth rapporta, d’après Yazīd ibn [Abī](1) Ḥabīb, d’après Sālim Abū an-Nadr qui a dit : « Marwān assista à des funérailles. Lorsqu’il eut accompli la prière funéraire, il s’en alla. Abū Hurayra déclara alors : “Il a obtenu un qīrāṭ (une part de la récompense) mais en a été privé d’un autre qīrāṭ.” Cela fut rapporté à Marwān, qui revint en courant jusqu’à ce que ses genoux se découvrent, puis s’assit jusqu’à ce qu’on l’autorisât à entrer. »
Al-Madāʾinī rapporta, d’après Ibrāhīm ibn Muḥammad, d’après Jaʿfar ibn Muḥammad : « Lorsque ʿAlī ibn al-Ḥusayn rentra à Médine après le meurtre de son père al-Ḥusayn, Marwān lui avait prêté six mille dinars. À l’approche de sa mort, Marwān recommanda à son fils ʿAbd al-Malik de ne rien réclamer à ʿAlī ibn al-Ḥusayn. ʿAbd al-Malik l’en informa donc et, d’abord, ʿAlī ibn al-Ḥusayn refusa d’accepter ; mais devant l’insistance, il finit par le faire. »
Ash-Shāfiʿī a dit : « Ḥātim ibn Ismāʿīl nous a rapporté, d’après Jaʿfar ibn Muḥammad, d’après son père, que al-Ḥasan et al-Ḥusayn priaient derrière Marwān sans refaire la prière et la considéraient valable. »
ʿAbd ar-Razzāq a également rapporté, d’après ath-Thawrī, d’après Qays ibn Muslim, d’après Ṭāriq ibn Shihāb, ces propos : « Le premier à avoir prononcé le sermon (khuṭba) avant la prière du jour de fête fut Marwān. Un homme lui dit : “Tu as contrevenu à la Sunna !” Marwān répondit : “On a déjà délaissé ce qui était là.” Alors Abū Saʿīd dit : “Quant à lui, il a fait ce qu’il a pu. J’ai entendu le Messager d’Allāh (ﷺ) dire : ‘Celui d’entre vous qui voit une mauvaise action qu’il la change de sa main ; s’il ne le peut pas, alors par sa langue ; et s’il ne le peut pas, alors par son cœur, et c’est là la plus faible expression de la foi.’” (2) »
Ils racontent aussi que, lorsque Marwān gouvernait Médine, chaque fois qu’une difficulté se présentait, il rassemblait les Compagnons présents pour les consulter. De même, on rapporte qu’il rassembla les différents types de mesures (ṣīʿān), puis choisit la plus juste d’entre elles, si bien qu’on l’attribua à Marwān, et on l’appela « le ṣāʿ de Marwān ».
Selon az-Zubayr ibn Bakkār : « Ibrāhīm ibn Ḥamzah nous a rapporté, et Ibn Abī ʿAlī Allāhabī(3) m’a rapporté, d’après Ismāʿīl ibn Abī Saʿīd al-Khudrī, d’après son père : “Abū Hurayra sortit de chez Marwān. Il rencontra des gens qui en sortaient également et qui lui dirent : ‘Ô Abū Hurayra, il vient de nous prendre à témoin qu’il a affranchi à l’instant cent personnes.’ Abū Hurayra serra alors ma main et dit : ‘Ô Abū Saʿīd, un seul bien acquis licitement vaut mieux que cent esclaves affranchis.’” Az-Zubayr explique que « al-yak »(4) signifie ‘unique’(5). »
Imām Aḥmad a dit : « ʿUthmān ibn Abī Shaybah nous a rapporté, Jarīr nous a rapporté, d’après al-Aʿmash, d’après ʿAṭiyyah, d’après… »