Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Fama in raʾā ar-rāʾūna afḍala minhum…
Au moment de la mort, ils étaient des maîtres et des astres resplendissants.

Veux-tu les tuer injustement tout en espérant notre amitié ? Voilà un dessein qui ne nous sied guère.

Par ma vie, vous nous avez provoqués en les mettant à mort ; que de rancunes désormais, que de ressentiment de notre part à votre égard !

Bien souvent, je songe à marcher à la tête d’une puissante armée contre un groupe qui s’est détourné du droit chemin dans l’injustice.

Ô fils de Ziyād, tiens-toi prêt pour notre combat et un affrontement difficile qui brisera le dos par sa rudesse.

(1)

Al-Zubayr ibn Bakkār a rapporté ces vers de Sulaymān ibn Qatta (2), prononcés dans l’élégie qu’il composa pour al-Ḥusayn — que la paix soit sur lui :

« En vérité, le tué de Ṭaff, issu de la famille de Hāshim,
A fait ployer de nombreuses cous de Qurayš, et ils se sont tous inclinés.

Si vous poursuivez celui qui a cherché refuge dans la Maison sacrée,
Vous deviendrez comme le peuple de ‘Ād, aveuglé par sa propre injustice et égaré.

Je suis passé près des demeures des descendants de Muḥammad
Et je les ai trouvées telles qu’en elles-mêmes, là où elles avaient élu domicile.

Ils étaient pour nous un profit, mais ils se sont mués en grand désastre ;
Certes, ces calamités furent immenses et d’une gravité extrême.

Que Dieu ne bannisse point ces maisons et leur peuple,
Quand bien même, malgré moi, elles furent abandonnées.

Lorsque la tribu de Qays faiblissait, nous l’assistions dans son indigence,
Et voici que Qays nous tue dès que sa sandale trébuche.

Yazīd garde en lui une goutte de notre sang,
Nous les en rétribuerons un jour, où qu’ils se trouvent.

Ne vois-tu pas que la terre est devenue malade,
À cause du meurtre d’al-Ḥusayn ? Et tous les pays en ont frissonné. »

[Parmi les événements survenus cette même année – c’est-à-dire l’an 61 de l’Hégire – après le martyre de Ḥusayn]

Cette année-là, Yazīd ibn Mu‘āwiya nomma Salm ibn Ziyād gouverneur de Sijistān et du Khurāsān lorsqu’il vint lui rendre hommage. Il n’avait alors que vingt-quatre ans. Yazīd destitua à cette occasion les deux frères de Salm, ‘Abbād et ‘Abd ar-Raḥmān, de leurs postes. Salm se rendit dans ses provinces, sélectionna les notables et les cavaliers, incitant les gens au jihād. Puis il partit, à la tête d’une imposante armée, pour mener une expédition contre les terres des Turcs. Son épouse, Umm Muḥammad, fille de ‘Abd Allāh ibn ‘Uthmān ibn Abī l-‘Āṣ, l’accompagnait ; elle fut la première femme arabe à traverser ce fleuve avec eux.

(1) Le récit intégral se trouve dans l’Histoire de Ṭabarī (5/469-470), ainsi que dans Ibn al-Athīr (4/288-289) et dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (15/308). Le dernier vers est omis dans B et ne m’a pas été trouvé dans les sources mentionnées, mais il apparaît bien dans ces ouvrages : فكفوا وإلا ذدتكم في كتائب … أشد عليكم من زحوف الديالمه (2) Ibn Ḥajar et d’autres l’ont consigné de cette manière – avec une qāf ouverte et un tāʾ moussadda. Dans A et Ṭ, il a été tronqué en « Qutayba ». Les vers – ou certains d’entre eux – se trouvent dans le commentaire du Dīwān al-Ḥamāsah (2/961), al-Istiʿāb (1/394), al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (4/91), Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (7/158), Siyar aʿlām al-nubalāʾ (3/318) et dans l’Muʿjam al-Buldān (ṭ-ṭ) (4/36), où Yāqūt les attribue à Abū Dahbal, sans pour autant que cette attribution soit suivie par d’autres.
فما إنْ رأى الرّاؤونَ أفضلَ منهُمُ … لدَى الموتِ سَاداتٌ وزهرٌ قماقمَهْ أتقتلُهمْ ظلمًا وترجُو وِدَادَنا … فَذِي خطَّةٌ ليسَتْ لنا بملائمَهْ لَعَمري لقد راغَمْتُونا بقَتلِهمْ … فكمْ ناقمٍ منّا عليكُمْ وناقمَهْ أَهُمُّ مِرارًا أن أسِيرَ بجَحْفلٍ … إلى فِئَةٍ زاغَتْ عن الحقِّ ظالمَهْ فيابنَ زيادِ إسْتَعِدَّ لحَرْبِنا … وموقفِ ضَنْكٍ تقصِمُ الظَّهرَ قاصمَهْ (١) وقال الزبير بن بكار: قال سليمان بن قَتَّة (٢) يرثي الحسين (رضي الله عنه) : وإنَّ قتيلَ الطَّفِّ منْ آلِ هاشِمٍ … أذلَّ رقابًا منْ قريشٍ فذَلَّتِ فإنْ تُتْبعوهُ عائذَ البيتِ تُصْبحوا … كعادٍ تعمَّتْ عن هُداها فضَلَّتِ مررتُ علَى أبياتِ آلِ محمَّدِ … فأَلفيتُها أمثالَها حيثُ حلَّتِ وكانُوا لنا غُنْمًا فعادُوا رزيَّةَ … لقد عظُمَتْ تلكَ الرَّزايا وجَلَّتِ فلا يُبْعِدِ اللَّهُ الدِّيارَ وأهلَها … وإنْ أصبحتْ منهُمْ برَغْمي تخَلَّتِ إذا افتقرَتْ قيسٌ جَبَرْنا فقيرَها … وتقتُلُنا قيسٌ إذا النَّعلُ زَلَّتِ وعندَ يزيدِ قطرةٌ منْ دمائِنا … سنَجْزيهمُ يومًا بها حيثُ حلَّتِ أَلَمْ ترَ أن الأرضَ أضحتْ مريضةً … لقتلِ حسَينِ والبلاد اقشَعَرَّتِ [ومما وقع من الحوادث في هذه السنة -أعني سنة إحدى وستين- بعد مقتل الحسين] ففيها ولَّى يزيد بن معاوية سَلْمَ بن زياد سجستان وخراسان حين وفد عليه، وله من العمر أربع وعشرون سنة، وعزل عنها أخويه عبّادًا وعبد الرحمن. وسار سَلْم إلى عمله، فجعل ينتخب الوجوه والفرسان، ويحرِّض الناس على الجهاد، ثم خرج في جحفل عظيم ليغزوَ بلاد الترك، ومعه امرأته أمُّ محمد بنت عبد اللَّه بن عثمان بن أبي العاص، فكانت أول امرأة من العرب قُطع بها النهر،
(١) الخبر بطوله في تاريخ الطبري (٥/ ٤٦٩ - ٤٧٠) وأيضًا في ابن الأثير (٤/ ٢٨٨ - ٢٨٩) ومختصر تاريخ دمشق: (١٥/ ٣٠٨). والبيت الأخير سقط من ب ولم أجده في المصادر المشار إليها، لكن ورد في تلك المصادر: فكفوا وإلا ذدتكم في كتائب … أشد عليكم من زحوف الديالمه (٢) كذا ضبطه ابن حجر وغيره - بفتح القاف والتاء المشددة. وقد تحرف في أ، ط إلى: قتيبة. والأبيات -أو بعضها- في شرح ديوان الحماسة (٢/ ٩٦١) والاستيعاب (١/ ٣٩٤) والكامل لابن الأثير (٤/ ٩١) ومختصر تاريخ دمشق (٧/ ١٥٨) وسير أعلام النبلاء (٣/ ٣١٨) ومعجم البلدان (الطف) (٤/ ٣٦) وقد نسبها فيه ياقوت لأبي دهبل، ولم يتابع على ذلك.

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