Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Après lui, un grand nombre de notables de Quraych la demandèrent en mariage. Elle déclara : « Je ne prendrais jamais de beau-père après le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui). Par Dieu, je ne vivrai jamais sous le même toit qu’un homme après al-Husayn. » Elle demeura dans une profonde affliction jusqu’à sa mort. On rapporte qu’elle ne vécut que quelques jours après lui, et Dieu sait mieux. [Quant à sa fille, Soukaynah bint al-Husayn, elle était parmi les plus belles femmes, à tel point qu’aucune, en son temps, n’était plus belle qu’elle, et Dieu sait mieux.]

Abou Mikhnaf a rapporté, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Jundub : après le meurtre d’al-Husayn, Ibn Ziyâd s’enquit des notables de Koufa et ne vit pas ‘Oubayd Allâh ibn al-Hurr ibn Yazîd ; il le rechercha alors jusqu’à ce qu’il arrivât à lui [plusieurs jours plus tard]. Ibn Ziyâd lui demanda : « Où étais-tu donc, Ibn al-Hurr ? » Il répondit : « J’étais malade. » Ibn Ziyâd poursuivit : « Malade de cœur ou malade de corps ? » Il dit : « En ce qui concerne mon cœur, il n’a pas été atteint, mais quant à mon corps, Dieu lui a accordé la guérison. » Ibn Ziyâd répliqua : « Tu mens, tu étais plutôt avec nos ennemis. » Il répondit : « Si j’avais été avec vos ennemis, un homme tel que moi n’aurait pas pu passer inaperçu, et les gens l’auraient su. » Ibn Ziyâd s’étant ensuite distrait de lui un instant, Ibn al-Hurr en profita pour sortir, et, une fois à cheval, déclara : « Dites-lui que, par Dieu, je ne viendrai pas à lui de mon plein gré. »

Lorsque Ibn Ziyâd apprit son départ, il ordonna : « Amenez-le-moi. » Ses agents partirent donc à sa poursuite. Il leur adressa alors des propos durs qu’ils détestèrent, fit l’éloge d’al-Husayn, de son frère et de son père, puis prononça contre Ibn Ziyâd des paroles virulentes. Il leur tint tête et composa des vers en hommage à al-Husayn et à ses compagnons :

« Un émir qui se montre félon, vraiment félon, dit :
“Pourquoi n’as-tu pas combattu le martyr, fils de Fâtimah ?”
Mon âme me blâme pour l’avoir laissé et m’être tenu à l’écart,
Et pour avoir prêté allégeance à celui qui rompt son serment.

Ô mon regret de ne l’avoir point soutenu !
Tout être qui ne vise pas la justesse s’en repentira.

Puisse Dieu abreuver de Sa miséricorde les âmes
De ceux qui se sont unis pour le secourir d’une pluie continue.

Je me suis arrêté devant leurs tombes et leurs champs de bataille,
Et mon cœur faillit se briser tandis que mes yeux s’emplissaient de larmes.

Par ma vie, ils furent vaillants dans l’âpreté du combat,
Promptes à la mêlée, protecteurs aguerris et fougueux.

Ils ont tous ensemble porté secours au fils de la fille de leur Prophète
Par leurs épées de lions redoutables.

Si vous exécutez ces âmes pieuses par dissimulation,
La terre s’en trouvera affligée. »

= Mes deux filles souhaitaient que leur père vive... Et ne suis-je pas de Rabīʿa ou de Maḍar ? (1) Entre deux haṣīra(s), il n’y a rien dans B. (2) Ainsi dans A et dans l’Histoire de Ṭabarī. Dans T, il y a eu confusion : il est dit ʿuqlah au lieu de ʿaqala venant d’Ibn Ziyād. (3) Entre deux haṣīra(s), B a abrégé en : « Alors Ibn al-Ḥirr dit à Ibn Ziyād des paroles dures qu’il détestait, puis il sortit de chez lui. » (4) Ce vers ne se trouve que dans le manuscrit B. Il a été rapporté par Ibn ʿAsākir et Ibn al-Athīr. (5) Ce vers est erroné dans l’édition imprimée, où la deuxième hemistiche est donnée ainsi : « Pour celui qui vit dans le regret tant qu’il ne quitte jamais une compagne, » ce qui est un hémistiche d’un vers cité par Ṭabarī et Ibn ʿAsākir mais absent des manuscrits de notre édition. Sa formulation est : « Et moi, parce que je n’étais pas de ses alliés... pour celui qui vit dans le regret tant qu’il ne quitte jamais une compagne. »
وقد خطبها بعده خلق كثير من أشراف قريش، فقالت: ما كنت لأتَّخذ حموًا بعد رسول اللَّه ﷺ ، وواللَّه لا يؤويني ورجلًا بعد الحسين سقفٌ أبدًا. ولم تزل كمِدةً حتى ماتت. ويقال: إنها إنما عاشت بعده أيامًا يسيرة، فاللَّه أعلم [وابنتها سُكينة بنت الحسين كانت من أجمل النساء حتى إنه لم يكن في زمانها أحسن منها، فاللَّه أعلم] (١) . وروى أبو مخنف، عن عبد الرحمن بن جندب: أن ابن زياد -بعد مقتل الحسين- تفقد أشراف أهل الكوفة، فلم ير عبيد اللَّه بن الحرّ بن يزيد، فتطلَّبه حتى جاءه [بعد أيام، فقال: أين كنت يا بن الحرّ؟ قال: كنت مريضًا، قال: مريض القلب أم مريض البدن؟ قال: أمّا قلبي فلم يمرض، وأمّا بدني فقد منَّ اللَّه عليه بالعافية. فقال له ابن زياد: كذبتَ، ولكنَّك كنت مع عدوِّنا، قال: لو كنتُ مع عدوك لم يخفَ مكانُ مثلي ولكان الناس شاهدوا ذلك. قال: وغفل عنه ابن زياد غفلة (٢) ، فخرج ابن الحرِّ فقعد على فرسه، ثم قال: أبلغوه أني لا آتيه -واللَّه- طائعًا. فقال ابن زياد: أين ابن الحرّ؟ قالوا: خرج، فقال: عليَّ به، فخرج الشُّرط في طلبه، فأسمعهم غليظ ما يكرهون، وترضَّى عن الحسين وأخيه وأبيه، ثم أسمعهم في ابن زياد غليظًا من القول] (٣) ثم امتنع منهم وقال في الحسين وفي أصحابه شعرًا: يقولُ أميرٌ غادرٌ حقّ غادرٍ … ألا كنتَ قاتلتَ الشَّهيدَ ابنَ فاطِمَهْ [ونَفْسي على خذْلانِهِ واعْتِزالِهِ … وبَيْعَةِ هذا الناكثِ العَهْدِ لائمَهْ] (٤) فيا نَدَمي أنْ لا أكونَ نصرتُهُ … ألا كلُّ نفسٍ لا تُسَدَّدُ نادمَهْ (٥) سَقَى اللَّهُ أرواحَ الذينَ تآزرُوا … على نَصْرِهِ سُقْيا من الغيثِ دائمَهْ وقفتُ على أَجْداثِهِمْ ومَجَالهِمْ … فكادَ الحشي يَنْقَضُّ والعينُ ساجمَهْ لَعَمْري لقد كانُوا مَصَاليتَ في الوغى … سِراعًا إلى الهَيْجا حُماةً خضارمَهْ تآسَوْا علَى نصرِ ابنِ بنتِ نبيِّهِمْ … بأسْيافِهِمْ آسَاد غِيْلٍ ضراغمَهْ فإنْ تقتلُوا تلكَ النفوسَ تقيَّةً … علَى الأرضِ قَدْ أضحتْ لذلكَ واجمَهْ
= تمنى ابنتاي أن يعيش أبوهما … وهل أنا إلا من ربيعة أو مضر (١) ما بين حاصرتين ليس في ب. (٢) كذا في أ وتاريخ الطبري. ووقعت في ط: وعقل عن ابن زياد عقلة. (٣) ما بين حاصرتين اختصر في ب إلى: فأسمع ابن الحر لابن زياد غليظ ما يكره، ثم خرج من عنده. (٤) هذا البيت في النسخة ب فقط. وقد أورده ابن عساكر وابن الأثير. (٥) اضطرب هذا البيت في المطبوع، حيث ورد الشطر الثاني فيه: لذو حسرة ما إن تفارق لازمة، وهذا شطر من بيت ذكره الطبري وابن عساكر ولم يرد في نسخ كتابنا، ولفظه: وإني لأني لم أكن من حماته … لذو حسرة ما إن تفارق لازمة

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