Il était le frère utérin de ‘Uthmân ibn ‘Affân, né de leur mère Arwâ bint Kurayz ibn Rabî‘a ibn Habîb ibn ‘Abd Shams, dont la mère était Umm Hakîm al-Baydhâ’ bint ‘Abd al-Muttalib. Al-Walîd avait pour frères : Khâlid, ‘Amâra et Umm Kulthûm.
Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) fit exécuter son père après la bataille de Badr, parmi les prisonniers, le mettant à mort devant lui. Son père lui dit : « Ô Muhammad, qui se chargera des enfants ? » Il répondit : « Ils auront le Feu. » (1) Le même sort fut également réservé à an-Nadr ibn al-Hârith.
Al-Walîd se convertit à l’Islam le jour de la conquête (de La Mecque). Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) l’envoya alors pour percevoir les aumônes légales (zakât) auprès des Banû al-Muṣṭaliq. Ceux-ci vinrent à sa rencontre et, croyant qu’ils voulaient l’attaquer, il retourna en informer le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Celui-ci songea à leur envoyer une armée, mais la nouvelle parvint aux Banû al-Muṣṭaliq, et certains d’entre eux vinrent s’excuser et expliquer la réalité de la situation. C’est à ce sujet que Dieu – Exalté soit-Il – fit descendre au sujet d’al-Walîd le verset suivant : « Ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en la véracité, de peur que vous ne portiez atteinte, par ignorance, à un peuple et que vous ne regrettiez ensuite ce que vous avez fait » (sourate Al-Ḥujurât, v. 6). Divers exégètes l’ont mentionné (2), et Dieu sait mieux quelle en est l’authenticité. Abû ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr (3) a rapporté qu’il y avait unanimité à ce sujet.
‘Umar (qu’Allah l’agrée) confia à al-Walîd la collecte de l’aumône légale parmi Banû Taghlib, puis ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) le nomma gouverneur de Kûfa, après Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ, en l’an vingt-cinq de l’Hégire. Mais al-Walîd but du vin, dirigea la prière pour ses compagnons, puis se tourna vers eux après avoir terminé pour leur demander : « Voulez-vous que je continue ? » Il se comporta de façon confuse. ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) le fouetta et le démit de ses fonctions à Kûfa au bout de quatre ans. Al-Walîd s’y installa quelque temps, puis lorsque ‘Alî (qu’Allah l’agrée) arriva en Irak, al-Walîd gagna ar-Raqqah, y acheta un domaine et s’y établit, se tenant à l’écart de toutes les guerres de l’époque de ‘Alî et de Mu‘âwiyah, et de ce qui s’ensuivit, jusqu’à son décès sur ses terres cette même année. Il fut enterré dans son domaine, à environ quinze milles d’ar-Raqqah.
On dit aussi qu’il serait décédé à l’époque de Mu‘âwiyah. Dieu sait mieux ce qu’il en est. L’imam Aḥmad et Abû Dâwud (4) ont rapporté de lui un unique hadith concernant la conquête de La Mecque.
Ibn al-Jawzî mentionne son décès cette année-là, et évoque également la mort de Maymûnah bint al-Ḥârith al-Hilâliyya, Mère des Croyants, dont le décès a déjà été rapporté en l’an 51 de l’Hégire. Certains disent qu’elle mourut en l’an 63, d’autres en l’an 66. Toutefois, l’avis correct est celui que nous avons mentionné précédemment.