Abd Allâh le Jeune [et ‘Umar] (1), ainsi qu’Abû Bakr, ‘Utba, ‘Abd al-Rahmân, al-Rabî‘ et Muhammad, étaient issus de diverses mères (2). [On compte aussi Yazîd, Harb, ‘Umar et ‘Uthmân. Voilà donc quinze fils. Il avait également pour filles : ‘Atika, Ramla, Umm ‘Abd al-Rahmân, Umm Yazîd et Umm Muhammad. Ainsi, il y avait cinq filles. Ils s’éteignirent tous sans laisser de descendance, si bien qu’aucun enfant ne demeura de Yazîd. Et Dieu, qu’Il soit exalté, sait mieux (3).]
L’émirat de Mu‘âwiya ibn Yazîd ibn Mu‘âwiya (4), Abû ‘Abd al-Rahmân – dit aussi Abû Yazîd, et certains l’appellent Abû Laylâ (5) – appartenait à la tribu quraychite omeyyade. Sa mère était Umm Hâshim bint Abî Hâshim ibn ‘Utba ibn Rabî‘a. On lui prêta allégeance au décès de son père – dont il était l’héritier désigné – le quatorzième jour de Rabî‘ al-Awwal de l’an 64. C’était un homme pieux et ascète. Son autorité ne dura pas longtemps.
On a dit qu’elle dura quarante jours, ou vingt jours, ou encore un mois et demi, deux mois, trois mois et vingt jours, voire quatre mois. Dieu seul le sait. Durant sa courte période de règne, il était souffrant et ne sortait pas vers le peuple ; ce fut al-Dahhâk ibn Qays qui dirigeait la prière et administrait les affaires.
Ensuite, Mu‘âwiya ibn Yazîd mourut à l’âge de vingt et un ans – certains disent vingt-trois, d’autres dix-neuf, vingt, voire dix-huit ou quinze ans. Dieu seul le sait. Son frère Khâlid dirigea la prière funéraire sur sa dépouille, d’autres ont évoqué ‘Uthmân ibn ‘Anbasa ou al-Walîd ibn ‘Utba. Ce dernier cas est le plus sûr, puisque Mu‘âwiya lui en avait fait la recommandation. Marwân ibn al-Hakam assista à son enterrement. Après sa mort, c’est toujours al-Dahhâk ibn Qays qui dirigea la prière pour la communauté, jusqu’à ce que l’autorité se stabilise au profit de Marwân en Syrie. Mu‘âwiya fut inhumé dans le cimetière de Bâb al-Saghîr à Damas.
Lorsque la mort l’approcha, on lui demanda : « Ne vas-tu pas désigner ton successeur ? » Il répondit : « Je ne veux pas emporter l’amertume de cela vers mon au-delà, et je préfère laisser sa douceur aux Banû Umayya. »