Certains ont dit qu’il avait dépassé la quarantaine au moment de sa mort—Dieu seul est plus savant. Après son décès, on le transporta à Damas, où son fils, Muʿâwiya ibn Yazîd, alors commandeur des croyants, célébra la prière funéraire sur lui. Puis il fut enterré dans les cimetières de Bâb al-Ṣaghîr.
Durant son époque, on élargit le cours d’eau appelé Yazîd, au pied du mont Qâsiyûn. C’était à l’origine un petit ruisseau, que l’on développa jusqu’à lui faire transporter plusieurs fois son débit initial.
Ibn ʿAsâkir rapporta : « Abû al-Faḍl Muḥammad ibn Muḥammad ibn al-Faḍl ibn al-Muẓaffar al-ʿAbdî, juge au Bahreïn, nous raconta —de sa voix et de ses écrits, qu’il me transmit de sa main— ceci : “J’ai vu Yazîd ibn Muʿâwiya en rêve. Je lui ai demandé : ‘As-tu tué al-Ḥusayn ?’ Il me répondit : ‘Non.’ Je dis alors : ‘Dieu t’a-t-Il pardonné ?’ Il me dit : ‘Oui, et Il m’a fait entrer au Paradis.’ Je repris : ‘Qu’en est-il du ḥadîth selon lequel le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) aurait vu Muʿâwiya portant Yazîd et aurait dit : ‘Un homme du Paradis porte un homme de l’Enfer’ ?’ Il me répondit : ‘Il n’est pas authentique.’” » Ibn ʿAsâkir expliqua ensuite : « En effet, Yazîd ibn Muʿâwiya n’était pas encore né du vivant du Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui), car il naquit après la vingtième année de l’Hégire. »
Abû Jaʿfar ibn Jarîr mentionna au sujet de la descendance de Yazîd ibn Muʿâwiya et de leur nombre : Parmi eux se trouvait Muʿâwiya ibn Yazîd ibn Muʿâwiya, surnommé Abû Laylâ, à propos duquel le poète (1) a dit :
« Je vois une discorde dont le début approche…
Et le pouvoir, après Abû Laylâ, ira à celui qui le remportera. »
Il y avait aussi Khâlid ibn Yazîd, surnommé Abû Hâshim, auquel on attribue la connaissance de l’alchimie, et Abû Sufyân. Leur mère était Umm Hâshim bint Abî Hâshim ibn ʿUtba ibn Rabîʿa ibn ʿAbd Shams, que Marwân ibn al-Ḥakam épousa après Yazîd. C’est d’elle que le poète a dit : « Sois comblée, ô mère de Khâlid… bien souvent celui qui s’empresse ne vaut guère mieux que celui qui reste assis. »
Quant à ʿAbd Allâh (2) ibn Yazîd —que l’on surnommait al-Uswâr (3)— il était réputé être l’un des plus adroits archers parmi les Arabes. Sa mère était Umm Kulthûm bint ʿAbd Allâh ibn ʿÂmir. Le poète chante à son sujet : « Les gens disent que le meilleur des Quraychites… c’est lui, dès que l’on mentionne al-Uswâr. »