(1) Seule une brève période s’écoula avant que Dieu – Celui qui a anéanti les tyrans avant et après lui – ne le brisât. En vérité, Il est le Tout-Connaissant, le Tout-Puissant.
Au cours de cette même année, un grand nombre de personnes célèbres et éminentes, qu’il s’agisse de Compagnons ou d’autres, moururent lors de l’événement d’al-Harrah, leur énumération serait trop longue. Parmi les Compagnons les plus illustres figurent : ‘Abd Allâh ibn Hanzalah (2), gouverneur de Médine lors de l’incident d’al-Harrah, Ma‘qil ibn Sinân (3) et ‘Abd Allâh (4) ibn Zayd ibn ‘Âsim– qu'Allah soit satisfait d'elle –.
Au nombre de ceux qui décédèrent cette année-là se trouve également Masrûq ibn al-Ajda‘ (5). Son père al-Ajda‘ – nommé ‘Abd al-Rahmân ibn Mâlik – était considéré comme le meilleur cavalier du Yémen. On raconte que Masrûq administra certaines provinces. Lorsqu’il retourna auprès des siens, ils examinèrent ses provisions et n’y trouvèrent qu’une hache sans manche. Ils lui dirent : « Tu es parti deux ans, puis tu reviens avec une simple hache, sans même son manche ? » Il répondit : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. C’était une hache que nous avions empruntée et que nous avons ensuite oublié de rendre. »
Le gouverneur de Bassora voulut offrir à Masrûq trente mille (pièces), mais il refusa de les accepter alors qu’il était pourtant l’un des plus nécessiteux. Lorsqu’il fut nommé juge, il ne touchait aucune rémunération pour cette fonction. Le cadi Shurayh le consultait, tandis que lui-même ne demandait pas conseil à Shurayh. Il veillait en prière au point que ses pieds en enflaient.
Masrûq fréquenta Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân. Il rapporta des récits d’un grand nombre de Compagnons et fut présent lors de l’arbitrage (des deux arbitres). Il disait : « Il suffit à un homme d’ignorance de s’enorgueillir de ses actes et il suffit à un homme de science de craindre Dieu. »