Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils ne l’avaient pas soutenu, [« Elle accorda son alliance à un moment où l’alliance n’était plus utile »].

(1) Ils se réunirent chez Sulaymân ibn Surad – un éminent Compagnon. [Les chefs de ce soulèvement étaient au nombre de cinq : Sulaymân ibn Surad, le Compagnon,] (2) ainsi qu’al-Musayyab ibn Najaba (3) al-Fazârî – l’un des grands compagnons de ‘Alî –, ‘Abd Allâh ibn Sa‘d ibn Nufayl al-Azdî, ‘Abd Allâh ibn Wâl al-Taymî, et Rifâ‘a ibn Shaddâd al-Bajalî, tous parmi les compagnons de ‘Alî (que Dieu l’agrée). Ils se réunirent après divers discours et exhortations, puis ils confièrent leur commandement à Sulaymân ibn Surad. Ils conclurent ensemble un pacte et convinrent de se retrouver à al-Noukhayla, afin que quiconque répondrait à leur appel s’y rassemble, et ce en l’an 65 (de l’Hégire). Ils mirent en commun une grande quantité d’armes et de biens, préparés en vue de cette entreprise.

[Al-Musayyab ibn Najaba prononça alors un sermon devant eux. Il loua et exalta Dieu, puis dit : « Ô gens, nous avons été éprouvés par la longue durée de la vie et la multiplicité des troubles. Dieu nous a mis à l’épreuve et nous a trouvés menteurs dans le soutien que nous devions apporter au fils de la fille du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Après lui avoir écrit et l’avoir invité, il est venu chez nous pour recevoir notre aide, mais nous l’avons abandonné et trahi. Nous l’avons amené à ceux qui l’ont tué, lui, ses enfants, sa descendance et sa noble parenté. Nous ne les avons ni défendus de nos mains, ni soutenus de nos paroles, ni aidés de nos biens. Malheur à nous tous, un malheur perpétuel qui ne cesse ni ne s’éteint tant que nous n’aurons pas tué ses meurtriers et ceux qui les ont appuyés, ou tant que nous ne serons pas tués pour cette cause, en perdant nos biens et en voyant nos demeures détruites. Ô gens, levez-vous comme un seul homme et repentez-vous devant votre Créateur. Sacrifiez-vous : cela est meilleur pour vous auprès de votre Seigneur… ». Il poursuivit longuement. Ensuite, ils écrivirent à tous leurs frères de se réunir à al-Noukhayla l’année suivante.]

(4) Sulaymân ibn Surad envoya alors une lettre à Sa‘d ibn Hudhayfa ibn al-Yamân, qui gouvernait la ville d’al-Madâ’in, l’invitant à se joindre à eux. Ce dernier répondit positivement et appela ceux des habitants d’al-Madâ’in qui lui obéissaient à rallier la cause. Ils acceptèrent rapidement et convinrent avec lui de se retrouver à al-Noukhayla au moment fixé. Sa‘d ibn Hudhayfa en informa Sulaymân ibn Surad, nouvelle qui remplit de joie les gens de Koufa, car ils se réjouirent du soutien des habitants d’al-Madâ’in et s’enthousiasmèrent davantage pour leur projet commun.

Lorsque Yazîd ibn Mu‘âwiya mourut, suivi de peu par son fils Mu‘âwiya ibn Yazîd, ils espérèrent mener l’action, convaincus que l’emprise des gens de Syrie s’était affaiblie et qu’il ne restait plus personne pour diriger leurs affaires. Ils consultèrent Sulaymân ibn Surad pour savoir s’ils devaient déjà se montrer au grand jour et partir vers al-Noukhayla avant la date convenue. Mais il les en dissuada et leur dit : « Non, attendez le terme prévu pour la rencontre avec nos frères. » Toutefois, en secret, ils continuèrent à rassembler des armes et à renforcer leurs forces sans que le grand nombre ne s’en rende compte. À ce moment-là, la plupart des habitants de Koufa se rendirent chez ‘Amr ibn Hurayth – représentant de ‘Ubayd Allâh ibn Ziyâd à Koufa – et l’expulsèrent du palais. Ils s’accordèrent ensuite sur le choix de ‘Âmir ibn Mas‘ûd ibn Umayya ibn Khalaf, surnommé “Duhroûja”, et lui prêtèrent serment d’allégeance.

(1) «ما بين حاصرتين» n'apparaît pas dans les manuscrits A et B. (2) «ما بين حاصرتين» est absent du manuscrit B. (3) C'est ainsi que l'a consigné Ibn Mākūlā et d'autres. Cependant, il figure dans les manuscrits A et Ṭ à de nombreux endroits sous la forme «نجية», qui est une altération. (4) L'édition imprimée est la seule à contenir ce passage ; il n'est pas présent dans les manuscrits A et B.
ولم ينصروه [فجادت بوصل حين لا ينفع الوصل] (١) . فاجتمعوا في دار سليمان بن صُرَد -وهو صحابي جليل. [وكان رؤوس القائمين في ذلك خمسة: سليمان بن صُرَد الصحابي] (٢) والمسيّب بن نَجَبَة (٣) الفزاري -أحد كبار أصحاب علي، وعبد اللَّه بن سعد بن نُفيل الأزدي، وعبد اللَّه بن وال التيمي، ورفاعة بن شدّاد البجلي- وكلهم من أصحاب علي (رضي الله عنه) . فاجتمعوا كلهم بعد خطب ومواعظ على تأمير سليمان بن صُرَد عليهم، فتعاهدوا وتعاقدوا وتواعدوا النُّخيلة، وأن يجتمع من يستجيب لهم إلى ذلك بها في سنة خمس وستين، ثم جمعوا من أموالهم وأسلحتهم شيئًا كثيرًا وأعدُّوه لذلك. [وقام المسيّب بن نَجَبة خطيبًا فيهم، فحمد اللَّه وأثنى عليه وقال: أما بعد، فقد ابتُلينا بطول العمر وكثرة الفتن، وقد ابتلانا اللَّه فوجدَنا كاذبين في نصرة ابن بنت رسول اللَّه ﷺ بعد أن كتبنا إليه وراسلناه، فأتانا طمعًا في نصرتنا إياه، فخذلناه، وأخلفناه، وأتينا به إلى مَنْ قتله وقتل أولاده وذريته وقراباته الأخيار، فما نصرناهم بأيدينا، ولا خذَّلنا عنهم بالسنتنا، ولا قوَّيناهم بأموالنا، فالويل لنا جميعًا ويلًا متصلًا أبدًا لا يفتر ولا يبيد دون أن نقتل قاتلهم والممالئين عليه، أو نُقتل دون ذلك وتذهب أموالنا وتخرب ديارنا، أيها الناس! قوموا في ذلك قومة رجل واحد، وتوبوا إلى بارئكم فاقتُلوا أنفسَكم ذلكم خيرٌ لكم عند بارئكم. . . وذكر كلامًا طويلًا. ثم كتبوا إلى جميع إخوانهم أن يجتمعوا بالنُّخيلة في السنة الآتية] (٤) . وكتب سليمان بن صُرَد إلى سعد بن حُذيفة بن اليمان وهو أمير على المدائن يدعوه إلى ذلك، فاستجاب له، ودعا إليه سعد من أطاعه من أهل المدائن، فبادروا إليه بالاستجابة والقبول، وتمالؤوا عليه، وتواعدوا النُّخيلة في التاريخ المذكور. وكتب سعد بن حذيفة إلى سليمان بن صُرَد بذلك، ففرح أهل الكوفة بموافقة أهل المدائن لهم على ذلك، وتنشَّطوا لأمرهم الذي تمالؤوا عليه. فلما مات يزيد بن معاوية وابنه معاوية بن يزيد بعد قليل طمعوا في الأمر، واعتقدوا أن أهل الشام قد ضعفوا ولم يبق من يقيم لهم أمرًا، فاستشاروا سليمان في الظهور وأن يخرجوا إلى النُّخيلة قبل الأجل، فنهاهم عن ذلك وقال: لا، حتى يأتي الأجل الذي واعدوا إخوانهم فيه، ثم هم في الباطن يعدون السلاح والقوة ولا يشعر بهم جمهور الناس، وحينئذ عَمَد جمهور أهل الكوفة إلى عمرو بن حُريث -نائب عبيد اللَّه بن زياد على الكوفة- فاخرجوه من القصر، واصطلحوا على عامر بن مسعود بن أمية بن خلف الملقب: دُحْرُوجة، فبايع
(١) ما بين حاصرتين ليس في أ، ب. (٢) ما بين حاصرتين سقط من ب. (٣) كذا قيده ابن ماكولا وغيره. ووقع في أ، ط في مواضع كثيرة: نجية، وهو تحريف. (٤) انفرد المطبوع بهذه الفقرة ولم ترد في النسختين أ، ب.

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