Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ziyād monta alors sur le minbar et se vanta de ce qu’il accomplissait en terre d’Irak pour assurer le pouvoir de Muʿāwiya. Yazīd se leva et déclara : « Si tu fais cela, ô Ziyād, c’est que nous t’avons transféré de l’allégeance à Thaqīf à celle de Quraych, du rang de scribe au rang de celui qui monte en chaire, et de Ziyād ibn ʿUbayd à Ḥarb ibn Umayya. » Muʿāwiya lui dit : « Assieds-toi, que mon père et ma mère te soient sacrifiés. »

ʿAṭāʾ ibn as-Sāʾib rapporte que Muʿāwiya se mit en colère contre son fils Yazīd et cessa de lui adresser la parole. Alors al-Aḥnaf ibn Qays lui dit : « Ô Commandeur des croyants ! Ils sont nos enfants, le fruit de nos cœurs, le soutien de nos dos. Pour eux, nous sommes un ciel qui les ombrage et une terre qui se leur soumet. S’ils se fâchent, apaise-les ; s’ils réclament, donne-leur. Ne sois pas pour eux un fardeau : ils finiraient par se lasser de ta vie et souhaiter ta mort. » Muʿāwiya répondit : « Qu’Allāh te récompense, Abū Baḥr ! Ô garçon, va trouver Yazīd, salue-le de ma part et dis-lui que le Commandeur des croyants lui octroie cent mille dirhams et cent vêtements. » Yazīd demanda : « Est-ce de la part du Commandeur des croyants ? » L’envoyé répondit : « C’est de la part d’al-Aḥnaf. » Yazīd répliqua alors : « Qu’il en soit ainsi ; je partagerai avec lui ! » Il envoya ainsi à al-Aḥnaf cinquante mille dirhams et cinquante vêtements (1).

Aṭ-Ṭabarānī rapporte (selon Muḥammad ibn Zakariyyā al-Ghalābī, d’après Ibn ʿĀʾisha, d’après son père) que Yazīd, dans sa jeunesse, s’adonnait à la boisson, agissant comme le font certains jeunes hommes. Muʿāwiya s’en aperçut et comprit qu’il devait le sermonner avec douceur. Il lui dit : « Ô mon fils, tu es tout à fait capable d’atteindre ce que tu veux sans scandale qui nuirait à ta dignité et à ton rang, qui réjouirait ton ennemi et affligerait ton ami. » Puis il poursuivit : « Mon fils, je vais te réciter quelques vers ; sois-en pénétré et mémorise-les ! » Alors il récita :

« Consacre ton jour à la quête de l’élévation
Et endure la séparation de l’ami intime.
Lorsque la nuit survient avec ses ténèbres
Et que la paupière du guetteur est lourde de sommeil,
Savoure la nuit comme il te plaît,
Car la nuit est le jour de l’homme avisé.
Que de pécheurs que l’on croit ascètes !
Ils se livrent en cachette à d’étranges débordements,
Que la nuit recouvre de ses voiles :
Ils vivent alors dans la tranquillité et l’abondance.
Tandis que le plaisir de l’insensé est découvert,
Exposé à tout ennemi soupçonneux. » (2)

Et j’ai dit : Cela correspond à ce qu’enseigne le ḥadīth : « Celui qui est éprouvé par l’une de ces turpitudes, qu’il se dissimule sous le voile d’Allāh » (3).

(1) Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (28/22), cité par l’auteur de al-ʿAqd al-Farīd (2/437), dans lequel il est dit qu'il lui fut ordonné deux cent mille dirhams et deux cents tissus, puis Yazīd envoya à al-Ahnaf cent mille dirhams et cent tissus — qu'il partagea avec lui. (2) Le récit et les vers dans Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (28/22-23). (3) Rapporté par al-Ṭaḥāwī dans Sharḥ al-Mushkil (91) et (92), al-Ḥākim (4/244) et (383), ainsi que al-Bayhaqī dans al-Sunan al-Kubrā (8/330) avec une chaîne de transmission forte. Il fut également rapporté par Mālik dans al-Muwaṭṭaʾ (2386) selon la lecture d’al-Layth avec le commentaire du Dr Bachar, d'après Zayd ibn Aslam, de manière mursal.
زياد فصعد المنبر ثم افتخر بما يفعله بأرض العراق من تمهيد الممالك لمعاوية، فقام يزيد فقال: إن تفعل ذلك -يا زياد- فنحن نقلناك من ولاء ثقيف إلى قريش، ومن القلم إلى المنابر، ومن زياد بن عُبيد إلى حرب بن أميَّة. فقال له معاوية: اجلس فداك أبي وأمي. وعن عطاء بن السائب قال: غضب معاوية على ابنه يزيد، فهجره، فقال له الأحنف بن قيس: يا أمير المؤمنين! إنما هم أولادنا، ثمارُ قلوبنا، وعمادُ ظهورنا، ونحن لهم سماء ظليلة، وأرض ذليلة، إن غضبوا فأرضِهم، وإن طلبوا فأعطهِم، ولا تكن عليهم ثقلًا فيملُّوا حياتك ويتمنَّوا موتك. فقال معاوية: للَّه درُّك يا أبا بحر! يا غلام ائت يزيد فأقره مني السلام وقل له: إن أمير المؤمنين قد أمر لك بمئة ألف درهم ومئة ثوب. فقال يزيد: من عند أمير المؤمنين؟ فقال: الأحنف، فقال يزيد: لا جرم لأُقاسمنَّه! فبعث إلى الأحنف بخمسين ألفًا وخمسين ثوبًا (١) . وقال الطبراني: حدّثنا محمد بن زكريّا الغَلَابي، حدّثنا ابنُ عائشة، عن أبيه قال: كان يزيدُ في حداثته صاحبَ شراب، يأخذ مأخذ الأحداث، فأحسَّ معاويةُ بذلك، فأحس أن يعظَه في رفق، فقال: يا بني! ما أقدركَ على أن تصلَ إلى حاجتك من غير تهتُك يذهب بمروءتك وقدرك، ويشمت بك عدؤك، ويسيء بك صديقك. ثم قال: يا بنيّ! إني منشدُك أبياتًا فتأدَّبْ بها واحفظْها! فأنشَدَه: انصَبْ نهارًا في طِلَابِ العُلا … واصبِرْ على هَجْرِ الحَبيبِ القَرِيب حتَّى إذا اللَّيلُ أَتى بالدُّجى … واكتحلَتْ بالغُمضِ عينُ الرَّقِيب فباشِرِ اللَّيلَ بما تَشْتَهي … فإنَّما اللَّيلُ نهارُ الأَرِيب كمْ فاسِقٍ تحسبُهُ ناسِكًا … قد باشَرَ القَيلَ بأمرٍ عَجِيب غَطَّى عليهِ اللَّيلُ أسْتارَهُ … فباتَ في أَمنٍ وعيشٍ خَصِيب ولذَّةُ الأَحمقِ مكشُوفَةٌ … يسْعى بها كلُّ عدوٍّ مُرِيب (٢) قلت: وهذا كما جاء في الحديث: "مَن ابتُليَ بشيءٍ من هذِه القاذوراتِ فليسْتَتِرْ بسِتر اللَّهِ – Exalté soit-Il – " (٣) .
(١) مختصر تاريخ دمشق (٢٨/ ٢٢) وقد أورده صاحب العقد الفريد (٢/ ٤٣٧) وفيه: أنه أمر له بمئتي ألف درهم ومئتي ثوب، فبعث يزيد إلى الأحنف بمئة ألف ومئة ثوب - شاطره إياها. (٢) الخبر والأبيات في مختصر تاريخ دمشق (٢٨/ ٢٢ - ٢٣). (٣) أخرجه الطحاوي في شرح المشكل (٩١) و (٩٢)، والحاكم (٤/ ٢٤٤) و (٣٨٣)، والبيهقي في السنن الكبرى (٨/ ٣٣٠) بإسناد قوي. ورواه مالك في الموطأ (٢٣٨٦) برواية الليثي بتحقيق الدكتور بشار عن زيد بن أسلم مرسلًا.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies