Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et l’on raconte : il s’agit de Khallî ibn Dâwud, qui est le grand-père de Khâlid ibn Khallî. Sa fille, Ḥamîda bint al-Nuʿmân, le pleura en disant :

« Puissent Ibn Muzna et son fils… avoir été ceux qui t’auraient protégé du meurtre !
Et que tous les Banû Umayya… n’en restent plus aucun après toi !
Le messager est arrivé annonçant son meurtre… hélas pour ces chiens hurlants !
Ils cherchent la victoire par sa tête… mais le sort a tourné contre eux une seconde fois !
Je pleurerai ta perte en privé… et je la pleurerai au grand jour !
Et je te pleurerai tant que je vivrai… parmi les bêtes sauvages errantes ! » (1)

On rapporte aussi que al-Aʿshâ de Hamdân (2) vint trouver al-Nuʿmân ibn Bashîr à Himṣ alors qu’il était malade. Al-Nuʿmân lui dit : « Qu’est-ce qui t’amène ? » Il répondit : « Je viens pour que tu m’octroies une faveur, que tu maintiennes les liens de parenté et que tu règles ma dette. » Il lui dit : « Par Dieu, je ne possède rien, mais je vais demander en ton nom. » Il se leva alors, monta en chaire et déclara : « Ô gens de Himṣ ! Voici votre cousin d’Irak, il sollicite votre aide. Qu’en pensez-vous ? » Ils répondirent : « Décide comme tu veux de nos biens. » Il refusa. Alors ils dirent : « Nous convenons que chacun donnera deux dinars. » Ils étaient vingt mille hommes enregistrés dans le dîwân. Al-Nuʿmân lui avança donc quarante mille dinars prélevés dans le trésor public. Puis, lorsque leurs soldes furent versées, il retira deux dinars de l’allocation de chacun (3).

Parmi les propos d’al-Nuʿmân ibn Bashîr (qu’Allah lui fasse miséricorde), il y a cette parole : « La pire des ruines est de commettre des mauvaises actions en temps d’épreuve. »

Yaʿqûb ibn Sufyân a rapporté : « Abû al-Yamân nous raconta, en disant : Ismâʿîl ibn ʿAyâsh nous raconta, d’après Abû Rawâḥa Yazîd ibn Ayyah, d’après al-Haytham ibn Mâlik al-Ṭâʾî, qui dit : “J’ai entendu al-Nuʿmân ibn Bashîr, alors qu’il était sur la chaire, déclarer : ‘J’ai entendu le Messager de Dieu (paix et bénédictions sur lui) dire :

« En vérité, Satan possède des pièges et des embûches, et parmi ces pièges et embûches se trouvent l’arrogance devant les bienfaits de Dieu, le fait de se vanter des dons qu’Il accorde, l’orgueil vis-à-vis des serviteurs de Dieu et le fait de suivre ses passions en dehors de la cause de Dieu. » » (4). »

(1) Les vers se trouvent dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (26/163-164). (2) Il s'agit d'Abū al-Muṣabbih ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh ibn al-Ḥārith, un poète éloquent et célèbre. (3) Ce récit provient uniquement des sources imprimées. Sa version complète, comme dans les Aghānī (6/50) et dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (26/162), rapporte qu'au moment où il s'en empara, il loua al-Nuʿmān ainsi : « Je n’ai jamais vu au moment de demander un besoin… un Nuʿmān, Nuʿmān, la rosée fils de Bushayr Quand il parlait, il disait le plus véridique… comme une corde puissante reliant les peuples Quand Nuʿmān se montre ingrat, je ne suis jamais reconnaissant… et il n’y a rien de meilleur que celui qui ne suit pas un ingrat. » (4) Cela est rapporté par Yaʿqūb ibn Sufyān dans al-Maʿrifa wa at-Tārīkh (2/446) et par Ibn ʿAsākir dans son abrégé (26/162). Quant à l’expression al-miṣālī, comme le dit Ibn al-ʿAthīr dans an-Nihāya (3/51), elle est semblable à sharak, dont le pluriel est miṣlāh. Elle désigne ce par quoi on incite les gens, notamment les attraits et les désirs mondains.
وَقيل: خليّ بن داود، وهو جد خالد بن خَلِيّ. وقد رثته ابنته حَميدة بنت النعمان فقالت: ليتَ ابنَ مُزْنَةَ وابنَهُ … كانُوا لقَتْلِكَ واقيَهْ وبني أُميَّةَ كلَّهمْ … لَمْ تبقَ منهمْ باقِيَهْ جاءَ البريدُ بقَتْلِهِ … يا لَلْكِلابِ العاويَهْ يَسْتَفْتحونَ برأسِهِ … دارتْ عليهمْ ثانيَهْ فَلأَبْكينَّ مُسِرَّةً … ولأَبكينَّ عَلانيَهْ ولأَبكينَّكَ ما حَييـ … ـــتُ معَ السِّباعِ العاديَهْ (١) [وقيل: إن أعشى هَمْدان (٢) قدم على النعمان بن بشير وهو على حمص وهو مريض، فقال له النعمان: ما أقدمَك؟ قال: جئت لتصلَني وتحفظَ قرابتي، وتقضيَ دَيْني، فقال: واللَّه ما عندي، ولكني سائلُهم لك شيئًا، ثم قام فصعد المنبر ثم قال: يا أهل حمص! إن هذا ابن عمِّكم من العراق، وهو مُسْترفِدُكم شيئًا، فما ترون؟ فقالوا: احتكم في أموالنا، فأبى عليهم، فقالوا: قد حكمنا من أموالنا كل رجل دينارين -وكانوا في الديوان عشرين ألف رجل- فعجَّلها له النعمان من بيت المال أربعين ألف دينار، فلما خرجت أعطياتهم أسقط من عطاء كل رجل منهم دينارين] (٣) . ومن كلام النعمان بن بشير (رضي الله عنه) قوله: إن الهَلكة كل الهَلكة أن تعمل السيئات في زمن البلاء. وقال يعقوب بن سفيان: حدّثنا أبو اليمان، حدّثنا إسماعيل بن عياش، عن أبي رواحة يزيد بن أيهم، عن الهيثم بن مالك الطائي قال: سمعت النعمان بن بشير وهو على المنبر يقول: سمعت رسول اللَّه ﷺ يقول: "إنَّ للشَّيطانِ مَصَاليَ وفُخوخًا، وإن من مَصَاليه وفخوخِهِ البطَر بنِعَمِ اللَّه، والفخر بعَطاء اللَّه، والكِبْر على عباد اللَّه، واتَباع الهوى في غير ذاتِ اللَّه" (٤) .
(١) الأبيات في مختصر تاريخ دمشق (٢٦/ ١٦٣ - ١٦٤). (٢) هو أبو المصبّح عبد الرحمن بن عبد اللَّه بن الحارث. شاعر مفوّه شهير. (٣) هذا الخبر من المطبوع فقط. وتمامه كما في الأغاني (٦/ ٥٠) ومختصر تاريخ دمشق (٢٦/ ١٦٢) أنه عندما قبضها قال يمدح النعمان: ولم أر للحاجات عند التماسها … كنعمان نعمان الندى ابن بشير إذا قال أوفى ما يقول ولم يكن … كمدل إلى الأقوام حبل غرور متى أكفر النعمان لم ألف شاكرًا … وما خير من لا يقتدي بشكور (٤) أخرجه يعقوب بن سفيان في المعرفة والتاريخ (٢/ ٤٤٦) وابن عساكر، مختصره (٢٦/ ١٦٢). والمصالي - كما قال ابن الأثير في النهاية (٣/ ٥١) شبيهة بالشرَك، واحدتها مِصْلاة. أراد ما يستفز به الناس من زينة الدنيا وشهواتها.

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