Ibn Fiḥr ibn Mālik – Abou Ounays al-Fiḥrī – fut, selon l’avis le plus sûr, l’un des Compagnons. Il entendit directement le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et transmit de sa part plusieurs hadiths. Un groupe de Tābiʿīn rapporta également de lui. Il était le frère de Fāṭima bint Qays, qui avait dix ans de plus que lui, et Abou ʿUbayda ibn al-Jarrāḥ était son oncle paternel, selon Ibn Abī Ḥātim (2).
Certains ont toutefois prétendu qu’il n’avait pas eu la qualité de Compagnon. Al-Wāqidī affirma qu’il rencontra le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et entendit de lui des propos, alors qu’il n’avait pas encore atteint la puberté. Dans une autre version, al-Wāqidī rapporta qu’il naquit deux ans avant le décès du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui).
Il assista à la conquête de Damas et s’y établit. Il y possédait une demeure près de Ḥajar al-Dhahab, sur la rive du fleuve Baradā. Il fut gouverneur des gens de Damas lors de Ṣiffīn sous l’autorité de Muʿāwiya. Lorsque Muʿāwiya s’empara de Koufa, il le nomma gouverneur de la ville en l’an 54 de l’Hégire. Al-Bukhārī rapporte dans son « Tārīkh » qu’al-Ḍaḥḥāk récita devant les fidèles de Koufa la sourate « Ṣād » (ص) pendant la prière et fit la prosternation de récitation ; ʿAlqama et les disciples d’Ibn Masʿoud ne le suivirent pas.
Ensuite, Muʿāwiya le rappela auprès de lui à Damas. Il y demeura jusqu’à la mort de Muʿāwiya, puis durant le règne de son fils Yazid et la succession de son petit-fils Muʿāwiya ibn Yazid, avant d’accéder à sa fonction ultérieure.
L’imam Aḥmad a dit : « ʿAffān ibn Muslim nous relata, Ḥammād ibn Salama nous relata, et ʿAlī ibn Zayd nous informa, d’après al-Ḥasan : al-Ḍaḥḥāk ibn Qays écrivit à [Qays ibn] (3) al-Haytham lorsqu’il apprit la mort de Yazid ibn Muʿāwiya en ces termes : “Paix sur toi. J’ai entendu le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire :
« Certes, avant l’Heure, se produiront des troubles aussi obscurs que les ténèbres de la nuit ; des épreuves comparables à la fumée : le cœur de l’homme s’y éteindra comme son corps meurt. Au matin il sera croyant, et au soir il se retrouvera mécréant ; ou au soir il sera croyant, et au matin il se retrouvera mécréant. Certains troqueront leur part (d’au-delà) et leur religion contre une modique jouissance de ce bas monde. »
Et voilà que Yazid ibn Muʿāwiya est mort. Vous êtes nos frères et nos proches, alors ne prenez aucune décision avant que nous ne choisissions la nôtre (4). » »
Ibn ʿAsākir (5) rapporta d’après Ibn Qutayba, via al-ʿAbbās ibn al-Faraj al-Riyāshī, de Yaʿqūb ibn Isʿḥāq ibn Tawba, de Ḥammād ibn Zayd, que le Ḍaḥḥāk ibn Qays se rendit auprès de Muʿāwiya. Celui-ci lui récita alors en guise de vers :
« Je suis resté si longtemps (au pouvoir) pour al-Ḍaḥḥāk que je l’ai ramené…
à une lignée chez les siens qui demeure modeste. »