Abraham, puis Ismaël, puis Isaac, puis Jacob, puis Joseph, puis Loth, puis Hûd, puis Sâlih, puis Chuʿayb, puis Moïse et Aaron, puis Élie, puis al-Yasaʿ, puis ʿUzâ fils de Choutlaḥ fils d’Ephraïm fils de Joseph fils de Jacob, puis Jonas fils de Matta, issu de la descendance de Jacob, puis Job fils de Râziḥ fils d’Âmûs fils de Lîfaztâ fils d’al-ʿÎṣ fils d’Isaac fils d’Abraham.
Pour une partie de cet ordre, il y a matière à réflexion, car il est communément établi que Hûd et Sâlih vinrent après Noé et avant Abraham—et Dieu (Allah) sait mieux.
Les savants de l’exégèse (1), de l’histoire et d’autres domaines ont affirmé que Job était un homme doté d’immenses richesses de toutes sortes : du bétail, des esclaves, des troupeaux, ainsi que de vastes terres dans la région de Bathniyya (2), au pays de Hauran.
Ibn ‘Asâkir (3) rapporte qu’il possédait tout cela, et qu’il avait de nombreux enfants et une famille étendue. Puis on le lui ôta entièrement, et son corps fut éprouvé par divers maux, de sorte qu’il ne lui resta plus aucun membre sain, hormis son cœur et sa langue, par lesquels il invoquait Dieu – Exalté soit-Il –. Malgré tout, il demeurait patient, comptant sur la récompense divine, et se souvenait de Dieu – Exalté soit-Il – nuit et jour, matin et soir.
Sa maladie se prolongea au point que ses compagnons l’évitèrent et que les intimes s’éloignèrent de lui. On le chassa de sa cité et on le déposa sur un tas d’ordures (4) à l’extérieur. Les gens le délaissèrent, et il ne resta plus personne pour avoir pitié de lui, hormis son épouse qui reconnaissait son devoir envers lui, se rappelait l’ancien bienfait qu’il lui avait prodigué et la compassion dont il avait fait preuve à son égard. Elle allait et venait pour prendre soin de lui, l’aider à satisfaire ses besoins et veiller à ses intérêts. Son propre état s’affaiblit et sa fortune diminua à tel point qu’elle dut travailler chez les gens, contre salaire, afin de le nourrir et de pourvoir à ce qu’il lui fallait, continuant à le soutenir (– paix sur lui –) et à l’honorer. Elle persévéra patiemment auprès de lui dans l’épreuve qu’ils subissaient tous deux—la perte de leurs biens et de leurs enfants—ainsi que dans les difficultés spécifiques qu’elle devait assumer : l’affliction de son époux, leur pauvreté et la nécessité de servir autrui après avoir connu aisance et estime. « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. »
Il est attesté dans le Recueil authentique que le Messager de Dieu ﷺ a dit : « Les gens les plus éprouvés sont les prophètes, puis les vertueux, puis viennent ceux qui leur ressemblent davantage, et ainsi de suite. L’homme est éprouvé proportionnellement à la solidité de sa foi ; s’il est ferme dans sa religion, on accroît son épreuve » (5).
Malgré tout cela, Job – paix sur lui – ne fit qu’augmenter en patience, en espérance de la récompense divine, en louange et en gratitude. Au point que l’on cite sa patience – paix sur lui – en exemple, et que l’on évoque également comme modèle la multiplicité des épreuves qui s’abattirent sur lui.