Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il proclama alors à leur adresse : « Avancez au nom de Dieu (qu’Il soit exalté) ! » Ainsi, ils se mirent en route le vendredi soir, cinq jours après le début de Rabi‘ al-Awwal(1).

Puis il prononça un sermon dans lequel il dit : « Que celui qui est sorti parmi vous en quête de ce bas monde, de son or et de ses émeraudes, sache qu’il n’aura rien de ce qu’il réclame en nous suivant. Nous n’avons avec nous que des épées sur nos épaules, des lances en mains et des provisions suffisantes jusqu’à la rencontre de notre ennemi. » Ils lui répondirent alors par l’écoute et l’obéissance en cette situation. Et il leur déclara : « Commencez par vous en prendre à Ibn Ziyad, le pervers. Il n’aura pas d’autre sort que l’épée, et voici qu’il arrive de Syrie en direction de l’Irak. » Les gens s’alignèrent donc avec lui sur cette décision.

Lorsqu’ils furent résolus à ce projet, ‘Abd Allâh ibn Yazîd et Ibrâhîm ibn Muhammad – gouverneurs de Kufa au nom d’Ibn az-Zubayr – envoyèrent un message à Sulaymân ibn Surad en disant : « Nous désirons que nos mains s’unissent contre Ibn Ziyâd. Nous souhaitons dépêcher une armée avec vous afin de vous renforcer dans ce que vous visez. » Ils mandèrent un courrier pour lui demander de les attendre jusqu’à leur arrivée. Sulaymân ibn Surad se prépara donc à les recevoir à la tête des principaux chefs. Il s’était assis dans tout son apparat, entouré de troupes, quand ‘Abd Allâh ibn Yazîd et Ibrâhîm [ibn Muhammad](2) ibn Talha arrivèrent avec les notables de Kufa qui ne faisaient pas partie des meurtriers de Husayn, afin que ceux-ci ne suscitent aucune convoitise contre eux. (C’est d’ailleurs ainsi que ‘Umar ibn Sa‘d ibn Abî Waqqâs passait toutes ses nuits, retranché au palais du gouverneur, auprès de ‘Abd Allâh ibn Yazîd, par crainte pour sa propre personne.)

Lorsque ces deux émirs se réunirent auprès de Sulaymân ibn Surad, ils lui dirent et lui suggérèrent : « Ne partez pas avant que nos forces ne s’unissent pour combattre Ibn Ziyâd, et que nous organisions une armée pour partir ensemble, car le peuple de Syrie est nombreux, une foule considérable, et ils défendent Ibn Ziyâd. » Mais Sulaymân refusa de tenir compte de leur propos, disant : « Nous sommes sortis pour une affaire et nous ne reviendrons pas dessus ni ne nous retiendrons. » Les deux émirs repartirent alors à Kufa.

Sulaymân ibn Surad et ses compagnons attendirent les leurs, ceux de Bassora et de Madâ’in qui leur avaient donné rendez-vous, mais personne ne vint les rejoindre. Sulaymân se leva alors pour haranguer les siens et les exhorter à se mettre en route pour ce à quoi ils s’étaient engagés. Il leur dit : « Si vos frères apprennent votre départ, ils vous rejoindront sans tarder. » Sulaymân quitta donc an-Nukhayla avec ses partisans le vendredi, cinq jours après le début de Rabi‘ al-Awwal de l’an 65 de l’Hégire. Ils progressaient étape après étape en direction de la Syrie. Or, à chaque étape, un groupe de ceux qui l’accompagnaient se séparait de lui.

Lorsqu’ils passèrent près de la tombe de Husayn, ils poussèrent un unique cri, tous ensemble, se mirent à pleurer et passèrent la nuit auprès de lui, priant et invoquant Dieu. Ils restèrent la journée à implorer la miséricorde divine sur lui, à demander le pardon pour lui, à l’invoquer en bien et à souhaiter qu’ils fussent morts en martyrs à ses côtés.

Et je (l’auteur) dis : « Si cette détermination et cette union étaient survenues avant l’arrivée de Husayn à cette situation, elles lui auraient été plus profitables et plus secourables que le rassemblement de Sulaymân et de ses compagnons pour le soutenir, quatre ans après. »

(1) Ce passage figure uniquement dans l'édition imprimée. En revanche, dans les deux manuscrits A et B, il est remplacé par le texte suivant : « Salmān ibn Ṣird leur fit un sermon lorsqu'ils quittèrent Kûfa au mois de rabîʿ al-awwal de cette année à al-Nakhîla, les exhortant au combat dans ce contexte. » (2) Omis dans l'édition imprimée.
فنادى فيهم: سيروا على اسم اللَّه تعالى، فساروا عشية الجمعة لخمس مضين من ربيع الأول] (١) . وقال في خطبته: من كان خرج منكم للدنيا ذهبها وزَبَرْجدها فليس معنا مما يطلب شيء، وإنما معنا سيوف على عواتقنا، ورماح في أكفنا، وزاد يكفينا حتى نلقى عدوَّنا. فأجابوه إلى السمع والطاعة والحالة هذه. وقال لهم: عليكم بابن زياد الفاسق أولًا فليس له إلا السيف وها هو قد أقبل من الشام قاصدًا العراق. فصمّم الناس معه على هذا الرأي. فلما أزمعوا على ذلك بعث عبد اللَّه بن يزيد وإبراهيم بن محمد -أمراء الكوفة من جهة ابن الزبير- إلى سليمان بن صُرَد يقولان له: إنا نحب أن تكون أيدينا واحدة على ابن زياد، وأنهم يريدون أن يبعثوا معهم جيشا ليقوِّيهم على ما هم قد قصدوا له، وبعثوا إليه البريد أن ينتظرهم حتى يقدموا عليه. فتهيأ سليمان بن صُرَد لقدومهم عليه في رؤوس الأمراء، وجلس في أبهته والجيوشُ محدقة به، وأقبل عبد اللَّه بن يزيد وإبراهيم [بن محمد] (٢) بن طلحة في أشراف أهل الكوفة من غير قتلة الحسين لئلا يطمعوا فيهم -وكان عمر بن سعد بن أبي وقاص في هذه الأيام كلها لا يبيت إلا في قصر الإمارة عند عبد اللَّه بن يزيد خوفًا على نفسه- فلما اجتمع الأميران عند سليمان بن صُرَد قالا له وأشارا عليه: ألا يذهبوا حتى تكون أيديهم واحدة على قتال ابن زياد، ويجهزوا معهم جيشًا، فإن أهل الشام جمع كثير وجمٌّ غفير وهم يحاجفون عن ابن زياد، فامتنع سليمان من قبول قولهما وقال: إنا قد خرجنا لأمر فلا نرجع عنه ولا نتأخر فيه. فانصرف الأميران راجعين إلى الكوفة. وانتظر سليمان بن صُرَد وأصحابه أصحابَهم الذين كانوا قد واعدوهم من أهل البصرة وأهل المدائن، فلم يقدموا عليهم ولا واحد منهم، فقام سليمان في أصحابه خطيبًا وحرَّضهم على الذهاب لما خرجوا له، وقال: لو قد سمع إخوانكم بخروجكم للحقوكم سراعًا. فخرج سليمان وأصحابه من النُّخيلة يوم الجمعة لخمس مضين من ربيع الأول سنة خمس وستين، فسار بهم مراحل ما يتقدمون مرحلة إلى نحو الشام إلا تخلَّف عنه طائفة من الناس الذين معه، فلما مرُّوا بقبر الحسين صاحوا صيحة رجل واحد، وتباكوا، وباتوا عنده ليلة يصلُّون ويدعون، وظلوا يومًا يترحمون عليه، ويستغفرون له، ويترضون عنه، ويتمنون أن لو كانوا ماتوا معه شهداء. قلت: لو كان هذا العزم والاجتماع قبل وصول الحسين إلى تلك المنزلة لكان أنفعَ له وأنصر من اجتماع سليمانَ وأصحابِه لنصرته بعد أربع سنين.
(١) هذه الفقرة من المطبوع فقط. وقد ورد بدلًا عنها في النسختين أ، ب ما نصه: وقد خطبهم سليمان بن صرد حين خرجوا من الكوفة في ربيع الأول من هذه السنة بالنخيلة، فحرضهم على الجهاد في ذلك. (٢) سقط من المطبوع.

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