Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit : « Lorsque l’un de vous atteint l’âge de quarante ans, qu’il prenne ses précautions vis-à-vis de Dieu. » Il dit aussi : « Si un messager de la part de mon Seigneur venait m’annoncer qu’Il me châtierait, je redoublerais d’efforts dans l’adoration pour ne pas me faire le reproche d’entrer en Enfer. Ne t’est-il pas parvenu la parole de Dieu le Très-Haut : “Et je jure par l’âme grandement blâmeuse.” (Al-Qiyâma, 2) ? C’est qu’ils se sont blâmés eux-mêmes lorsqu’ils furent précipités en Enfer et que les Zabâniyya (anges gardiens de l’Enfer) les saisirent. Ils furent alors empêchés de satisfaire leurs désirs, toutes leurs espérances furent rompues, la miséricorde leur fut retirée et chacun se mit à se blâmer lui-même. »

L’imam Ahmad a rapporté : « Masrûq fit le pèlerinage et ne dormit jamais autrement qu’en prosternation sur son visage jusqu’à son retour. Il priait tant et si bien que ses pieds finissaient enflés. » Il dit aussi : « Je place ma plus grande espérance en mon Seigneur lorsque le serviteur s’écrie : “Il n’y a ni grain ni argent dans la maison.” » Et il ajouta : « Il convient à l’homme de se ménager des moments de solitude pour se souvenir de ses péchés et implorer le pardon de Dieu. »

Ibn Marthad déclara : « L’ascèse (zuhd) parvint à huit hommes parmi les Successeurs (Tâbi‘în), dont Masrûq. » La femme de Masrûq disait : « On ne le trouvait jamais si ce n’est avec ses deux jambes enflées à force de prier longuement. » Lorsque Masrûq se trouva à l’agonie, il pleura. On lui demanda : « Pourquoi cette crainte ? » Il répondit : « Comment ne pas pleurer ? Il ne s’agit que d’un choc : je ne sais de quel côté on m’emportera, face à deux chemins, sans savoir si c’est vers le Paradis ou vers l’Enfer. »

Un jour de forte chaleur, il jeûnait jusqu’à perdre connaissance. Sa fille lui dit : « Romps ton jeûne. » Il lui demanda : « Que veux-tu de moi ? » Elle répondit : « Je veux être clémente envers toi. » Alors il s’exclama : « C’est précisément la clémence pour moi-même que je recherche au cours d’un Jour dont la durée sera de cinquante mille ans. »

Puis arriva l’an soixante-quatre de l’Hégire : au début de mouharram de cette année-là, Muslim ibn ‘Uqba se mit en route vers La Mecque, décidé à combattre Ibn az-Zubayr et ceux parmi les Bédouins qui l’avaient rejoint pour s’opposer à Yazîd ibn Mu‘âwiya. À Médine, il laissa comme gouverneur Rawh ibn Zunba‘. Lorsqu’il parvint à la passe de Thaniyya Harshâ, il convoqua les chefs de ses troupes et leur dit : « Le Commandeur des croyants m’a ordonné que, si la mort me surprenait, je vous confie à Husayn ibn Numayr as-Sakûnî. Par Dieu, si cela dépendait de moi, je ne l’aurais pas fait. »

Puis il fit appeler Husayn et lui déclara : « Écoute, ô fils de Bard‘a l’âne ! Tiens-toi à ce que je te recommande. » Il lui ordonna ensuite, une fois arrivé à La Mecque, de livrer immédiatement bataille à Ibn az-Zubayr avant trois jours. Puis il dit : « Ô Dieu ! Après avoir attesté qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu, je n’ai jamais accompli d’acte qui me soit plus cher que de tuer les gens de… »

(1) Le manuscrit (A) est seul à contenir cette traduction, tandis que dans les copies T et B, seul un nom usurpé a été rapporté comme étant décédé cette année. (2) Ce terme est transcrit dans al-Usul wa Tārīkh al-Ṭabarī (5/496) avec une prolongation (harshan). Yāqūt le mentionne dans son dictionnaire (5/397) sous la forme al-Qaṣr (harshī) et dit : c'est un col situé sur la route de La Mecque, près de al-Juḥfa, d'où l'on peut voir la mer. (3) Al-Bard‘a - avec le d et le dh - signifie le manteau de laine.
وقال: إذا بلغ أحدُكم أربعين سنة فليأخذ حِذره من اللَّه. وقال: لو أتاني آتٍ من ربي – Exalté soit-Il – فأخبرني أنه يعذبني لاجتهدت في العبادة لئلّا ألوم نفسي إن دخلت جهنم، أما بلغك من قوله تعالى: ﴿وَلَا أُقْسِمُ بِالنَّفْسِ اللَّوَّامَةِ﴾ [القيامة: ٢] ، إنما لاموا أنفسهم حين صاروا إلى جهنم واعتنقتهم الزبانية، وحِيل بينهم وبين ما يشتهون، وانقطعت عنهم الأماني، ورُفعت عنهم الرحمة، وأقبل كل امرئٍ منهم يلوم نفسه. قال الإمام أحمد: حج مسروق فلم ينم إلّا ساجدًا على وجهه حتى رجع. وكان يصلِّي حتى تورَّم قدماه. وقال: إنّ أحسن ما أكون ظنًا بربي حين يقول الخادم: ليس في البيت قَفيز ولا درهم. وقال: إن المرء لحقيق أن يكون له مجالس يخلو فيها يتذكر ذنوبه، فيستغفر اللَّه منها. قال ابن مرثد: انتهى الزهد إلى ثمانية من التابعين منهم مسروق. وقد قالت امرأة مسروق: ما كان يوجد إلّا وساقاه قد انتفختا من طول الصلاة. ولما احتُضر بكى، فقيل له: ما هذا الجزع؟ فقال: ومالي لا أبكي وإنما هي هَدَّة ثم لا أدري أين يُسلك بي بين يدي طريقين لا أدري إلى الجنة أو إلى النار. وكان صائمًا في يوم حار، فغُشي عليه، فقالت له ابنته: أفطِر، فقال لها: ما أردت بي؟ قالت: الرفق، قال: إنما أطلب الرفق لنفسي في يوم كان مقداره خمسين ألف سنة] (١) . [ثم دخلت سنة أربع وستين] ففيها -في أول المحرم منها- سار مسلم بن عقبة إلى مكة قاصدًا قتال ابن الزبير ومن التف عليه من الأعراب على مخالفة يزيد بن معاوية، واستخلف على المدينة رَوْح بن زنباع، فلما بلغ ثنيَّة هَرْشى (٢) بعث إلى رؤوس الأجناد فجمعهم فقال: إن أمير المؤمنين عهد إليَّ إن حدث بي حادث الموت أن أستخلف عليكم حُصين بن نمير السَّكوني، وواللَّه لو كان الأمر إليَّ ما فعلت. ثم دعا به فقال: انظر يا بن بردعة (٣) الحمار فاحفظ ما أوصيك به، ثم أمره إذا وصل مكة أن يناجز ابن الزبير قبل ثلاث. ثم قال: اللهم إني لم أعمل عملًا قط -بعد شهادة أن لا إله إلا اللَّه وأن محمدًا رسول اللَّه- أحب إليَّ من قتل أهل
(١) انفردت النسخة (أ) بهذه الترجمة، ولم يرد في ط، ب إلا اسم مسروق على أنه توفي في هذه السنة. (٢) رسمت هذه اللفظة في الأصول وتاريخ الطبري (٥/ ٤٩٦): بالمد (هرشا). وقد قيدها ياقوت في معجمه (٥/ ٣٩٧) بالقصر (هرشى) وقال: هي ثنية في طريق مكة قريبة من الجُحْفة، يرى منها البحر. (٣) البردعة -بالدال والذال- الحلس.

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