Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Selon le témoignage d’Ishaq ibn Ibrahim, on rapporte qu’al-Husayn visita les tombes des martyrs au Baqî‘ et déclara :

« J’ai interpellé les habitants des tombes, mais ils sont demeurés silencieux… C’est pourtant le deuil des dépouilles qui m’a répondu dans leur mutisme. Ils me dirent : “Sais-tu ce que j’ai fait à ceux qui y reposaient ? J’ai lacéré leur chair et déchiré leurs linceuls ; j’ai rempli leurs yeux de poussière, alors qu’auparavant le moindre grain les importunait. Quant à leurs os, je les ai disséqués jusqu’à séparer les articulations et les membres ; j’ai séparé celui-ci de celui-là et celui-là d’un autre, avant de les laisser en lambeaux, exposés à la décomposition.” » (1)

On rapporte aussi que quelqu’un récita, en l’attribuant à al-Husayn :

« Si ce monde est estimé précieux, la Demeure de la récompense de Dieu est plus élevée et plus noble. Et si les corps sont voués à la mort, mourir par l’épée dans la voie de Dieu est plus éminent. Et si la subsistance est décrétée d’avance, il est plus beau de restreindre l’ardeur dans la quête du gain. Et si les biens sont amassés pour être finalement abandonnés, pourquoi celui qui sait qu’il les laissera un jour s’en montre-t-il avare ? » (2)

Al-Zubayr ibn Bakkar a également rapporté des vers composés par al-Husayn au sujet de son épouse al-Rabâb bint Anîf – on dit aussi qu’elle était fille d’Imru’ al-Qays ibn ‘Adî ibn Aws al-Kalbî –, mère de sa fille Sukayna :

« Par ta vie, j’aime assurément la demeure où résident Sukayna et al-Rabâb. Je les aime toutes deux et leur consacre le meilleur de mes biens ; le reproche de ceux qui blâment ne peut m’en détourner. Et je ne leur obéirai point, même s’ils se plaignent, tant que je resterai en vie, jusqu’à ce que la terre me recouvre. » (3)

Son père s’était converti à l’islam entre les mains de ‘Umar ibn al-Khattâb, qui l’établit gouverneur de sa tribu. À sa sortie, ‘Ali ibn Abî Tâlib lui demanda de marier ses filles à ses deux fils, al-Hasan et al-Husayn. Ainsi, il maria sa fille Salmâ à al-Hasan, et sa fille al-Rabâb à al-Husayn ; il maria aussi sa troisième fille – al-Muhayyâ bint Imru’ al-Qays – à ‘Ali, dans la même cérémonie. Al-Husayn aima profondément al-Rabâb et l’admirait beaucoup, au point de composer des poèmes pour elle. Lorsqu’il fut tué à Karbalâ’, elle se trouvait à ses côtés et fut accablée par un chagrin intense. Il est dit qu’elle demeura une année auprès de sa tombe, puis s’en alla en disant :

« Dans un an, que la paix soit sur vous deux. Car celui qui pleure une année entière aura ainsi accompli son devoir. » (5)

(1) Source précédent. (2) Les vers sont dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (7/133). (3) Les vers sont dans Nasab Quraysh (59) et al-Aghānī (16/139-140). (4) La lettre wāw a été omise dans la copie. (5) Le vers est d’al-Bayd, provenant de son dīwān, édition Ṣādir (p. 79), extrait d’un poème qu’il a récité en s’adressant à ses deux filles lors de sa dernière maladie, dont le début est :
وعن إسحاق بن إبراهيم قال: بلغني أن الحسين زار مقابر الشهداء بالبقيع فقال: نادَيتُ سكانَ القبورِ فأُسْكِتوا … وأَجابني عَنْ صَمْتِهِمْ ندبُ الجُثى قالتْ أَتدري ما فعلتُ بسَاكني … مزَّقتُ لحمَهُمُ وخرَّقتُ الكُسَا وحَشَوْتُ أعينَهُيم ترابًا بعدَما … كانتْ تأَذّى باليسيرِ من القَذَى أما العِظامُ فإنَّني مزَّقْتُها … حتّى تباينتِ المفاصِلُ والشَّوى قطَّعتُ ذا مِنْ ذا ومن هذا كذا … فتركْتُها رِمَمًا يطوفُ بها البِلي (١) وأنشد بعضهم للحسين (رضي الله عنه) أيضًا: لئِنْ كانتِ الدُّنيا تُعَدُّ نفيسةً … فدارُ ثوابِ اللَّهِ أَعلى وأَنبلُ وإنْ كانتِ الأبدانُ للموتِ أُنْشِئَتْ … فقتلُ امرئٍ بالسَّيف في اللَّهِ أَفضلُ وإنْ كانتِ الأرزاقُ شيئًا مقدَّرًا … فقِلَّةُ سَعْيِ المرءِ في الكسبِ أَجملُ وإنْ كانتِ الأموالُ للتَّركِ جمعُها … فما بالُ متروكٍ بهِ المرءُ يَبْخَلُ (٢) ومما أنشد الزبير بن بكار من شعره في امرأته الرباب بنت أنيف - ويقال: بنت امرئ القيس بن عديْ بن أوس الكلبي- أمّ ابنته سُكينة: لعَمرُكَ إنَّني لأُحِبُّ دارًا … تحلُّ بها سُكَينةُ والرَّبابُ أُحبُّهما وأبذُلُ جلَّ مالي … وليسَ للائِمي فيها عِتابُ ولسْتُ لهمْ وإنْ عَتبوا مُطيعًا … حياتي أو يُغَيِّبَني التُراب (٣) وقد أسلم أبوها على يدي عمر بن الخطاب، وأمَّره عمر على قومه، فلما خرج من عنده خطب إليه علي بن أبي طالب أن يزوِّج ابنيه الحسن والحسين من بناته، فزوَّج الحسن ابنته سلمى، والحسين ابنته الرباب، وزوَّج عليًا ابنته الثالثة -وهي المحياة بنت امرئ القيس- في ساعة واحدة. فأحبَّ الحسين زوجته الرباب حبًّا شديدًا، وكان بها معجبًا، ويقول (٤) فيها الشعر. ولما قُتل بكربلاء كانت معه، فوجدتْ عليه وجدًا شديدًا، وذكر أنها أقامت على قبره سنة ثم انصرفت وهي تقول: إلى الحَوْلِ ثمَّ اسمُ السَّلام عَلَيْكما … ومَنْ يَبْكِ حَوْلًا كاملًا فقدِ اعْتَذَرْ (٥)
(١) المصدر السابق. (٢) الأبيات في مختصر تاريخ دمشق (٧/ ١٣٣). (٣) الأبيات في نسب قريش (٥٩) والأغاني (١٦/ ١٣٩ - ١٤٠). (٤) سقطت الواو من ط. (٥) البيت للبيد، وهو في ديوانه طبعة صادر (ص ٧٩) من قصيدة قالها في مخاطبة ابنتيه لما حضرته الوفاة، ومطلعها: =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies