La ville (Médine) me suffira dans l’au-delà, et si j’entre ensuite en enfer, je serai certes infortuné. Puis il mourut – qu’Allah le flétrisse – et fut inhumé à al-Mushallal(1)(2).
Husayn ibn Numayr partit alors avec l’armée en direction de La Mecque, où il arriva quatre jours avant la fin de Muharram, selon le témoignage d’al-Waqidi. D’autres avancent qu’il y arriva au bout de sept jours. De nombreux notables de Médine, qui restaient encore en vie, se rallièrent à Ibn al-Zubayr, rejoints également par Najda ibn ‘Amir al-Hanafi (originaire de Yamâma) et un groupe de ses gens, décidés à défendre la Maison sacrée contre l’armée venue de Syrie. Husayn ibn Numayr campa en dehors de La Mecque. Ibn al-Zubayr vint alors à sa rencontre avec les habitants de la ville et tous ceux qui l’appuyaient. Ce jour-là, le combat fut acharné : al-Mundhir ibn al-Zubayr affronta un soldat syrien et ils s’entretuèrent. L’armée syrienne porta ensuite une charge décisive, forçant les Mekkois à se replier. La monture de ‘Abd Allah ibn al-Zubayr trébucha, mais al-Miswar ibn Makhrama, Mus‘ab ibn ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Awf et d’autres combattants lui portèrent secours, mourant tous en le protégeant. Ibn al-Zubayr tint bon jusqu’à la nuit avant que l’ennemi ne se retire. Les affrontements se prolongèrent ainsi durant le reste de Muharram et tout le mois de Safar.
Puis, le samedi 3 Rabi‘ al-Awwal de l’an 64, ils installèrent des catapultes pour bombarder la Ka‘ba de projectiles enflammés. Le mur de la Ka‘ba prit feu en ce samedi, d’après al-Waqidi. Ils récitaient alors ces vers :
« Khaṭṭâra, pareille à l’étalon écumant,
dont on se sert pour lancer des projectiles sur les murs de cette mosquée(3). »
Quant à ‘Amr ibn Ḥawṭa al-Sadûsî, il répétait :
« Que penses-tu de l’acte d’Umm Farwah ?
Elle les saisit entre al-Safâ et al-Marwah(4). »
On appelait « Umm Farwah » la catapulte elle-même.
Selon certains, la Ka‘ba ne brûla que parce que les défenseurs du sanctuaire avaient allumé du feu autour d’elle, et que les flammes prirent sur ses tentures, gagnant ensuite la charpente et le toit. D’autres disent que le feu débuta quand Ibn al-Zubayr entendit, par une nuit sombre, le takbîr en provenance d’une montagne de La Mecque et crut qu’il s’agissait de l’armée syrienne. Il éleva alors une torche au bout d’une lance pour y voir plus clair, mais une étincelle, emportée par le vent, se logea entre l’angle yéménite et la Pierre Noire