Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn al-Zubayr la rebât ainsi qu’on le lui avait enseigné par sa tante maternelle, ‘Aïsha, Mère des Croyants, à propos du Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui), qu’Allah lui accorde la meilleure récompense. Puis, lorsque Al-Hajjaj ibn Youssouf le vainquit en l’an 73 – comme nous le verrons –, il démolit le mur nord et remit le Hijr à son état initial. Il inséra les pierres qu’il avait retirées dans l’intérieur de la Ka’ba, les y disposant soigneusement. De cette façon, la porte fut rehaussée, et il ferma le côté (1) occidental. On peut en observer les traces jusqu’à aujourd’hui. Il agissait alors sur l’ordre d’Abd Al-Malik ibn Marwân, qui n’avait pas encore reçu l’information relative au hadith. Lorsqu’il en eut connaissance, il s’exclama : « Nous aurions souhaité le laisser tel qu’il était et ne pas en modifier l’état. »

Plus tard, Al-Mahdî, fils d’Al-Mansour, envisagea de la reconstruire selon la manière dont Ibn al-Zubayr l’avait édifiée et consulta l’imam Mâlik ibn Anas à ce sujet. Celui-ci répondit : « Je crains que les califes n’en fassent un jouet », c’est-à-dire qu’ils se mettent à la démolir et la rebâtir au gré de leurs opinions : l’un reprendrait la conception d’Ibn al-Zubayr, un autre celle d’Abd Al-Malik ibn Marwân, et un troisième encore un autre avis. Dieu est plus savant.

Ibn Jarîr rapporte que, cette année-là, ‘Abdallah ibn al-Zubayr dirigea le pèlerinage. Il confia le gouvernement de Médine à son frère ‘Ubayda (2), celui de Koufa à ‘Abdallah ibn Yazîd al-Khatmî, et la fonction de juge à Sa‘îd ibn Nimrâd (3). Quant à Shourayh, il refusa de rendre la justice durant la période de sédition. Sur Bassora régnait ‘Omar [ibn ‘Ubaydallah] (4) ibn Ma‘mar at-Taymî, et le juge y était Hishâm ibn Hubayra. En Khourassân, le gouverneur se nommait ‘Abdallah ibn Khâzim.

Vers la fin de cette même année eut lieu la bataille de Marj Râhit, comme cela a été mentionné. Le pouvoir sur la Syrie revint à Marwân ibn al-Hakam, après sa victoire sur Ad-Dahhâk ibn Qaïs, qu’il tua au cours de l’affrontement. Certains rapportent qu’au cours de la même année, Marwân entra en Égypte et l’arracha à son gouverneur, mandaté par Ibn al-Zubayr : ‘Abd Ar-Rahmân ibn Jahdam (5). Ainsi, la Syrie, l’Égypte et leurs dépendances passèrent sous son autorité. Dieu est plus savant.

Al-Waqidî raconta également : lorsque Ibn al-Zubayr voulut démolir la Maison (la Ka‘ba), il consulta les gens. Jâbir ibn ‘Abdallah et ‘Ubaydallah ibn ‘Umayr l’y encouragèrent. Ibn ‘Abbâs dit alors : « Je crains qu’après toi, quelqu’un ne la détruise à son tour, et qu’on poursuive sans cesse sa démolition, au point que les gens en sous-estiment la sacralité. Pour ma part, je suggère de simplement réparer ce qui s’est dégradé et de laisser la Maison sur laquelle les gens sont entrés dans l’Islam, et les pierres sur lesquelles le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) a été envoyé. » Ibn al-Zubayr répondit : « Si la maison de l’un d’entre vous brûlait, il ne se satisferait pas d’une simple réparation, il voudrait la reconstruire. Qu’en est-il alors de la Maison… »

= Et sa construction, Mālik dans le Muwaṭṭaʾ (1/363, 364) au chapitre du pèlerinage : « Ce qui a été rapporté sur la construction de la Kaʿba », an-Nasāʾī (5/214-216) au chapitre du pèlerinage : « Le chapitre de la construction de la Kaʿba », et at-Tirmidhī (n° 875) au chapitre du pèlerinage : « Ce qui a été rapporté à propos de la démolition de la Kaʿba ». (1) Dans l’édition imprimée, cela a été corrompu en : « et sah ». (2) Tel quel dans les manuscrits B, M et de même dans l’Histoire de Ṭabarī. Dans les manuscrits A, Ṭ il est : ʿUbaydullāh. (3) Dans les Ousul : « Saʿīd ibn al-Murzabān » est une erreur, la forme confirmée est celle de l’Histoire de Ṭabarī. Ainsi que dans les nouvelles des juges de Lūqayʿ (2/397). (4) L’expression « entre deux sièges » est absente dans l’édition imprimée, mais elle figure dans les manuscrits A et B : « ibn ʿAbdullāh ». (5) Tel quel dans les manuscrits A, B ainsi que dans l’Histoire de Ṭabarī et Ibn al-Athīr. Dans l’édition imprimée, cela a été rendu par : « Juhḏar ».
فبناها ابن الزبير على ذلك كما أخبرَتْه به خالته عائشة أمُّ المؤمنين عن رسول اللَّه ﷺ فجزاه اللَّه خيرًا. ثم لما غلبه الحجاج بن يوسف في سنة ثلاث وسبعين -كما سيأتي- هدم الحائط الشمالي وأخرج الحِجْرَ كما كان أولًا، وأدخل الحجارة التي هدمها في جوف الكعبة فرصَّها فيها، فارتفع الباب، وسدَّ (١) الغربي، وتلك آثاره إلى الآن، وذلك بأمر عبد الملك بن مروان له في ذلك، ولم يكن بلغه الحديث، فلما بلغه الحديث قال: وددنا أنا تركناه وما تولّى من ذلك. وقد همَّ المهدي ابن المنصور أن يعيدها على ما بناها ابن الزبير، واستشار الإمام مالك بن أنس في ذلك، فقال: إني أكره أن يتخذها الخلفاء لعبة - يعني: يتلاعبون في بنائها بحسب آرائهم- فهذا يرى رأي ابن الزبير، وهذا يرى رأي عبد الملك بن مروان، وهذا يرى رأيًا آخر. واللَّه أعلم. قال ابن جرير: وحج بالناس في هذه السنة عبد اللَّه بن الزبير. وكان عامله على المدينة أخوه عبيدة (٢) ، وعلى الكوفة عبد اللَّه بن يزيد الخَطْمي، وعلى قضائها سعيد بن نِمْراد (٣) ، وامتنع شُريح أن يحكم في زمن الفتنة، وعلى البصرة عمر [بن عبيد اللَّه] (٤) بن معمر التيمي، وعلى قضائها هشام بن هُبيرة، وعلى خراسان عبد اللَّه بن خازم. وكان في أواخر هذه السنة وقعة مرج راهط كما قدَّمنا. وقد استقر ملك الشام لمروان بن الحكم، وذلك بعد ظفره بالضحاك بن قيس وقتله له في الوقعة. وقيل: إن فيها دخل مروان الديار المصرية، وأخذها من نائبها الذي من جهة ابن الزبير، وهو عبد الرحمن بن جَحْدم (٥) ، واستقرت يد مروان على الشام ومصر وأعمالها، واللَّه أعلم. [وقال الواقدي: لما أراد ابنُ الزبير هدم البيت شاور النَّاسَ في هدمها، فأشار عليه جابر بن عبد اللَّه، وعبيد اللَّه بن عُمير بذلك، وقال ابن عباس: أخشى أن يأتيَ بعدك من يهدمها، فلا تزال تُهدم حتى يتهاون الناس بحُرْمتها، ولكن أرى أن تصلح ما وهى منها (وتدع بيتًا أسلم الناسُ عليه، وأحجارًا بُعث رسول اللَّه ﷺ عليها. فقال ابن الزبير: لو احترق بيت أحدكم ما رضي حتى يجدِّده، فكيف ببيت
= وبنائها، ومالك في الموطأ (١/ ٣٦٣، ٣٦٤) في الحج: باب ما جاء في بناء الكعبة، والنسائي: (٥/ ٢١٤ - ٢١٦) في الحج: باب بناء الكعبة، والترمذي (٨٧٥) في الحج: باب ما جاء في كسر الكعبة. (١) تحرفت في المطبوع إلى: وسه. (٢) كذا في ب، م ومثله في تاريخ الطبري. ووقع في أ، ط: عبيد اللَّه. (٣) في الأصول: سعيد بن المرزبان خطأ، والمثبت من تاريخ الطبري. وأيضًا من أخبار القضاة لوكيع (٢/ ٣٩٧). (٤) ما بين حاصرتين سقط من المطبوع، ووقع في أ، ب: بن عبد اللَّه. (٥) كذا وردت في أ، ب وتاريخ الطبري وابن الأثير. ووقعت في المطبوع: جحدر.

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