Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn ʿAsākir (1) et d’autres ont rapporté quʿUmar ibn al-Khaṭṭāb demanda une femme en mariage à sa mère. Celle-ci dit : « Jarīr ibn ʿAbd Allāh al-Bajalī, qui est le seigneur de la jeunesse de l’Orient, Marwān ibn al-Ḥakam, qui est le seigneur de la jeunesse de Quraysh, et ʿAbd Allāh ibn ʿUmar, que vous connaissez déjà, l’ont déjà demandée. »

La jeune femme dit alors : « Est-ce sérieux, ô Commandeur des croyants ? » Il répondit : « Oui. » Elle s’exclama : « Nous te la donnons donc en mariage, ô Commandeur des croyants ! »

ʿUthmān ibn ʿAffān honorait et exaltait Marwān ibn al-Ḥakam. Il était chargé de la rédaction des jugements en sa présence. C’est sous son influence que se produisit l’affaire de la « maison » (Qadīyat al-Dār), et c’est à cause de lui que ʿUthmān y fut assiégé. Ceux qui l’entouraient insistèrent pour qu’il leur livre Marwān, mais ʿUthmān refusa catégoriquement. Marwān combattit ardemment lors de l’incident de la maison et tua certains des rebelles. Il était à la tête de l’aile gauche lors de la bataille du Chameau. On raconte qu’il décocha une flèche à Ṭalḥa, l’atteignant au genou et le tuant — Dieu le sait mieux.

Ibn ʿAbd al-Ḥakam (2) rapporte : « J’ai entendu ash-Shāfiʿī dire : “Lorsque la débandade se produisit le jour du Chameau, ʿAlī ne cessait d’interroger au sujet de Marwān. On l’interpella sur cette curiosité, et il répondit : ‘Un lien de sang très proche me porte à la compassion pour lui, et il est le seigneur de la jeunesse de Quraysh.’” »

Ibn al-Mubārak rapporte, d’après Jarīr ibn Ḥāzim, d’après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, d’après Qabīṣa ibn Jābir, que celui-ci demanda un jour à Muʿāwiya : « À qui laisses-tu cette affaire après toi ? » Il répondit : « À celui qui récite le Livre de Dieu, qui est juriste dans la religion de Dieu et qui se montre intransigeant dans l’application des peines de Dieu : Marwān ibn al-Ḥakam. » Il l’investit du gouvernement de Médine à plusieurs reprises, le destitua puis le rétablit, et Marwān dirigea le pèlerinage durant plusieurs années.

Ḥanbal rapporte de l’imam Aḥmad qu’il a dit : « On raconte que Marwān exerçait la fonction de juge et qu’il se référait aux jugements de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb. »

Ibn Wahb dit : « J’ai entendu Mālik raconter — il mentionnait un jour Marwān, puis déclara : ‘Marwān a dit : “Je lis le Livre de Dieu depuis quarante ans, et pourtant je me retrouve à verser le sang et à m’impliquer dans de telles affaires !”’ »

Ismāʿīl ibn ʿAyāsh rapporte, d’après Ṣafwān ibn ʿAmr (3), d’après Shurayḥ ibn ʿUbayd et d’autres, que lorsque Marwān évoquait l’islam, il disait :
« Par la grâce de mon Seigneur, non par ce qu’ont accompli mes mains,
ni par mon héritage (4) : j’ai certes commis une faute. »

(1) Dans l’Histoire de Damas (57/238). (2) Il s'agit de Muḥammad ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAbd al-Ḥakam, comme mentionné dans l’Épitomé de l’Histoire de Damas (24/179), où l’on trouve dans l’édition imprimée : « et Abu al-Ḥakam a dit ». (3) Une altération dans l’édition imprimée en : ʿUmra ; Ṣafwān ibn ʿAmr : c’est al-Saḳsakī, l’un des narrateurs mentionnés dans al-Tahḏīb. (4) Dans l’Épitomé de l’Histoire de Damas (24/180), par Barātī.
روى ابن عساكر (١) وغيره: أن عمر بن الخطاب خطب أمرأة إلى أمها، فقالت: قد خطبها جرير بن عبد اللَّه البَجَلي وهو سيد شباب المشرق، ومروان بن الحكم وهو سيد شباب قريش، وعبد اللَّه بن عمر وهو من قد علمتم. فقالت المرأة: أجادٌّ يا أمير المؤمنين؟ قال: نعم. قالت: قد زوجناك يا أمير المؤمنين! وقد كان عثمان بن عفان يكرمه ويعظِّمه. وكان كاتب الحُكم بين يديه. ومن تحت رأسه جرت قضية الدار، وبسببه حُصر عثمان بن عفان فيها، وألحَّ عليه أولئك أن يسلِّم مروان إليهم، فامتنع عثمان أشد الامتناع. وقد قاتل مروان يوم الدار قتالًا شديدًا، وقتل بعض الخوارج، وكان على الميسرة يوم الجمل، ويقال: إنه رمى طلحة بسهم في ركبته فقتله، فاللَّه أعلم. وقال ابن عبد الحكم (٢) : سمعت الشافعي يقول: كان عليٌّ يوم الجمل حين انهزم الناس يكثر السؤال عن مروان، فقيل له في ذلك، فقال: إنه تعطفني عليه رحم ماسَّة، وهو سيد من شباب قريش. وقال ابن المبارك: عن جرير بن حازم، عن عبد الملك بن عمير، عن قَبيصة بن جابر أنه قال لمعاوية: من تركتَ لهذا الأمر من بعدك؟ فقال: أما القارئ لكتاب اللَّه، الفقيه في دين اللَّه، الشديد في حدود اللَّه، مروان بن الحكم. وقد استنابه على المدينة غير مرة، يعزله ثم يعيده إليها. وأقام للناس الحج في سنين متعددة. وقال حنبل عن الإمام أحمد قال: يقال: كان عند مروان قضاء، وكان يتتبَّع قضايا عمر بن الخطاب. وقال ابن وهب: سمعت مالكًا يقول - وذكر مروان يومًا فقال: قال مروان: قرأت كتاب اللَّه منذ أربعين سنة، ثم أصبحت فيما أنا فيه من إهراق الدماء وهذا الشأن! وقال إسماعيل بن عياش: عن صفوان بن عمرو (٣) ، عن شُريح بن عبيد وغيره قال: كان مروان إذا ذكر الإسلام قال: بنعمةِ ربِّي لا بما قَدَّمتْ يَدِي … ولا بتُراثي (٤) إنَّني كنتُ خاطِئا
(١) في تاريخ دمشق (٥٧/ ٢٣٨). (٢) هو محمد بن عبد اللَّه بن عبد الحكم، كما في مختصر تاريخ دمشق (٢٤/ ١٧٩) ووقع في المطبوع: وقال أبو الحكم. (٣) تحرف في المطبوع إلى: عمرة، وصفوان بن عمرو: هو السكسكي، من رجال التهذيب. (٤) في مختصر تاريخ دمشق (٢٤/ ١٨٠) ببراتي.

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