Al-Mundhir mena une expédition contre Constantinople aux côtés de Yazīd ibn Muʿāwiya. Il se rendit ensuite auprès de Muʿāwiya, qui lui accorda cent mille (pièces) et lui attribua une terre, mais Muʿāwiya mourut avant qu’il ne puisse recevoir cet argent. Al-Mundhir ibn al-Zubayr et ʿUthmān ibn ʿAbd Allāh ibn Ḥakīm ibn Ḥizām combattaient le peuple du Shām le jour et les nourrissaient la nuit. Al-Mundhir fut tué à La Mecque lors de son siège, aux côtés de son frère. Lorsque Muʿāwiya mourut, il recommanda qu’al-Mundhir fût celui qui descendît dans sa tombe.
Muṣʿab ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf était un jeune homme pieux et vertueux. Il fut également tué durant le siège de La Mecque, avec Ibn al-Zubayr.
La même année – c’est-à-dire l’an soixante-quatre – de nombreuses guerres et de grands troubles se répandirent dans les contrées de l’Orient. Un homme nommé ʿAbd Allāh ibn Ḥāzim s’empara du Khorassan, vainquit les gouverneurs en place et les en expulsa. Cela se produisit après la mort de Yazīd et de son fils Muʿāwiya, avant que le pouvoir d’Ibn al-Zubayr ne fût établi sur ces régions. De nombreuses batailles opposèrent ʿAbd Allāh ibn Ḥāzim à ʿAmr ibn Marthad, dont le récit et les détails seraient trop longs à rapporter. Nous nous en tenons à une mention sommaire car il n’y a pas grand intérêt à les évoquer en détail : il s’agissait de guerres de discorde et d’affrontements entre rebelles se combattant mutuellement, et c’est en Dieu que l’on cherche secours.
Al-Wāqidī rapporte : « Cette année-là, après la mort de Muʿāwiya ibn Yazīd, les habitants du Khorassan prêtèrent serment d’allégeance à Salm ibn Ziyād ibn Abīhi. Ils l’aimèrent tellement qu’ils donnèrent son nom à plus de mille nouveaux-nés cette même année. Puis ils rompirent leur engagement et se divisèrent. Salm partit de chez eux et laissa à leur tête al-Muhallab ibn Abī Ṣufrah. »
La même année, le groupe dirigeant des chiites se rassembla autour de Sulaymān ibn Ṣurad à Koufa. Ils convinrent de se réunir à al-Nukhayla pour venger al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib. Depuis le martyre d’al-Ḥusayn à Karbalāʾ, le dixième de Muḥarram de l’an soixante et un, ils n’avaient cessé de s’y employer et de s’y tenir résolument. Ils regrettèrent alors ce qu’ils avaient fait en le faisant venir ; car lorsqu’il arriva chez eux, ils l’abandonnèrent et se retirèrent de son camp.