Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ce tyran (1) déclara : « Par Dieu, je les tuerai après leur avoir fait du bien et leur avoir pardonné à maintes reprises ! »

Alors an-Nuʿmân lui dit : « Ô Commandeur des croyants ! Je t’en conjure par Dieu au sujet de ta tribu et des auxiliaires du Messager de Dieu ﷺ. » Quant à ʿAbd Allâh ibn Jaʿfar, il lui demanda : « Que ferais-tu s’ils revenaient à ton obéissance ? Les accepterais-tu ? » Il répondit : « S’ils se soumettent, alors il n’y a pas de raison de leur faire de tort. »

Yazîd dit à Muslim ibn ʿUqbah : « Fais appel au peuple trois fois : s’ils reviennent à l’obéissance, alors accepte leur soumission et cesse toute hostilité à leur égard ; sinon, demande l’aide de Dieu et combats-les. Et lorsque tu prendras le dessus sur eux, tu donneras Médine à tes hommes pour trois jours, puis tu cesseras (de sévir) contre les gens. Accorde ensuite ta protection (et tes bons soins) à ʿAlî ibn al-Ḥusayn et rapproche-le (de toi), car il n’a pris part à rien de ce qu’ils ont fait. » Il lui ordonna aussi, une fois l’affaire de Médine terminée, d’aller à la Mecque pour assiéger Ibn az-Zubayr (2). Il ajouta : « S’il devait t’arriver quelque chose, c’est Ḥuṣayn ibn Numayr as-Sakûnî qui prendra la tête des gens. »

Yazîd avait déjà écrit à ʿUbayd Allâh ibn Ziyâd pour qu’il se rende auprès d’Ibn az-Zubayr et l’assiège à la Mecque. Mais ce dernier refusa en disant : « Par Dieu, je ne réunirai jamais ces deux tâches pour le pécheur : tuer le fils de la fille du Messager de Dieu ﷺ et attaquer la Maison sacrée ?! » Après le meurtre de al-Ḥusayn, sa mère Marjâna l’avait admonesté en disant : « Malheur à toi ! Qu’as-tu fait et commis ?! » et l’avait vertement réprimandé.

On rapporte que Yazîd apprit qu’Ibn az-Zubayr disait dans ses prêches : « Yazîd le singe, buveur de vin, qui délaisse la prière et se consacre aux chanteuses. » Lorsqu’il équipa l’armée sous le commandement de Muslim ibn ʿUqbah et passa ses troupes en revue à Damas, il répétait :

« Informez Abû Bakr lorsque l’armée s’avance,
Et qu’elle surplombe Wâdî al-Qurâ.
Vous verrez tous ces gens ivres,
Ô étonnement devant un impie régnant sur la Mère des cités !
Qui trompe la religion et décrète mensonge (4). »

Dans une autre version :

« Informez Abû Bakr lorsque la situation s’aggrave,
Et que l’armée se trouve à Wâdî al-Qurâ.
Vingt mille, jeunes et moins jeunes,
Tous ivres, voyez-vous (5). »

On raconte que Muslim marcha avec l’armée sur Médine. Lorsqu’ils approchèrent, les habitants de Médine s’employèrent à assiéger Banû Umayya, leur disant : « Par Dieu, nous vous tuerons jusqu’au dernier si vous ne nous donnez pas la garantie de ne guider personne vers nous parmi ces gens de Syrie et de ne pas prendre parti contre nous. » Ils (Banû Umayya) leur promirent sous serment. Cependant, quand l’armée arriva, Banû Umayya partit à sa rencontre. Alors Muslim les questionna

(1) « al-Ghuthmah » : l'opprimant. (2) Altération dans l'édition imprimée en « Namīr ». (3) Omission dans l'édition imprimée. (4) « al-Firā » : pluriel de « Fariyyah », signifiant le mensonge. (5) Les vers sont cités dans l’Histoire de Ṭabarī (5/484), Ibn al-ʿAthīr (4/112) et le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (24/293).
هذا الغشمة (١) ، واللَّه لأقتلنَّهم بعد إحساني إليهم وعفوي عنهم مرة بعد مرة، فقال النعمان: يا أمير المؤمنين! أنشدك اللَّه في عشيرتك وأنصار رسول اللَّه ﷺ . وقال له عبد اللَّه بن جعفر: أرأيت إن رجعوا إلى طاعتك أتقبل منهم؟ قال: إن فعلوا فلا سبيل عليهم. وقال يزيد لمسلم بن عقبة: ادع القوم ثلاثًا، فإن رجعوا إلى الطاعة فاقبل منهم، وكفَّ عنهم، وإلا فاستعن باللَّه وقاتلهم، وإذا ظهرتَ عليهم فأَبحِ المدينة ثلاثًا ثم اكفف عن الناس، وانظر إلى علي بن الحسين فاكفف عنه، واستوص به خيرًا، وأَدنِ مجلسه، فإنه لم يدخل في شيء مما دخلوا فيه. وأمره إذا فرغ من المدينة أن يذهب إلى مكة لحصار ابن الزبير (٢) . وقال له: إن حدث بك أمر فعلى الناس حصين بن نمير السَّكوني. وقد كان يزيد كتب إلى عبيد اللَّه بن زياد أن يسير إلى [ابن] (٣) الزبير فيحاصره بمكة، فأبى عليه وقال: واللَّه لا أجمعهما للفاسق أبدًا، أقتل ابن بنت رسول اللَّه ﷺ وأغزو البيت الحرام؟ ! وقد كانت أمُّه مَرجانة قالت له حين قتل الحسين: ويحك ماذا صنعت وماذا ركبت؟! وعنَّفته تعنيفًا شديدًا. قالوا: وقد بلغ يزيد أن ابن الزبير يقول في خطبته: يزيد القرود، شارب الخمور، تارك الصلوات، متعكف على القينات. فلما جهَّز مسلم بن عقبة واستعرض الجيش بدمشق جعل يقول: أَبْلِغْ أبا بكرٍ إذا الجيشُ سَرى … وأَشرفَ الجيشُ على وادي القُرى أَجَمْعَ سكرانَ من القومِ تَرى … يا عَجبًا من مُلحدٍ في أمِّ القُرى مخادعٍ للدَّين يَقْضي بالفِرى (٤) وفي رواية: أَبْلِغْ أبا بكرٍ إذا الأمرُ انْبَرى … ونَزَلَ الجيشُ على وادي القُرى عشرونَ ألفًا بينَ كهلٍ وفتى … أَجَمْعَ سكرانَ من القوم تَرى (٥) قالوا: وسار مسلم بمن معه من الجيوش إلى المدينة، فلما اقترب مها اجتهد أهل المدينة في حصار بني أمية وقالوا لهم: واللَّه لنقتلنَّكم عن آخركم أو تعطونا مَوْثقًا ألا تدلُّوا علينا أحدًا من هؤلاء الشاميِّين، ولا تمالئوهم علينا، فأعطَوهم العهود بذلك، فلما وصل الجيش تلقاهم بنو أمية، فجعل مسلم يسألهم
(١) "الغثمة": الظالم. (٢) تحرف في المطبوع إلى: نمير. (٣) سقطت من المطبوع. (٤) "الفِرى": جمع فرية، وهي الكذبة. (٥) الأبيات في تاريخ الطبري (٥/ ٤٨٤) وابن الأثير (٤/ ١١٢) ومختصر تاريخ دمشق (٢٤/ ٢٩٣).

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