Il a été rapporté de Wahb ibn Munabbih et d’autres savants parmi les Fils d’Israël un long récit (1) à propos de l’histoire de Job, expliquant comment il perdit sa fortune, ses enfants, et fut frappé dans sa santé ; Dieu seul sait ce qu’il en est de son authenticité. Selon Mujâhid, il aurait dit : « Job (que la paix soit sur lui) fut le premier à contracter la variole. »
Ils divergent quant à la durée de son épreuve. Wahb affirme qu’il fut éprouvé trois années, ni plus ni moins. Anas rapporte qu’il fut éprouvé sept ans et quelques mois ; il fut alors jeté sur un tas d’ordures appartenant aux Fils d’Israël, et les bêtes allaient et venaient sur son corps, jusqu’à ce que Dieu lui accordât un dénouement, lui octroyant une grande récompense et un bel éloge. Hamîd rapporte qu’il resta dix-huit ans dans son épreuve. As-Suddî déclare que sa chair tomba au point qu’il ne lui resta plus que les os et les nerfs. Son épouse lui apportait de la cendre qu’elle étalait sous lui. Quand le temps se fit long, elle lui dit : « Ô Job, si tu invoquais ton Seigneur pour qu’Il t’apporte le soulagement ? » Il répondit : « J’ai vécu soixante-dix ans en bonne santé, il est donc peu de chose aux yeux de Dieu que je patiente pour Lui pendant soixante-dix ans. » Elle prit ombrage de ces paroles. Elle se mit alors à travailler au service d’autrui contre un salaire pour nourrir Job (que la paix soit sur lui).
Mais les gens refusèrent de l’employer, sachant qu’elle était la femme de Job, craignant d’être atteints par son malheur ou d’être contaminés. Ne trouvant personne pour l’embaucher, elle vendit à l’une des filles de la noblesse l’une de ses nattes de cheveux contre une grande quantité de nourriture de bonne qualité. Puis elle la rapporta à Job, qui s’étonna et lui demanda d’où elle tenait cela. Elle répondit qu’elle l’avait obtenue en servant des gens. Le lendemain, n’ayant toujours personne pour l’employer, elle vendit sa seconde natte de cheveux contre de la nourriture, qu’elle apporta à Job. Il s’en étonna de nouveau et jura de ne pas en manger avant qu’elle ne lui dise d’où elle la tenait. Elle ôta alors son voile et lui montra sa tête rasée. Ayant vu sa chevelure coupée, il s’exclama dans sa prière : « “Le mal m’a touché, et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux” » (Coran 21 : 83).
Ibn Abî Hâtim rapporte : « Mon père nous a raconté, d’après Abû Salama, d’après Jarîr ibn Hâzim, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Ubayd ibn ‘Umayr, que Job avait deux frères qui vinrent un jour le voir, mais ne purent s’approcher de lui à cause de l’odeur. Ils se tinrent donc à distance. L’un d’eux dit à l’autre : “Si Dieu avait su quelque bien en Job, Il ne l’aurait pas affligé ainsi.” Job en fut peiné comme jamais auparavant. Il s’écria : “Ô Dieu, si Tu sais que je n’ai jamais passé une nuit rassasié alors que je savais qu’il y avait un affamé, confirme-moi !” Et il fut justifié du ciel, et ses deux frères l’entendirent. Puis il reprit : “Ô Dieu, si Tu sais que je n’ai jamais eu deux tuniques alors que je savais qu’il y avait un homme nu, confirme-moi !” Et il fut de nouveau justifié du ciel, sous leurs oreilles. Enfin, il dit : “Ô Dieu, par Ta Puissance...”, et il tomba prosterné en ajoutant : “Ô Dieu, par Ta Puissance, je ne relèverai jamais la tête avant que Tu ne m’aies délivré.” Et il ne releva pas la tête avant que Dieu ne le délivrât (2).”